Encore des progrès à faire concernant la biodiversité

GenèveDes mesures favorables à la biodiversité sont mises en oeuvre par les 23 communes urbaines genevoises. Mais il faudrait en faire encore plus.

Les services techniques des communes ont un peu de peine à laisser vivre une nature qu'ils ont peiné à domestiquer.

Les services techniques des communes ont un peu de peine à laisser vivre une nature qu'ils ont peiné à domestiquer. Image: Photo d'illustration/Keystone

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Les communes abandonnent petit à petit l'entretien intensif appliqué de manière homogène aux espaces verts, a indiqué la CDC-GE lors d'une conférence de presse. Elles privilégient l'entretien extensif, qui consiste à réduire l'intervention humaine et à laisser la nature «s'exprimer».

Un tel entretien permet certaines interactions, selon François Paychère, président de la CDC-GE. «Si on fauche tardivement un espace vert, cela permettra de nourrir des animaux qui paissent à côté par exemple.»

Même si les communes ont adopté des mesures volontaires favorables à la biodiversité, le rapport montre que des défis subsistent. Premier constat: les communes font peu appel à des spécialistes qui puissent identifier l'état biologique des espaces et donc concevoir de «véritables» réseaux écologiques.

«La conception des mesures est plutôt empirique, mais il n'y a pas de réelle prise en compte des besoins des écosystèmes», a précisé François Paychère. Or, il faudrait avoir une vision d'ensemble, d'après lui.

Outils et compétences spécifiques

L'organisme indépendant relève que ce sont souvent des jardiniers ou des paysagistes des services techniques communaux qui sont chargés de mettre en place des mesures favorables à la biodiversité. Alors que ces mesures «mobilisent des outils et des compétences techniques spécifiques».

De plus, il y a «des aspects humains» à prendre en compte. Le président de la CDC-GE a indiqué qu'il faut accompagner «presque psychologiquement» les jardiniers communaux, qui peuvent avoir l'impression qu'on dévalorise le travail qu'ils ont fait toute leur vie.

Des formations continues sont aussi à prévoir, puisque les services techniques sont principalement formés à l'entretien intensif des surfaces. Par ailleurs, un entretien extensif peut s'avérer difficile au début, du point de vue esthétique et de gains de temps. Au vu de ces différents éléments, la CDC-GE reconnaît que les coûts d'entrée d'une telle pratique peuvent être «relativement importants». Mais ils peuvent ensuite être réduits sur le moyen et long terme. En cause notamment: une baisse du niveau d'entretien des espaces verts et l'abandon des produits phytosanitaires de synthèse.

Sensibiliser la population

«Peu d'usagers interrogés ont été mécontents des changements dans l'entretien», a relevé François Paychère. En revanche, ces usagers étaient peu au courant des services rendus par la nature, comme la purification de l'air ou le stockage de CO2. La CDC-GE recommande donc que la population soit sensibilisée à ces questions.

De plus, l'évaluation invite les communes à accentuer leurs efforts dans la mise en place de mesures volontaires favorables à la biodiversité. Elle estime notamment qu'il faut créer des réseaux écologiques, afin de favoriser les déplacements de la petite faune en zone urbaine. «Les animaux ne s'arrêtent pas aux frontières communales», a souligné François Paychère.

La Cour des comptes incite les Offices cantonaux de l'agriculture et de la nature (OCAN), des bâtiments et du génie civil à accompagner les communes dans ce travail. Ces offices ont annoncé vouloir mettre en oeuvre ces recommandations d'ici la fin 2023. La CDC-GE suivra le processus. «Les résultats ne seront constatés que dans plusieurs années», a averti François Paychère.

Recommandations approuvées

Dans un communiqué publié jeudi par la Chancellerie genevoise, le Département du territoire, dont fait partie l'OCAN, annonce qu'il approuve toutes les recommandations de la CDC-GE. Elles vont dans le même sens que les pistes élaborées dans le Plan biodiversité cantonal. Ce plan vise à mettre en oeuvre la Stratégie biodiversité Genève 2030, adoptée par le Conseil d'Etat en février 2018.

Auto-saisie, la CDC-GE a mené cette évaluation pendant un an après avoir analysé que le déclin de la biodiversité engendre «des risques sociaux, économiques et environnementaux importants à moyen/long terme». Elle a envoyé un questionnaire aux 23 communes urbaines du canton et interrogé une centaine d'usagers. (ats/nxp)

Créé: 31.10.2019, 14h11

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