Léman superstar (1/7)Godard fait marcher (Depar)Dieu dans le Léman
Dans «Hélas pour moi», le réalisateur met en scène Gérard Depardieu dans le petit port de Rolle et rend un hommage vibrant au lac dans un travelling d’anthologie.

Pour le premier épisode de notre série sur le cinéma et le Léman, il est question de Gérard Depardieu qui marche dans le Léman dans le petit port des Vernes à Rolle, en costume jaune et avec une édition du «Nouvel Observateur» sous le bras. Après avoir fait sauter 24 fois Alain Delon dans l’eau pour une scène de «Nouvelle vague» en 1990 (pour laquelle il gardera finalement la première prise), Jean-Luc Godard offre une baignade mémorable à un autre monstre sacré du cinéma français en 1993 dans «Hélas pour moi».
Le réalisateur taciturne aime le lac et le met en scène comme nul autre. Dans ce long-métrage, il lui rend un hommage vibrant dans un travelling d’une beauté saisissante. Sur les quais de Cully probablement, il suit l’arrivée du vapeur L’Italie avec au premier plan des personnages immobiles comme dans un tableau, les Alpes en arrière-fond. «Jean-Luc Godard se calquait sur les horaires de la CGN et il faisait sa prise sans avoir besoin de louer le bateau. Cela lui permettait de restreindre son budget», raconte Didier Zuchuat, responsable du centre de documentation du Musée du Léman et cinéphile averti qui a côtoyé JLG.
Scénario haut perché
L’histoire d’«Hélas pour moi» est par contre tortueuse et son propos est, disons-le poliment, plutôt abscons. Jean-Luc Godard reprend à son compte le mythe grec d’Alcmène et d’Amphitryon. Il raconte ainsi comment Dieu prend la place d’un garagiste pour ressentir la souffrance et le désir des hommes. L’amour est bien évidemment au centre du film et de sa poésie mystique.
Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.
À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.
Jean-Luc Godard, décédé à Rolle le 13 septembre 2022, aura fait venir durant sa carrière un nombre de stars impressionnant sur les rives de ce Léman qu’il aimait tant. On citera Isabelle Huppert et Jacques Dutronc dans «Sauve qui peut (la vie)» en 1980 et Woody Allen dans «King Lear» en 1987.
«Hélas pour moi», de Jean-Luc Godard. 1993. Visible gratuitement sur la plateforme Play Suisse.
Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.

















