«A Vevey, la technologie fait aussi partie de la tradition»

Fête des VigneronsQuelle place pour le high tech dans l’arène? Pour Daniele Finzi Pasca et Maria Bonzanigo, il reste un vecteur d’émotion, non un but en soi.

En terme de recours à la technologie, la cérémonie de clôture des JO d'hiver de Sotchi, mise en scène par Daniele Finzi Pasca et son équipe, avait fait très fort en 2014.

En terme de recours à la technologie, la cérémonie de clôture des JO d'hiver de Sotchi, mise en scène par Daniele Finzi Pasca et son équipe, avait fait très fort en 2014. Image: Viviana Cangialosi/Compagnia Finzi Pasca

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«Dans le théâtre en général, on a toujours le souci de trouver de nouveaux moyens de surprendre. Au début, quand le rideau se levait, on découvrait des caisses de bois rafistolés, des bougies pour la lumière. Pour donner une ressemblance, créer un espace, transporter le spectateur quelque part, recréer l’effet du temps qui passe. La technologie nous rend aujourd’hui toutes ces choses plus accessibles. Puis on retourne à la bougie.»

Même lorsqu’il évoque le recours aux moyens techniques de pointe en matière d’événements, Daniele Finzi Pasca ne manque pas de poésie, lui qui se revendique plus que jamais du «théâtre pauvre» de ses débuts. Il n’empêche, des événements d’ampleur aux effets spéciaux et aux moyens hors normes, il en a créé un certain nombre avec sa famille artistique. Qu’il s’agisse des spectacles à succès du Cirque du Soleil ou des cérémonies de clôture des Jeux olympiques d’hiver de Turin en 2006 et, plus encore, de Sotchi en 2014 (voir la vidéo ci-dessous), lui et son équipe ont démontré leur savoir-faire. Le choix de la Confrérie des Vignerons de lui confier la création et la mise en scène de leur prochaine Fête relève, à ce titre, tout sauf du hasard.

De la technologie, il y en aura d’ailleurs dans l’arène de 20'000 personnes à ériger sur la place du Marché. Beaucoup même, et d’un niveau jamais égalé, notamment au niveau de l’image et du son. «Mais cela commence par l’arène en tant que telle (ndlr: lire l'encadré). La visibilité y sera très soignée, et énormément de personnes seront idéalement placées. Là, il y a déjà, un défi technologique. Sans compter les trappes et un déroulement avec d’incessantes surprises.»

Technologie et tradition ancestrale, faut-il y voir un paradoxe? En aucun cas pour Maria Bonzanigo, compositrice principale et directrice musicale: «La technologie fait partie de la tradition de la Fête. Celle de 1999 exploitait déjà pleinement les moyens du moment, et même celle de 1977», ajoute celle qui travaille depuis 35 ans avec Daniele Finzi Pasca.

Il est certain, relève toutefois ce dernier, que le public s’est habitué à une qualité de son et d’image très sophistiquée ces vingt dernières années. Qui plus est en tous lieux: au concert, au cinéma, chez soi ou même dans ses écouteurs en faisant du sport, on est submergés. «De simples chars qui passent, ce n’est plus suffisant, reprend-il. Il faut trouver une forme qui touche les nouvelles générations.»

«L'émotion est amplifiée grâce à l’outil technologique, reprend Daniele Finzi Pasca, mais ça n’enlève rien à l’humain»

Pour les deux auteurs, le maître mot reste néanmoins «l’émotion». «Elle est amplifiée grâce à l’outil technologique, reprend Daniele Finzi Pasca, mais ça n’enlève rien à l’humain. On ne va pas mettre la technologie en avant, on va l’utiliser le mieux possible, mais elle n’est pas un but en soi. Nous, auteurs, restons des artisans. Pour Icaro, l’un de nos très grands succès, la déclinaison technique était très réduite. La simplicité prend tout son sens lorsqu’on sait la présenter comme un choix, et non une condition.»

La simplicité avant tout, la technologie à bon escient. Tout est une question de dosage, en somme, en fonction de l’âme du spectacle et des attentes: «A Turin, la priorité était à la représentation d’une forme de savoir-faire, d’élégance à l’italienne. En Russie, nous étions plus dans la démonstration de force, immense et grandiose, probablement la cérémonie la plus ambitieuse jamais réalisée technologiquement parlant. À Vevey, on se retrouve dans une situation différente. L’objectif est que 300'000 personnes soient contentes d’avoir payé pour quelque chose et qu’elles aient envie de revenir dans vingt ans, avec leur enfant ou leur neveu, pour la prochaine Fête.» (24 heures)

Créé: 19.01.2018, 16h38

Avant même d’être érigées, les arènes sont pensées «recyclées»

Dans moins de neuf mois, le sol de la place du Marché sera creusé par endroits: les solides fondations des arènes de la prochaine Fête des Vignerons seront réalisées avant la fin de l’année, promet Daniel Willi, responsable des constructions pour la Fête 2019. «Nous débuterons en octobre, dès le départ du Cirque Knie, et aurons terminé le 19 décembre. Toutes les fondations seront achevées mais rien ne sera visible en surface. Nous rendrons la place à la population pour les fêtes de fin d’année et commencerons l’édification des arènes à proprement parler en janvier.» L’infrastructure monumentale devrait être prête pour mi-mai, afin d’offrir 2 mois de répétition sur place. Les contrats définitifs des travaux seront signés ce printemps, selon Daniel Willi. Qui se préoccupe en ce moment déjà de l’après-fête: «Nous réglons la question de savoir comment les 700 tonnes de charpente seront réutilisées, en principe par une entreprise de construction métallique.»



Une seule modification a été apportée aux plans des arènes: quatre écrans avaient été prévus en haut de mâts surplombant les gradins. Ils seront déplacés au niveau des quatre scènes secondaires. Les spectateurs auront ainsi moins de mouvements du regard à effectuer entre les écrans et l’espace de la représentation.

D’autres changements prévus? «Comme dans toute construction, il y aura des imprévus, constate Daniel Willi. Cependant nous rationalisons pour faciliter au maximum les montages, démontages et la réutilisation des matériaux.»

Stéphanie Arboit

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