Décès d’une icôneGena Rowlands, le départ d'une égérie
Figure du cinéma indépendant, actrice lumineuse dans la filmographie de Cassavetes, l’Américaine est décédée à l’âge de 94 ans.

Dans l’histoire du cinéma américain, il y eut un temps où la production indépendante gardait une puissance de feu inversement proportionnelle aux moyens qu’elle se donnait pour exister. Et parmi les figures qui ont fait la fortune de cette belle niche, impossible d’ignorer John Cassavetes et de ne pas se souvenir, par réflexe, de son épouse, Gena Rowlands, dont les rôles cousus sur mesure par le premier demeurent inoubliables.
L’égérie américaine s’est éteinte chez elle, à Indian Wells (Californie), à l’âge de 94 ans. Elle souffrait depuis plusieurs années de la maladie d’Alzheimer. Le nombre d’œuvres où son nom apparaît au générique est important – une soixantaine en tout. Jim Jarmusch, Woody Allen et tant d’autres ont fait appel à la native du Wisconsin. Mais les sept longs métrages tournés avec Cassavetes se détacheront à jamais: «Faces», «Une femme sous influence», «Opening Night», «Love Streams»… sont des bijoux réalisés cependant avec une économie de moyens à peine imaginable. En évoquant cette période, Gena Rowlands rappelait souvent l’ambiance festive, foutraque et insouciante qui régnait sur les sets, en compagnie de Ben Gazzara, de Peter Falk ou de Seymour Cassel. Elle disait aussi que Cassavetes avait conçu pour elle les meilleurs rôles de sa vie.
Esprit libre, au point de résister à maintes reprises aux sirènes de Hollywood, l’actrice était la mère de trois enfants, Nick, Alexandra et Zoe, tous acteurs et réalisateurs. Son parcours dans le septième art a été couronné en 2015 par un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.
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