Le seigneur de Bonmont sera inhumé à Reverolle

Obsèques d'Henri-Ferdinand LavanchyC’est sur son domaine de Chéserex qu’un dernier hommage sera rendu à Henri-Ferdinand Lavanchy, fondateur d'Adecco, décédé dans la nuit du 3 au 4 janvier.

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Les obsèques d’Henri-Ferdinand Lavanchy, décédé dans la nuit du 3 au 4 janvier à Cannes, auront lieu sur ses terres, jeudi prochain. A l’abbaye de Bonmont, où la famille avait déjà rendu un dernier hommage à l’une de ses trois filles, Yolande, décédée d’un cancer en 2006.

Si les voûtes cisterciennes de cette église appartiennent à l’Etat de Vaud, elles offriront un cadre royal pour dire adieu à l’homme qui avait transformé ce domaine en temple du golf et country club des plus select. Il sera ensuite enterré dans son village natal de Reverolle, dont il était bourgeois d’honneur.

Si les invités seront probablement fort nombreux, du président du Conseil d’Etat Pascal Broulis aux grands patrons de l’économie vaudoise, un de ses protégés manquera à l’appel: son jardinier, Gustave Dubrit, décédé peu avant les Fêtes. Ce vieux garçon, débarqué sur le domaine il y a plus de septante ans, avait vu les pâturages accueillants où ruminaient les vaches se transformer en gazon rasé de près pour les membres huppés d’un club de golf.

«Généreux et fidèle»
«Lorsque le jardinier est arrivé à l’âge de la retraite, Henri-Ferdinand Lavanchy, qui a toujours montré une grande générosité et fidélité à ses amis et employés, lui avait fait faire un petit appartement sur le domaine afin qu’il puisse y vivre jusqu’à sa mort», raconte son biographe Pierre Marc Burnand.

Car malgré sa fortune, l’homme, qui pesait 800 à 900 millions lorsqu’il a cédé la majorité d’Adia Interim, est resté proche de la terre et des gens d’ici. «Ce fut un privilège de discuter avec un entrepreneur pareil. Je l’ai côtoyé une quinzaine d’années au sein de la fondation de l’Abbaye de Bonmont. Il était extraordinairement convivial, et d’une simplicité rare quand on était invité chez lui», se rappelle Jacques Ansermet, ancien syndic de Chéserex.

S’il n’a jamais fait de courbettes devant ce grand contribuable, il n’a pas hésité à lui demander son avis lorsque la commune a débloqué des fonds pour construire une piscine régionale, sachant que l’essentiel de cette fortune venait de ce bienfaiteur.

«Un grand monsieur»
«C’était un grand monsieur, qui a toujours montré un grand attachement et respect vis-à-vis de l’autorité», relève le préfet du district de Nyon, Jean-Pierre Deriaz, président des Concerts de Bonmont. Henri-Ferdinand Lavanchy, qui avait cédé l’église cistercienne sise sur son domaine à l’Etat de Vaud en 1982, participait activement à la programmation des concerts qui s’y déroulent chaque saison. Si la longue bataille qu’il a dû mener pour réaliser son golf, il y a plus de trente ans, a laissé quelques traces et rancœurs dans la région, l’homme, discret, affable, a su gagner le respect de ses concitoyens.

«C’était un imaginatif, un impulsif qui se lançait dès qu’il avait une idée», relève Pierre Marc Burnand. C’est ainsi que ce pionnier du travail temporaire avait aidé un ami à lancer Protectas, financé le parc technologique d’Yverdon, mais aussi tâté de la culture du jojoba en Californie ou l’élevage de vaches au Paraguay. (24 heures)

Créé: 05.01.2012, 23h04

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Un héritage complexe

En 2008, lorsque nous l’avions rencontré, Henri-Ferdinand Lavanchy avouait n’avoir plus qu’un souci: assurer l’avenir de ses dix petits-enfants. Ce séducteur invétéré n’a jamais divorcé de «Bijou», l’épouse qui l’a accompagné dès ses débuts et dont il a eu trois filles.

Aujourd’hui, très malade, elle vit toujours à Bonmont. Ayant eu un fils hors mariage, qu’il a reconnu, et une compagne qui l’a soutenu tout au long des dernières années de sa vie, le multimillionnaire laisse une situation familiale complexe.

Sachant qu’Henri-Ferdinand Lavanchy injectait chaque année quatre à cinq millions de francs pour maintenir un certain train de vie et le standing de son golf, qu’adviendra-t-il du domaine de Bonmont après la disparition du patriarche?

«Nous n’avons pas attendu le décès de mon père pour décider de continuer, confie sa fille aînée, Geneviève Mendoza. Nous, les enfants, tenons à ce que Bonmont reste une entreprise familiale.»

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