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Interview de John Kerry«Glasgow est notre dernier espoir.»

De passage à Bruxelles, l’envoyé spécial pour le climat John Kerry appelle à une collaboration mondiale pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

John Kerry, envoyé spécial des États-Unis pour le climat, à Willmington, le 24 novembre 2020.
John Kerry, envoyé spécial des États-Unis pour le climat, à Willmington, le 24 novembre 2020.
Getty Images via AFP

Après quatre années de trumpisme, John Kerry a été accueilli mardi à Bruxelles comme un vieil ami. L’envoyé spécial des États-Unis pour le climat est venu préparer le sommet qui se tiendra en novembre à Glasgow. Il a accordé à «Die Welt» et à l’alliance européenne LENA une interview croisée avec son homologue de l’UE, Frans Timmermans.

Les derniers chiffres de l’Agence internationale de l’énergie montrent que même en cette période de pandémie où les trajets en avion et en voiture se font plus rares et où les économies du monde entier ralentissent, les émissions de gaz à effet de serre ont continué à augmenter. Qu’est-ce que cela implique pour le sommet de Glasgow, en novembre prochain?

John Kerry: Les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, et c’est pourquoi il est urgent d’agir, non seulement pour les négociateurs de Glasgow, mais aussi pour nous tous. Si l’humanité ne parvient pas à réduire fortement ses émissions de CO2 entre 2020 et 2030, il s’avérera presque impossible de freiner l’augmentation de la température planétaire ou d’atteindre l’objectif de zéro émission en 2050. Cela vaut pour tous les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre comme les États-Unis, l’Union européenne, la Chine, l’Inde et la Russie. Glasgow est notre dernier espoir. Si, lors de ce sommet, nous ne réussissons pas à convenir d’une réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre, seul un miracle pourra encore nous permettre de réduire les émissions assez rapidement. Et nous ne pouvons pas compter uniquement sur un miracle.

Frans Timmermans: L’humanité n’a plus beaucoup de temps devant elle. Nous devons dès maintenant fixer les objectifs adéquats, pas uniquement pour atteindre la neutralité carbone d’ici à la moitié du siècle, mais également pour réduire massivement nos émissions de gaz à effet de serre au cours des dix prochaines années. L’UE ambitionne de réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 pour cent par rapport au niveau de 1990 d’ici à 2030. Nous travaillons déjà sur la législation correspondante et espérons que nous pourrons inciter nos partenaires à prendre les mesures qui s’imposent.

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