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Opinion

Commentaire sur la FIFA
Platini et Blatter acquittés, victimes d’un procès d'intention

Photos de l’ancien président de l’UEFA Michel Platini et de l’ancien président de la FIFA Sepp Blatter quittant le palais de justice à Muttenz.
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En bref:
  • Pas d’escroquerie, de gestion déloyale, d’abus de confiance et de faux dans les titres.
  • Le verdict de la Cour d’appel extraordinaire du Tribunal pénal fédéral confirme celui en première instance, en 2022.

De ces curieuses méthodes à la FIFA, on ne sait que la surface des choses et c’est bien leurs difformités qui emportent tout. Dans le monde normal, personne n’est payé deux millions pour donner des conseils. À la FIFA, oui. Dans le monde normal, on établit un contrat en bonne et due forme pour lier deux parties, employeur-employé, surtout pour de pareilles sommes. À la FIFA, pas besoin.

Dans le monde normal, on n’est pas à la FIFA, qui brasse son argent et les suspicions qui vont avec, à tort ou à raison. Mais cela ne fait pas de Michel Platini et de Sepp Blatter, sur ce point précis, des coupables. C’est en tout cas le verdict de la Cour d’appel extraordinaire du Tribunal pénal fédéral. Deuxième acquittement après celui en première instance, en 2022.

Platini, triple Ballon d’or, ex-président de l’UEFA et Blatter, alors grand boss de la FIFA, se sont arrangés entre eux pour une rémunération hors norme, oui, chacun y voyant son avantage. Pour l’un, le moment venu, le soutien du dirigeant suisse dans ses envies de lui succéder, ou tout simplement l’appât du gain; pour l’autre, une caution de prestige pour rester encore en place avant de se retirer. Une poignée de main pour sceller l’accord, avec un paiement différé.

Ils étaient accusés, au détriment de la FIFA, d’escroquerie, de gestion déloyale, d’abus de confiance et de faux dans les titres. Tout cela est balayé une seconde fois. Il pourrait y avoir encore un recours en cassation auprès du Tribunal pénal suisse, mais son activation, dans le cadre d’un périmètre désormais limité, en dit déjà l’inutilité.

La FIFA et la morale

On est en 2025. Gianni Infantino, successeur de Blatter à la tête de l’organe faîtier du football mondial, aurait peut-être bien voulu clouer officiellement au pilori Platini et Blatter. Mais, dans les faits, il en a été débarrassé pour embrasser, seul, l’or et la lumière, fût-elle trouble.

Il vole maintenant du Qatar à l’Arabie saoudite, en passant par les États-Unis où il flatte l’ego d’un Donald Trump déjà hors-sol dans sa volonté de s’approprier le Mondial 2026, coorganisé avec le Canada et le Mexique. Dans ses poignées de main ou ses amitiés électives, la FIFA ne s’embarrasse pas plus aujourd’hui qu’hier de morale.