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«Après avoir suivi la nature, le vigneron imprime sa marque au vin»

François Margot nourrit, depuis l'enfance, une passion pour le travail à la vigne.

François Margot, abbé-président de la Confrérie des Vignerons.
François Margot, abbé-président de la Confrérie des Vignerons.
CHANTAL DERVEY

Quand on lui pose la question, François Margot ne botte pas en touche. Il aurait pu s’imaginer dans cette vocation, le respect, sincère, pour la noblesse et l’envergure du labeur. «J’aurais pu me sentir assez à l’aise dans ce dialogue avec chaque cep, émanation à chaque fois différente de la nature et à l’écoute bienveillante d’un écosystème qui dessine le paysage magnifique qui est le nôtre.» À défaut de tenir le sécateur, ou juste pour le plaisir, il tient les rênes d’un événement célébrant la vigne.

Ses acteurs. Ses fruits. «Une sorte de sanctuaire où l’on entre comme si l’on pénétrait dans l’intimité d’une vie. Que celui qui travaille cette vigne le fasse d’une façon orthodoxe ou pas, c’est quasi culte, les gestes y sont tellement symboliques.» L’image lui vient de l’enfance. «J’allais dans la vigne appartenant à mon grand-père et à mon grand-oncle à La Tour-de-Peilz, une parcelle où l’entreprise familiale faisait des tests d’humus et de différents types de culture. Et je me souviens avoir été pris sous l’aile du vigneron et de son épouse, Marcel et Antoinette Gavin, pour faire les vendanges. Pour un enfant, il y avait quelque chose de très mystérieux tant la mode était alors à l’élimination du moindre brin d’herbe. C’était presque un jardin zen. Un espace clos dont il fallait pousser la porte. Un petit sanctuaire, limite ésotérique, au sein duquel j’étais entouré d’adultes qui parlaient d’une manière très sérieuse avec des mots que je ne comprenais pas.» Et… rien à voir avec un quelconque interdit!

Par la force des choses, l’attachement à la vigne, à sa valeur, est venu plus tard, scellé au contact du terrain. «Comme mon père faisait partie de la Commission des vignes, j’ai eu l’occasion de le suivre et de me familiariser avec le travail des experts (voir la vidéo ci-dessus). Et lorsque je suis devenu membre, en 1997, j’ai très vite été associé à cette même commission. J’y ai appris les gestes de la taille comme les critères d’appréciation du sol et des maladies. Mais, loin d’être un expert, j’ai surtout un regard très respectueux pour l’ensemble des travaux manuels. Le travail à la vigne ne laisse que peu de répit, il faut courir après la nature, être capable de réagir au quart de tour et demeurer dans un état d’attention extrême. Si l’on rate le coche, une maladie peut très rapidement se mettre en place. Ce qui m’intéresse aussi, c’est qu’après avoir suivi la nature, le vigneron imprime sa marque au vin comme au cep.»

Recentrée sur cette aventure à deux, l’édition 2019 doit autant à cette lecture qu’à l’esprit du temps, plus en phase et plus respectueux de la nature. François Margot rebondit sur la correspondance pour en tirer une conclusion. «L’histoire de la Fête des Vignerons est, à ce titre, on ne peut plus contemporaine, les résonances avec les publics, jeunes ou moins jeunes, très connaisseurs ou un peu moins, devraient être significatives.»

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Notre dossier spécial consacré à la Fête des Vignerons

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