Le 15 mai prochain, nous voterons sur un référendum déposé par les partis de gauche contre l’augmentation de la participation financière (42 millions) de la Suisse à l’organisation de gestion des frontières Frontex.
À l’heure où la sécurité des frontières, à l’est de l’Europe notamment, est menacée, où près de 4 millions d’Ukrainiens se réfugient dans les pays limitrophes, cette votation revêt toute son importance.
Le siège de Frontex se trouve à Varsovie, en Pologne, pays confronté en première ligne à l’arrivée de millions de réfugiés. À l’autre bout de l’Europe, et plus loin de l’actualité, les flux migratoires en provenance d’Afrique et d’Afrique du Nord reprennent massivement en direction de l’Italie et de l’Espagne.
«Un élément indissociable des accords Schengen-Dublin de libre circulation des personnes.»
Frontex est un outil de solidarité européenne indispensable, non seulement à la gestion des flux migratoires, mais également à la gestion de leur répartition au sein de l’Europe. Frontex est également un élément indissociable des accords Schengen-Dublin de libre circulation des personnes au sein de l’Europe et de réadmission des réfugiés dans le pays où ils ont présenté leur première demande.
Tourner le dos à Frontex, c’est donc se priver d’un outil de gestion efficace des demandes d’asile. Soutenir Frontex, c’est protéger indirectement les frontières suisses contre les trafics de toutes sortes et la traite des humains en provenance de l’étranger.
Siège du CICR, de nombreuses organisations humanitaires et dépositaire des Conventions de Genève sur les droits et devoirs des réfugiés et de la guerre, notre pays, au centre de l’Europe, a une carte importante à jouer. En particulier, dans la défense des droits de l’homme et de la dignité humaine dans des circonstances tragiques.
Refuser l’augmentation de la participation financière à Frontex est non seulement un geste égoïste, mais aussi totalement contraire à nos valeurs historiques. Quelle image donnerait la Suisse à l’Europe et au monde en général en se repliant sur elle-même? Ce manque de cohérence et de solidarité serait choquant, alors que la Suisse peut apporter beaucoup de son expertise dans le respect des droits fondamentaux.
Dans le canton de Vaud, à l’unanimité le Congrès du PLR, ainsi que les candidats et candidates de l’alliance vaudoise (PLR-UDC-Le Centre) soutiennent massivement une augmentation de la participation suisse à Frontex.
Reconnaître ses erreurs
En revanche, l’on ne peut manquer de s’étonner de constater que les partis de gauche continuent contre vents et marées à soutenir ce référendum dans une période aussi critique et dramatique pour l’Europe et le sort de millions de réfugiés. Il n’est pas déraisonnable de reconnaître ses erreurs et de prendre acte des circonstances actuelles, mais force est de constater que du côté de la gauche, l’autocritique n’est pas à l’ordre du jour.
Au-delà des clivages politiques, et pour l’image de notre pays et les valeurs que nous défendons, il est indispensable de rejeter massivement ce référendum et de démontrer notre soutien à celles et ceux qui du jour au lendemain doivent quitter leur pays pour fuir la barbarie.
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L’invité – Frontex pour plus de sécurité en Suisse et en Europe
Marc-Olivier Buffat soutient la hausse de la contribution helvétique à l’agence européenne de gardes-frontière et de gardes-côtes.