Quand le Vevey industriel offre le progrès à la Fête

InfrastructuresRessources humaines et matérielles, la modernité est aussi entrée avec Nestlé, Holdigaz, les Ateliers Mécaniques et Rinsoz & Ormond dans l’histoire de l’événement.

Aux côtés de la Fête avec des appuis financiers et logistiques, Nestlé a aussi associé l’image de l’événement à la sienne.

Aux côtés de la Fête avec des appuis financiers et logistiques, Nestlé a aussi associé l’image de l’événement à la sienne. Image: ARCHIVES DE NESTLÉ

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Un clic… et les coordonnées, les mesures, le profil d’un figurant apparaissent pour qui veut lui parler de son rôle, de l’essayage de son costume et bientôt des répétitions. Ce clic relevant aujourd’hui de l’évidence, ce clic qui n’épate plus personne n’était pas né en 1977, l’invasion généralisée du digital n’ayant pas encore eu lieu, quand bien même l’ordinateur en était déjà à sa quatrième génération. C’est dire la rareté du cadeau fait par Nestec, filiale opérationnelle de Nestlé, en mettant à disposition de la Confrérie des Vignerons l’une de ses bécanes. Sans elle, nul doute que la quatrième Fête du XXe siècle serait restée à l’âge du papier.

«Dès 1975, raconte, très fier, le Bulletin de la multinationale, la Fête des Vignerons a pu disposer d’un ordinateur pour la tenue du fichier des figurants et des emplois. Dans une première phase, les bulletins d’inscription ont été mémorisés. À ce stade, les programmes informatiques adaptés pour la circonstance ont su répondre à un grand nombre de questions, comme l’édition sélective d’étiquettes (environ 150'000) pour l’adressage, le contrôle des effectifs ainsi que quelques travaux statistiques, l’enregistrement des acomptes versés par les figurants pour leur costume et l’impression des factures correspondantes.» La Fête finie, l’ordinateur – presque un personnage – n’avait pas pour autant terminé son mandat. Avec l’aide d’une partie du personnel du Centre de calcul, il a servi «à préparer les chèques pour le remboursement des costumes».

Marqueur de cette course au progrès, qu’il soit technologique ou communautariste, dans l’organisation d’un événement toujours plus grandiose, l’épisode n’est pas le seul. Nestlé a encore fait cantine un jour, en Bergère, pour les enfants-acteurs-figurants de 1977, décapsulant 1300 bouteilles de boisson gazeuse, coupant 200 kilos de rôti de veau et servant légumes et glace «vigneronne» dans les mêmes proportions. En 1955 (voir la reproduction du poster ci-dessus), c’est le mariage chocolat-vins qui était célébré par une course d’école. Direction l’Usine Cailler de Broc dans un mouvement d’ensemble et en costumes pour… de belles images! Purement mémorielle lorsqu’elle est figée sur le papier glacé, l’image commence à exercer de plus en plus de pouvoir dans le monde visuel et publicitaire. Saisissante. Parlante. Convaincante. On est donc dans l’échange de bons procédés et la place industrielle et économique veveysanne étant très dense, la multinationale n’est pas la seule à se tenir aux côtés de la Fête pour lui faire profiter de ses moyens techniques comme de ses connaissances.

Du côté de la Compagnie du Gaz – aujourd’hui Holdigaz –, les renforts ont avant tout étés cérébraux. Génération après génération, nombre d’employés, de cadres et de dirigeants ont été libérés gracieusement pour nourrir de leurs diverses compétences le cerveau toujours plus complexe de l’événement. «En 1999, se souvient l’actuel président et administrateur délégué, Philippe Petitpierre, j’ai été sollicité par l’abbé-président pour prendre la tête de la plus importante commission (en nombre de membres et de contribution budgétaire) couvrant la billetterie, le sponsoring, les produits dérivés et la monnaie, postes qui ont permis de faire rentrer plus de 80% des produits financiers de cette édition.»

L’aide du dinosaure
Les parts du gâteau s’annonçant intéressantes, nombreux étaient alors les prestataires de services à vouloir y goûter! Et… pour faire le tri, l’implication d’entrepreneurs dont c’est le quotidien a également servi l’organisation bénévole prête à prendre le progrès en vol, sans pour autant perdre la tête. «Nous avions évité le recours à des systèmes proposés par des opérateurs (et pas des moindres) dont le seul objectif était de «faire la Fête». L’un de nos interlocuteurs nous avait même proposé de gérer les réservations dans l’arène en découpant cette dernière en wagons, empilés les uns sur les autres. D’autres offres étaient tout aussi farfelues, sans aucune garantie de performance. C’est donc aussi grâce à la maîtrise des techniques informatiques modernes au sein de notre entreprise que nous avons pu contribuer à faire les bons choix.»

Si pour Holdigaz, son histoire avec la célébration se répète d’édition en édition, des fleurons de l’industrie veveysanne ne sont plus là pour en parler. Comme les Ateliers Mécaniques, intervenus in extremis sur les structures de 1977 pour combler un… léger trou de mémoire. Un vide même! Rien n’avait été prévu pour suspendre projecteurs et enceintes sonores, la réponse métallique culminera à 33 mètres de hauteur, semblant avancer comme un tyrex, elle est restée dans les mémoires comme le «dinosaure». Cette même année, le coup de main sortait encore des ateliers de Rinsoz & Ormond Tabac SA, experts en décoration de stands et en présentation de produits: ce sont eux qui ont confectionné les fameux soleils comme les ceinturons des Cent-Suisses. François Margot, abbé-président, se souvient également d’un lot de chaussures toiles réalisées par un fabricant veveysan. «Mais, fait-il remarquer, ce sont des corps de métier qui n’existent plus ici.»


Notre dossier spécial consacré à la Fête des Vignerons (24 heures)

Créé: 07.09.2018, 13h31

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