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Crise économique et climatiqueGrégoire Junod publie sa vision du monde d’après

Le syndic de Lausanne sort un livre ce mercredi. L’échelle de la cité est la bonne, dit-il, pour combattre les crises climatique et économique.

Le syndic Grégoire Junod livre un message optimiste, malgré les énormes défis économiques, climatiques et sociaux qui s’annoncent.
Le syndic Grégoire Junod livre un message optimiste, malgré les énormes défis économiques, climatiques et sociaux qui s’annoncent.
Odile Meylan

Dans un livre qui sort ce mercredi*, Grégoire Junod engage un plaidoyer pour le monde d’après, ce monde désormais blessé par la pandémie et en même temps mis au défi de se sauver du réchauffement. Son ouvrage de 130 pages, préfacé par la maire de Paris, Anne Hidalgo, et conclu par un entretien avec le journaliste Frédéric Mamaïs, tire des parallèles avec la crise des années 1990, tout en mesurant l’énorme changement de contexte.

Le syndic de Lausanne a voulu prendre du recul. L’idée d’un livre est née le 17 janvier 2020, lors de la venue de Greta Thunberg à Lausanne et de la présence de dix mille jeunes dans la rue: «J’ai trouvé qu’il y avait une utilité à se poser des questions, sur mon parti, sur la politique, sur notre rapport à l’écologie, commente-t-il oralement. Nous ne sommes pas si nombreux en Suisse à prendre la plume. Or c’est aussi utile de prendre le temps de réfléchir. Dans un mandat à l’exécutif, on a en permanence la tête dans le guidon.»

Trois crises

Licencié en histoire et en sciences économiques, le politicien analyse cette période où nous sommes empêtrés dans trois crises: sanitaire, climatique et économique. Il raconte son parcours, ses épreuves, son cancer à l’âge de 28 ans et comment il est entré en politique. C’était en 1993, en pleine débâcle économique. L’urgence est différente aujourd’hui. Face à la prise de conscience de notre impact sur le climat, des angoisses plus fortes voient le jour, qui méritent une réponse.

«On ne résoudra pas la crise climatique par la décroissance. On le voit sous nos yeux aujourd’hui avec les ravages de la crise.»

Grégoire Junod, syndic de Lausanne

Grégoire Junod lance des solutions. La plupart sont déjà engagées, en écologie, en programmes sociaux, dans la gouvernance dite participative; mais il faut transformer l’essai. Sa conviction est que l’humanité peut s’en sortir. Sur le plan de l’action politique, l’échelle de la ville lui paraît particulièrement pertinente. C’est le lieu où le citoyen peut réinventer sa manière vivre, à plus forte raison si les institutions lui en donnent la possibilité.

Son récit démontre que les peurs qui nous assaillent peuvent trouver des remèdes dans l’action. Celles des socialistes, bien sûr, comme à Lausanne, où les autorités montent par exemple une politique proactive pour le logement à loyer abordable; un programme qui, si l’on prend tout en compte, travaille pour la société tout comme pour la préservation du climat.

Loin de l’autobiographie, l’ouvrage évoque toutefois les événements personnels qui ont forgé les convictions du politicien.
Loin de l’autobiographie, l’ouvrage évoque toutefois les événements personnels qui ont forgé les convictions du politicien.
Éditions Favre

En phase avec l’écologie mais pas avec les fondamentalistes, il professe: «On ne résoudra pas la crise climatique par la décroissance. On le voit sous nos yeux aujourd’hui avec les ravages de la crise. Par contre, il nous faut arrêter de raisonner en points de PIB. La preuve en Suisse: depuis dix ans, notre pays s’en est plutôt bien sorti, avec un taux de chômage parmi les plus faibles d’Europe. Et pourtant notre croissance n’a jamais dépassé les 2% par année.»

À un mois des élections communales, la sortie de l’ouvrage est opportune. L’auteur dit ne pas l’avoir écrit dans ce but: «L’objectif était de paraître en novembre 2020. Mais j’ai pris du retard. Cela dit, je voulais que le livre sorte avant les élections. Ce n’est pas un mauvais moment pour dire ce que l’on pense, d’où on vient et formuler des propositions.»

*État d’urgence, Éditions Favre, 130 pp.

40 commentaires
    omama

    Je ne sais pas comment il a trouvé le temps pour la rédaction de son livre, je sais qu'en France les politiciens se les font écrire ....Cela étant dit lecteurs de 24 heures et terriens de tous horizons, que vous vouliez ou non, que vous soyez de gauche, de droite, de centre ou de nulle part. Décroissance il y aura ! Décroissance il faudra sous une forme ou sous une autre, il faudra aussi partager les richesses restantes, mettre un terme aux gaspillages insensés de métaux et matériaux et à notre manière de consommer.... Ne nous pourrons plus échapper aux lois physiques et biologiques dans un espace restreint... Notre civilisation est aux abois et bientôt au bout. Le néandertaliens qui ont disparu ont régné sur Terre durant 80'000 ans avant de disparaître, nous en un siècle et demi on a tout bousillé, je ne nous vois pas durer comme ça très longtemps, c'est dur à dire mais nous sommes une espèce comme un autre...Et le stade suivant de l'évolution est peut être de disparaître en comprenant ce qui nous arrive....

    Mes propos ne sont pas très pas rose ni vert mais plutôt noir ....mais je ne me présente pas aux élections à Lausanne, je peux tenir des propos peu électoralistes