Jean-Marc Zimmerli: «Le but n’est pas de créer une usine à gaz»

InterviewLe municipal de Blonay est à la tête de la Commission risques de la Fête des Vignerons.

Pour Jean-Marc Zimmerli, municipal à Blonay, le risque actuellement le plus grave est financier. «Ce risque disparaîtra de notre grille d’analyse lorsque les billets seront vendus.»

Pour Jean-Marc Zimmerli, municipal à Blonay, le risque actuellement le plus grave est financier. «Ce risque disparaîtra de notre grille d’analyse lorsque les billets seront vendus.» Image: CHANTAL DERVEY

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Comme il le dit lui-même dans un demi-sourire, il a «un certain bagage – au moins théorique – de la gestion des risques», lui qui a travaillé cinq ans dans le domaine pour une grande entreprise. Ainsi, on est venu le chercher pour prendre la tête de la Commission risques de la Fête des Vignerons. Un rôle qui l’empêche de dormir? «Non. C’est plutôt un bon signe.» Interview.

– Pour être à la tête de la commission de gestion des risques, faut-il être aussi imaginatif qu’un écrivain qui pondrait des scénarios catastrophes pour Hollywood?
– Non. Nous avons refusé de tout inventorier, de faire un catalogue de tous les événements possibles. En effet, le but n’est pas de créer une usine à gaz! Selon moi, il ne faut pas se donner bonne conscience avec de très beaux rapports déconnectés de la réalité, mais suivre ce qui peut vraiment faire mal. Ce qui doit être fait doit l’être, mais pas davantage.

– Comment procédez-vous alors pour répertorier ces risques?
– Nous avons petit à petit accompagné les différentes commissions, au fur et à mesure qu’elles se sont mises à travailler. Nous ne les suivons pas toutes, mais une douzaine. Là, après avoir procédé par discussions et recoupements avec leurs membres, nous identifions cinq ou six risques pour chaque commission. Nous en avons pour l’heure 50 à 60 à suivre. Nous les répartissons sur un tableau, selon la gravité de leur impact (d’insignifiant à critique) et la probabilité de survenance (de peu probable à certain).

– Quel est le pire risque?
– À l’heure actuelle, le risque le plus certain et le plus critique – donc grave – réside dans la question financière, dans la vente des billets.

– Mais la billetterie n’a pas encore ouvert et les sésames les plus chers étaient partis comme des petits pains en 99!
– D’autres risques pouvant avoir un impact financier non négligeable sont également identifiés et suivis. Parmi ceux-ci figure en bonne place le risque météo qui pourrait avoir des conséquences dommageables sur les recettes hors billetterie (ces dernières étant couvertes en grande partie par une assurance). Le coût de la technologie liée au spectacle figure également en bonne place.

– De l’extérieur, une personne non initiée penserait plutôt que le risque le plus grave serait une attaque terroriste ou l’effondrement des gradins…
– Ces événements seraient très critiques, mais ils sont peu probables. Nous les étudions évidemment, mais nous ne souhaitons rien dévoiler qui pourrait compromettre la sécurité en matière d’attaque terroriste. Quant aux gradins, nous n’allons pas expliquer aux ingénieurs comment répartir leurs charges! Tout a été fait pour que rien ne s’effondre et les plans d’évacuation sont prêts. Nous essayons plutôt de tenir le rôle de sparing partner pour leur poser des questions qui les aident à aller plus loin dans leur réflexion si c’est nécessaire. Et il y a un grand travail, mené par la Commission sécurité main dans la main avec le Canton et la police (ASR, Association Sécurité Riviera).

– Avez-vous examiné ce qu’ont mis en place les grands festivals?
– Nous avons évidemment rencontré des responsables du Montreux Jazz et de Paléo. Mais leurs plans et procédures sont déjà établis: ils les ressortent chaque année des cartons. De notre côté, nous partons d’une feuille blanche à chaque nouvelle édition.

– Vous êtes-vous inspirés des incidents des autres Fêtes?
– Nous n’avons analysé que 1999. Revenir plus loin dans le temps n’aurait pas eu grand sens, ne serait-ce que parce que les normes ont changé. Les ordinateurs existaient déjà en 1999, mais tous les rapports des commissions ont été tapés à la machine à écrire. On voit bien que l’environnement n’est pas transposable tel quel, notamment en matière de télécommunications. Il ne viendrait à l’esprit de personne de faire pour la prochaine Fête une Radio Arlevin comme celle qui informait les gens en 1999. L’époque est aux applications disponibles sur nos smartphones.

– Comment faites-vous appliquer les mesures pour contrer ou juguler les risques?
– Nous ne sommes pas juge et partie: c’est aux commissions de mettre en place les mesures validées par la direction de la Fête. Nous ne faisons que de nous assurer qu’elles soient bien implémentées et qu’elles atteignent les buts escomptés. Nous échangeons constamment avec le Comité de direction et la direction exécutive de la Fête. L’information doit circuler, c’est ce qui est très important. Si des difficultés surgissent, il ne faut pas qu’elles restent dans une commission et arrivent trop tard aux oreilles de la direction.

– Les problèmes de communication se jouent-ils aussi ailleurs?
– Oui, entre les personnes. En 1999, les sociétés acceptaient volontiers de mettre leurs employés à disposition. Ce n’est plus le cas, et des professionnels ont dû être engagés pour suppléer cet état de fait. Le challenge est de les faire cohabiter avec les bénévoles. Dès qu’il y a plus d’une personne, il peut y avoir des tensions. Nous essayons de prévenir des événements dommageables qui pourraient démotiver les gens ou les mettre dans un état susceptible de ternir l’image de la Fête. Mais je tiens à souligner que l’immense majorité des gens s’engagent avec une grande intégrité.


Notre dossier spécial consacré à la Fête des Vignerons (24 heures)

Créé: 07.09.2018, 15h20

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