Les Effeuilleuses peaufinent leur french cancan

Fête des VigneronsCette troupe est à pied d’œuvre depuis 2018 et rentre actuellement dans le vif du sujet. Reportage.

Le chorégraphe Bryn Walters montre les mouvements le plus souvent posté en haut d’un échafaudage mais descend aussi parmi «ses» Effeuilleuses.

Le chorégraphe Bryn Walters montre les mouvements le plus souvent posté en haut d’un échafaudage mais descend aussi parmi «ses» Effeuilleuses. Image: PATRICK MARTIN

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«Les autres fois, on a davantage dansé!» constate Nicole, qui peine à contenir sa dévorante faim d’entrechats. Comme elle, Vanessa en veut «encore plus». Normal, direz-vous, pour une prof de danse… Sauf que point de distinction entre celles qui appartiennent au domaine des arts chorégraphiques et les autres: c’est bien une incroyable motivation et une inextinguible soif de danser qui s’échappe unanimement de la troupe des Effeuilleuses. «On est à bloc!» résument Stéphanie et ses copines à qui les trois heures de répétitions hebdomadaires ne font pas peur.

Pour ces femmes, les exercices ont démarré fin 2018 déjà. En ce mercredi soir de début février, un virage s’opère: toutes les actrices-figurantes reçoivent une oreillette. Elles se voient aussi attribuer chacune un dossard avec un numéro.

Où glisser l’émetteur au bout des oreillettes, surtout lorsque l’on répète avec sa robe de bacchante de la Fête des Vignerons de 1999? Dans le soutien-gorge, pardi! Quelle que soit la méthode de fixation, il faut bien s’habituer à l’appareil, qui gicle parfois au gré des mouvements très toniques. Cette troupe dansera en effet… rien moins que le french cancan! Si l’effeuillage, dans le travail de la vigne, consiste à enlever des feuilles pour aérer les grappes et leur permettre de mieux capter le soleil, nul doute que les Effeuilleuses amèneront elles aussi un moment lumineux et pétillant dans le spectacle.

Travail sérieux mais enjoué

Dans l’immense tente de répétition de 2800 m2 dressée à La Veyre, les près de 360 Effeuilleuses reçoivent donc pour la première fois directement dans l’oreille les instructions du chorégraphe Bryn Walters, qui leur montre les mouvements en dansant posté en hauteur sur un échafaudage, malgré quelques irruptions au sol parmi la troupe. Lui aussi mouille son maillot: pour bien montrer les pas, il a enfilé une jupe à froufrous de circonstance.

Même si les pas s’enchaînent à un rythme assez soutenu et que les jambes se lèvent, pour certaines très haut, le maître de cérémonie ne perd jamais son ton enjoué, n’hésitant pas à ponctuer ses instructions de petites anecdotes humoristiques. «Il vient du music-hall, il a la joie de vivre», constate Daniele Finzi Pasca, concepteur artistique et metteur en scène de la Fête des Vignerons 2019.

Bryn Walters est en effet toujours prêt à motiver «sa» troupe: «Applaudissez-vous, mes Effeuilleuses!» Une méthode de travail bienveillante, inspirée des États-Unis? Ne dites surtout pas cela au Britannique qui parle parfaitement français, avec une toute petite touche so british. De rares fois, il cherche un mot: «Vous devez avoir une attitude sassy. Comment dit-on cela en français? Je veux dire: pas sexuellement, mais avec force et assurance.» Les filles l’ont compris, elles qui n’hésitent pas à pousser les cris propres à une ambiance électrique.

Ce soir-là, les danseuses sont observées par les assistants du chorégraphe, qui passent entre leurs rangs pour leur attribuer des numéros de dossards. «J’ai la désagréable sensation de passer un casting», souffle une Effeuilleuse. À la fin de la séance, une mère et sa fille s’inquiètent: n’ayant pas de numéros proches, elles craignent de ne pouvoir danser côte à côte. Mais les voies des chorégraphes sont impénétrables et personne ne sait encore à quoi correspondent ces numéros. «Il ne faut pas trop chercher. Il faut prendre du plaisir et c’est tout», conclut un groupe de filles.


Notre dossier spécial consacré à la Fête des Vignerons

Créé: 21.02.2019, 23h23

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