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FOOTBALLGabet aurait bien voulu jouer avec son fiston…

Pierre-Albert Chapuisat et son fils Stéphane figurent dans le onze de légende choisi par les fans du Lausanne-Sport. Un honneur pour celui qui a disputé 14 saisons à la Pontaise…

En 14 saisons, Gabet Chapuisat en a vécu des hauts et des bas à la Pontaise…
En 14 saisons, Gabet Chapuisat en a vécu des hauts et des bas à la Pontaise…
PATRICK MARTIN

Comme le précise le père, c’est sa fille qui est la plus fière. C’est Carole, la femme de Christophe Ohrel, qui a dans ce onze de légende du Lausanne Sport, élu par les fans, son mari, son frère Stéphane et son papa. Pierre-Albert Chapuisatou si vous préférez Gabetest lui aussi honoré par ce vote, lui, l’enfant terrible du foot suisse, qui a disputé quatorze saisons dans ce stade olympique de la Pontaise. Avec, sourit-il, «des hauts et des bas, mais peu de blessures et de suspensions où il ne lui a manqué qu’un titre de champion de Suisse qui boude le LS depuis 1965.

‹‹Moi je suis le plus ancien qui a échappé au massacre››

Gabet Chapuisat, à propos du peu de place accordée aux Seigneurs de la nuit dans le onze de légende du LS

Ce dernier sacre, c’était celui des Seigneurs de la nuit, juste avant qu’il n’intègre cette équipe de rêve. «Moi, je suis le plus ancien à avoir échappé au massacre, se marre l’ancien défenseur international, 72 ans, devenu ensuite entraîneur, puis chroniqueur. C’est pour moi un honneur d’y figurer avec Steph et Christophe, car au final il y a peu de place pour les anciens qui auraient mérité de se retrouver titulaires dans cette équipe.» Roby Hosp, Ely Tacchella, Norbert Eschmann, André Grobéty ou Pierre Kerkhoffs n’ont en effet pas été nominés.

Le Lausanne Sport a toujours été dans son coeur…
Le Lausanne Sport a toujours été dans son coeur…
PATRICK MARTIN

‹‹Je n’ai rien contre Lucien Favre, c’est un grand entraîneur, mais il a peu joué à Lausanne puisqu’il est parti tout de suite à Neuchâtel››

Gabet Chapuisat, à propos de l’entraîneur de Borussia Dortmund qui a joué au LS de 1976 à 1979

«C’est évidemment la nouvelle génération qui a voté. Je pense qu’il y a trente ans, Richard Durr n’aurait pas été remplaçant, mais dans le onze de départ», renchérit Gabet, qui reconnaît toutefois que cette «dream team» a fière allure, même s’il n’aurait pas aligné d’entrée Lucien Favre. «Je n’ai rien contre lui, c’est un grand entraîneur, mais il a peu joué à Lausanne (ndlr: de 1976 à 1979), puisqu’il est parti tout de suite à Neuchâtel.»

Gabet avait joué contre son fils, Stéphane, avec Renens contre Malley.
Gabet avait joué contre son fils, Stéphane, avec Renens contre Malley.
ARCHIVES

Gabet Chapuisat qui avait affronté avec le FC Renens, en LNB, son fiston en 1986 alors qu’il évoluait à Malley, aurait bien voulu porter le même tricot que lui. «On a failli jouer ensemble, mais non malheureusement» se souvient celui qui aura été son coach, quand il dirigeait les réserves du LS entre 1987 et 1988. «Il était venu quelques fois avec moi, se souvient le papa. J’avais également sous mes ordres Marc Hottiger, Philippe Douglas et Christophe Ohrel. Avec cette équipe nous avions remporté la Coupe de suisse des espoirs

Ancien junior du LS, Pierre-Albert Chapuisat n’a pas compté le nombre de rencontres qu’il a disputées sur ce stade de la Pontaise. Mais que de beaux souvenirs et des anecdotes, il pourrait d’ailleurs écrire un livre. «On était capable de jouer le titre comme de friser la relégation, on est passé par tellement d’états d’âme», se remémore ce grand talent, qui avait fait ses débuts avec les Seigneurs de la nuit devant régulièrement 20000 spectateurs. «Lors de mon dernier match, en 1984, il y avait encore 19800 personnes dans ce stade pour un derby contre Sion, soit une affluence que le club fait aujourd’hui en une année!» Comme à son habitude, il exagère à peine

Gabet Chapuisat, tout à droite, à côté de Köbi Kuhn et de René Quentin, en 1970, avant un match de l’équipe de Suisse contre l’Italie.
Gabet Chapuisat, tout à droite, à côté de Köbi Kuhn et de René Quentin, en 1970, avant un match de l’équipe de Suisse contre l’Italie.
KEYSTONE

Tandis qu’il farfouille dans sa mémoire, Gabet se souvient aussi que c’est à la Pontaise qu’il avait disputé, en 1969, le premier de ses 34 matches avec l’équipe de Suisse. «Avec, comme d’habitude, une défaite honorable, 1 à 0, contre la Roumanie.»

Il n’y avait pas de neige ce soir-là, contrairement à la fois où le LS avait la visite, en 1973, du FC Bâle d’un certain Teofilo Cubillas, une véritable star dans notre championnat à l’époque. «Le malheureux, qui débarquait du Pérou, se demandait ce qui lui tombait sur la tête et où il était!», se marre encore le Vaudois, lequel n’a pas oublié non plus que cette année-là, contre Lugano, on lui avait volé un but.

Un but de Pierre-Albert Chapuisat, à la Pontaise, contre Servette…
Un but de Pierre-Albert Chapuisat, à la Pontaise, contre Servette…
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«Ce soir-là je jouais comme No 10 et c’est Mario Prosperi qui gardait la cage des Tessinois. J’étais à la réception d’un centre et j’ai marqué. Ma frappe n’était pas d’une force incroyable mais le ballon a passé sous les filets! J’ai dit alors à l’arbitre que jétais prêt à parier une bouteille de champagne que c’était goal mais il n’est pas revenu en arrière et l’a annulé.» À l’époque, il n’y avait pas la VAR, mais les reflets filmés, le soir à la télévision, avaient prouvé qu’il avait eu raison de râler. Même si au final, Gabet a marqué une deuxième fois et que le LS s’était imposé 4 à 1.

Gabet Chapuisat n’oubliera jamais ces Plaines du Loup avec cette Pontaise qui lui a procuré tellement d’émotions. «Mais malheureusement, je suis fâché contre ce Covid qui a empêché le LS de faire la fête pour son dernier match, la semaine passée, se lamente le père de Stéphane. C’est triste de quitter le stade ainsi, cela aurait mérité une autre sortie, à guichets fermés.»

Comme le premier match à la Tuilière, qui se jouera également à huis clos, le 29 novembre contre Young Boys… «On ne sait pas comment cette saison va se terminer», soupire Gabet Chapuisat, qui a également été attaqué par ce vilain virus. «Du coup, on a mis de côté les réunions de famille

Les discussions sur ce onze de légende entre Carole, Stéphane, Christophe et Gabet et Marianne attendront…

1 commentaire
    AllezLS

    Super article ! Les anciens, comme Bertine (Barberis) par exemple, on les écouterait parler des heures.