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Le prix du bonheur a pris l’ascenseur

Le budget de la Fête a passé de 54 à 99 millions en vingt ans. Une hausse due en partie aux exigences croissantes des spectateurs, selon l’organisation.

Derrière les façades, une capacité de 20'000 places.
Derrière les façades, une capacité de 20'000 places.
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«Que dirait le public si la Fête des Vignerons de 2019 était produite sous les vieux projecteurs de la célébration de 1955?» Pour François Margot, abbé-président de la Confrérie des Vignerons de Vevey, poser la question c’est y répondre. La célébration de l’an prochain affiche un budget de 99 millions de francs, le double de celui de la Fête de 1999. Cela tient d’abord au fait que les spectateurs bénéficieront de cinq représentations supplémentaires (20, contre 15 en 1999), voire de deux ou trois de plus s’ils en redemandent. De plus, les arènes pourront accueillir 20'000 personnes, contre 16'000 lors des deux célébrations précédentes. Avec ces données de base, le budget 2019 ne pouvait qu’enfler.

Un phénomène de société

«Mais nous sommes aussi contraints de répondre aux exigences croissantes des spectateurs, souligne François Margot. C’est désormais le cas pour toutes les grandes manifestations, aucune n’échappe au phénomène.» Aujourd’hui, le spectateur voyage, compare, critique. Et l’organisateur qui ne se serait pas assez soucié de son bonheur court le risque de le voir lui échapper, à entendre Frédéric Hohl, directeur exécutif. «La qualité et le confort sont considérés comme compris dans le prix du billet.»

Conséquence: ce sont les infrastructures qui enregistrent les augmentations de coût les plus significatives. À la grande scène principale des arènes s’ajouteront, pour la première fois, cinq autres espaces périphériques, afin d’augmenter le nombre des «meilleures» places. Comme le public tient aujourd’hui à être véritablement embarqué dans le spectacle, il a aussi fallu prévoir des installations son et lumière dernier cri. Pour les images destinées à la TV ou aux enregistrements de la FeVi, on entre dans l’ère de l’imagerie à grande gamme dynamique (HDR), pour que le téléspectateur ait le sentiment d’être au cœur de l’événement. «On ne fait pas de la technologie pour la technologie, souligne François Margot. Elle ne fait qu’accompagner le jeu scénique, qui reste prioritaire. Le poste artistique, le plus important du budget (voir ci-dessous), a également pris de l’ampleur.»

À celles du public s’ajoutent les nouvelles exigences légales. «Pour des raisons de sécurité notamment, l’espace que nous avons à disposition s’est restreint, note Frédéric Hohl. Raison pour laquelle nous avons dû construire plus en hauteur ainsi que sur le lac. Ce qui engendre des coûts plus élevés.» La professionnalisation de l’organisation, avec une nouvelle direction exécutive, engendre une hausse de 25% du poste management. «Ce nouveau corps de gestion de projet constitue une formule peu onéreuse pour appuyer notre système de milice, explique François Margot. Car les bénévoles sont aujourd’hui moins prompts à s’engager. Heureusement, les nôtres sont d’un niveau exceptionnel.»

Avec un nombre de représentations accru, le budget communication a logiquement augmenté. «Et cela sans comptabiliser l’avènement du téléphone portable, sourit Frédéric Hohl. Nous recevons à tout bout de champ des demandes auxquelles nous devons répondre. Cela facilite l’organisation. Mais le temps, c’est aussi de l’argent.» Qui dit plus de représentations dit plus de spectateurs, et donc davantage de vin à proposer.

«S’il reste de l'argent, la Confrérie doit accumuler des fonds propres pour ses différentes missions auprès des vignerons durant le prochain quart de siècle»

Ce qui gonfle à la fois les charges et les recettes prévues au budget. Enfin, avec des acteurs figurants plus nombreux, le budget costumes – un peu plus de 1500 francs en moyenne par unité, remboursés aux participants en cas de bénéfice – est aussi revu à la hausse. «Le but n’est pas de faire de l’argent, conclut François Margot. S’il en reste, la Confrérie doit accumuler des fonds propres pour ses différentes missions auprès des vignerons durant le prochain quart de siècle. Un montant sera en outre affecté à notre musée, qui doit assumer l’inscription de la Fête au Patrimoine immatériel de l’Unesco.»

L’événement ne bénéficie pas de subventions publiques. Il a aussi renoncé à demander une garantie de déficit aux collectivités, même si les retombées économiques qu’il engendrera sur la Riviera sont estimées à 200 millions. Ses revenus doivent provenir de la billetterie (70%), des partenaires (20%) et des recettes de la Ville en Fête (10%).

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Notre dossier spécial consacré à la Fête des Vignerons

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