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Ces jeunes brilleront sur scène même atteints d’un handicap

Porté par la Fondation Sport-Up, un groupe mêlant acteurs-figurants valides et non valides se produira lors du spectacle. Une grande première.

Porté par la Fondation Sport-Up, un groupe d’acteurs figurants valides et non valides s’entraîne avec ferveur depuis avril déjà.
Porté par la Fondation Sport-Up, un groupe d’acteurs figurants valides et non valides s’entraîne avec ferveur depuis avril déjà.
SPORT-UP / ÉTIENNE ARN

Le brouillard est tombé sur les bois de Sauvabelin. Mais une lumière plus forte que les spots du plafond brille dans la salle de gymnastique de l’École internationale de Lausanne, une flamme de pure chaleur humaine. Là, en ce premier dimanche de l’Avent, des jeunes et des moniteurs bénévoles ont préféré venir passer l’après-midi à répéter dans une formation telle que la Fête des Vignerons n’en a jamais vu. Pour la première fois, un groupe mixte intégrant personnes valides et en situation de handicap se produira sur scène, dans le même tableau que celui des gymnastes.

Pour ces dix-neuf jeunes (de 13 à 25 ans, en provenance de tout le canton), les répétitions ont commencé en avril déjà. Mais l’heure est encore à la création, pour trouver des figures susceptibles d’époustoufler les spectateurs. Faisant partie des neuf jeunes en situation de handicap (chacun entouré par un moniteur bénévole), Jean-Michel, 16 ans, s’est posté en équilibre sur le marchepied d’une chaise électrique roulant à une allure soutenue, les bras écartés, façon scène emblématique du film «Titanic». Si ce jeune autiste paraissait moins à l’aise un peu plus tôt, il retrouve dans cette pose un immense sourire. Plus loin, des jeunes femmes valides effectuent des roues devant et derrière une chaise roulante, prenant appui sur les poignées, utilisant l’objet non plus comme une entrave, mais comme une aide.

Olivier, 17 ans, en chaise électrique, vient confier à Corinne qu’il est fatigué. «Selon leurs pathologies, certains feront huit fois le même geste mais seront crevés au neuvième», constate cette infirmière. Elle qui a travaillé dans des pays en guerre pour le CICR et des années au CHUV connaît les dossiers médicaux des jeunes et veille. Malgré l’effort, Olivier, les joues rosies par l’action, est satisfait: «C’est toujours un peu fatiguant mais c’est une occasion qui se présente seulement une fois dans une vie de faire le spectacle avec les copains.»

Cohésion et partage Responsable du projet, Karen, infirmière en soins intensifs au CHUV, a déjà vécu pareil défi avec certains d’entre eux, qui ont participé à Gymnaestrada en 2011. «Pendant le spectacle, il y a ce moment génial où ils peuvent être fiers de ce qu’ils sont, où ils sont reconnus pour leurs compétences. Leurs sourires sont tellement ressourçant qu’ils m’ancrent au sol avec les véritables valeurs.» Cécile, 23 ans, a également participé à Gymnaestrada. Elle paraît valide, mais souffre d’hémiplégie, comme le trahit l’une de ses mains. «Ces expériences me permettent de connaître mes limites, qui se situent plus loin que ce que je pensais! Il y a eu des moments difficiles, physiquement éprouvants, où j’ai pensé tout arrêter. Et il est difficile de ne pas se comparer avec des gymnastes en pleine forme. Mais nous avons aussi des choses à apporter.» «Notre défi est de chercher l’admiration dans les regards, pas la pitié, appuie Karen. L’expérience permet aussi à ces jeunes de gagner en autonomie en dehors du spectacle. Par exemple, Emma venait au départ avec un déambulateur, mais elle a réussi à évoluer et à s’en passer.»

Karen et Morgane ne leur préparent pas des chorégraphies trop faciles: «D’abord ils essaient. Si vraiment ils n’y arrivent pas, nous adaptons.» Morgane, 28 ans, est prof de danse notamment pour des personnes atteintes de handicap. «Ce n’est pas parce qu’on est différents qu’on ne peut pas faire la même chose. Ce sont les êtres humains qui limitent leur vision dans un système de fausses croyances. Ces expériences mixtes permettent de réaliser que c’est O.K. de vivre dans la cohésion et dans le partage, afin que chacun s’aide.»

«On ne veut pas se démarquer par rapport à la qualité du spectacle: on va prendre notre place, pas celle qu’on veut bien nous laisser»

Les affirmations de la gymnaste Amélie, 24 ans, semblent lui donner raison: «Nous sommes chanceuses! C’est très naturel et très agréable. Je n’aurais pas voulu faire la Fête des Vignerons avec un autre groupe. Quand je repars d’ici, j’ai le sourire. Il règne un esprit positif, joyeux et amusant.» «C’est un enrichissement personnel, ajoute Aurélie, 24 ans. On sait qu’on doit s’adapter à un autre tempo, c’est normal. Mais cela nous permet de découvrir un monde différent par le biais du sport.»

Ce projet un peu fou est né grâce à Cédric Blanc, président de la Fondation Sport-Up, qui fêtera l’an prochain ses 10 ans. «J’ai souhaité quelque chose de spécial pour cet anniversaire. J’ai pensé à la Fête des Vignerons, puisque nous avions eu un immense succès à Gymnaestrada. Daniele Finzi Pasca a montré un enthousiasme qui est allé au-delà de mes attentes. Je suis sûr que ces jeunes vont marquer les esprits, comme à Gymnaestrada. On ne veut pas se démarquer par rapport à la qualité du spectacle: on va prendre notre place, pas celle qu’on veut bien nous laisser.»

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Notre dossier spécial consacré à la Fête des Vignerons

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