Football, nouvelle philosophieYverdon Sport se sépare de Marco Schällibaum et de son passé
La nouvelle direction d'YS possède une idée précise de ce qu'elle veut faire du club, où ce qui a existé avant elle n'a pas sa place. À commencer par un entraîneur à succès dont elle s'est séparée lundi.

Ça ne vaut sans doute pas grand-chose à l'heure de devoir digérer une éviction. Mais Marco Schällibaum en a vu d'autres. Dans sa carrière d'entraîneur, le Zurichois a goûté au cirque «constantinesque» à Sion. Il a vécu les débuts de l'ère David Degen au FC Bâle. Et entre deux, il a largement roulé sa bosse dans le folklore du football tessinois.
Avant de rejoindre Yverdon Sport, son dernier mandat l'avait mené sur le banc de l'AC Bellinzone. Un club géré par le sombre Pablo Betancur, cet homme dont il se dit que le règne s'appuie davantage sur la pratique de la terreur que sur les débats d’idées autour d'une table. À force, cela épaissit la carapace.
Lundi, Marco Schällibaum a appris qu'Yverdon ne comptait plus sur lui. Et s'il faut d'entrée reconnaître un mérite au club, c'est celui d'une certaine forme d'honnêteté. Les nouveaux dirigeants nord-vaudois, représentés par le président Jeffrey Saunders, n'ont pas attendu la première déconvenue sportive pour prétexter le besoin d'un «électrochoc».
Il faut dire qu'au regard des résultats plus que probants de l'équipe, cela aurait pu potentiellement attendre longtemps... Il n'a pas non plus été reproché au coach sortant, visiblement, son comportement sur le banc, lui qui perd parfois son sang-froid en plein match, comme samedi face à Winterthour (expulsion à la 70e minute).
«Ce changement s’inscrit dans un processus de développement du club sur le long terme et plus spécifiquement dans une nouvelle philosophie.»
Non, si Marco Schällibaum n'est plus l'entraîneur d'Yverdon Sport, c'est simplement parce qu'il est un héritage du passé. Et que la nouvelle direction a décidé de s'affranchir d'une immense partie de ce qui a existé avant son arrivée.
Quand les résultats ne suffisent plus
Le club l'a communiqué publiquement avec d'autres mots, mais l'idée y est. «Ce changement s’inscrit dans un processus de développement du club sur le long terme et plus spécifiquement dans une nouvelle philosophie que les nouveaux propriétaires souhaitent apporter à Yverdon Sport et à sa première équipe.» La problématique des gardiens entre Kevin Martin et Sebastian Breza, largement évoquée dans nos colonnes, avait permis à chacun de se rendre compte dans les actes des aspirations des investisseurs américains désormais à la tête du club. Le licenciement d'un entraîneur au bilan sportif inattaquable ne représente que l'étape d'après.
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Là encore, cela fera une belle jambe à un coach désormais au chômage. Mais en se retrouvant éjecté d'un bateau yverdonnois qu'il laisse en Super League, à une solide 8e place, après avoir obtenu la plus improbable des promotions, Marco Schällibaum s'en va avec un statut de héros qu'il ne risque plus de perdre.
La mission ô combien délicate qui lui a été confiée cet été, soit de faire fonctionner une équipe avec 17 nouvelles recrues, l'homme a su en faire une force. En réussissant à souder un groupe bercé d'incertitudes autour d'un objectif commun.
Trading et galaxie
Le football moderne exige d'un entraîneur plus que des résultats pour garder son poste. Parfois, il va jusqu'à lui demander l'impossible. Le nom du prochain coach d'YS n'est pas encore connu. Ce qu'on sait, c'est que celui-ci devra s'inscrire au cœur d'un club qui se transforme peu à peu en plate-forme. Animé d'une évidente envie de trading (acheter des joueurs à bas prix en visant une plus-value à la revente) et d'un désir non dissimulé d'amener Yverdon Sport au cœur d'une galaxie de clubs. Comme le Lausanne-Sport avec Nice, ou Lugano et Chicago pour prendre des exemples suisses.
«L'annonce du licenciement de Marco Schällibaum a suscité énormément d'incompréhension.»
Sans surprise, l'annonce du licenciement de Marco Schällibaum a suscité énormément d'incompréhension. Tant parmi les fans que chez certains sponsors, qui songeraient à se retirer. Le timing de la décision n'est peut-être pas étranger à cette vague d'émotion. Même si, à la seconde où Mario Di Pietrantonio a vendu le club au cœur de l'été, le Zurichois s'est retrouvé placé sur un siège éjectable. Les victoires ne pouvaient empêcher ses jours d'être comptés.
Processus en cours
Avec cet épisode, l'Yverdon Sport des dernières années s'efface encore un peu plus. Et il serait parfaitement improbable que le phénomène s'arrête ici. Lundi, «Blick» annonçait que le team manager et l'entraîneur des gardiens, Pino Varquez et Mickaël Castejon, se sont vus remerciés avant même Marco Schällibaum.
Figure reine de la promotion la saison dernière, Brian Beyer disputait, lui, un match de première ligue avec la deuxième équipe samedi. Le chemin qui suivra YS désormais est tracé. Ceux qui ont appartenu à l'Yverdon Sport du passé auront bien du mal à le suivre. Qu'ils le veuillent ou non.
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