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Chanson engagéeGreenpeace en musique

La chanteuse suisse Licia Chery signe un nouveau titre fort et engagé sur les leçons à tirer de la pandémie qui a secoué la planète.

Licia Chery, artiste genevoise à l’origine de la chanson «L’étreinte».
Licia Chery, artiste genevoise à l’origine de la chanson «L’étreinte».
JO SIMOES

«Nous n’avons manqué de rien à part d’étreintes.» Dénoncer l’aveuglement du genre humain. C’est avec cette motivation que démarre la chanson «L’étreinte», écrite et interprétée par Licia Chery.

Tout a commencé par une enquête en ligne menée par Greenpeace Suisse sur les enseignements à tirer de cette période de crise sanitaire. Au total, 6000 personnes ont été interrogées et un rapport complet a été établi. La chanteuse a ensuite été contactée par l’ONG pour synthétiser l’enquête en musique. Elle explique sa démarche: «J’ai commencé la chanson avec cette phrase forte trouvée dans le rapport puis j’ai construit mon texte sur cette base. Je voulais d’abord insister sur l’importance du contact physique avec autrui. Cette phrase est provocatrice, elle démontre que pendant des années nous avons vécu dans un système qui nous a poussé à consommer alors que ce dont nous avons le plus besoin, c’est le rapport à l’autre.»

Des œillères dorées

Ce qui frappe dès la première écoute, c’est l’absence d’instrumentation. Une voix seule, calme, pose le texte avec soin. Licia Chery a des raisons d’avoir choisi le chant a cappella: «Ce sont des paroles qui placent l’humain au centre et qui retranscrivent ce qu’ont ressenti beaucoup de gens durant cette période. Laisser la place uniquement aux mots était la meilleure manière de faire entendre leur voix.»

Le titre est engagé. À commencer par la question environnementale, des phrases puissantes sont prononcées: «Le retour à la source, la nature dans sa course folle nous rappelle que c’est elle qui décide, qui choisit, qui nourrit et se défend.» La chanteuse se dit surtout choquée par le manque d’éducation des gens face à l’écologie: des gestes simples tels que jeter ses déchets dans une poubelle sont encore trop négligés. Une autre problématique est soulevée, celles des inégalités: «Dans ma chanson, je parle d’«œillères dorées». En Suisse, tout est caché mais le confinement a permis de mettre la lumière sur nombre d’inégalités qu’on ne voit pas. Il y a certaines personnes pour qui cette période était synonyme de vacances et d’autres qui ont vu leur monde s’effondrer.» Quant à ses enseignements personnels, elle avoue: «Je me suis rendu compte que je consommais beaucoup trop. Maintenant, je me contente du strict minimum.»

Mais y a-t-il un motif d’espoir pour que le monde apprenne de ses erreurs? Pas sûr… Pour Licia Chery, seul un changement de paradigme conduirait à un véritable salut: «Tant que le système continuera de placer l’économie en son centre, il sera difficile d’espérer quelque chose de l’avenir.»

«Le retour à la source, la nature dans sa course folle nous rappelle que c’est elle qui décide, qui choisit, qui nourrit et se défend»

Licia Chery, dans sa chanson «L’étreinte»