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PortraitGrisélidis Réal, esprit libre

Celle qui lutta infatigablement pour les droits des travailleuses du sexe est l’une des personnalités retenues dans un ouvrage retraçant la vie de 100 femmes ayant marqué l’histoire genevoise.

L’Université de Genève section de psychologie a invité pour son cours Amour, sexualité et prostitution, l’ancienne prostituée genevoise Grisélidis Réal, égérie de la prostitution qui s’est battue pour les droits des prostituées et auteur de plusieurs textes sur le sujet.
L’Université de Genève section de psychologie a invité pour son cours Amour, sexualité et prostitution, l’ancienne prostituée genevoise Grisélidis Réal, égérie de la prostitution qui s’est battue pour les droits des prostituées et auteur de plusieurs textes sur le sujet.
Archives Tribune de Genève

Cet article a été rédigé par les journalistes de «Femina». Retrouvez plus d’articles sur Femina.ch

C’est qui?

Activiste pionnière avant tout, Grisélidis Réal a choisi d’unir sa voix à celles qui, dès la fin des années septante, s’élevaient pour défendre les droits des travailleuses du sexe. Ayant elle-même eu recours à la prostitution pour subvenir à ses besoins, elle souhaitait transformer le regard porté sur ce métier.

Diplômée de l’École des arts décoratifs de Zurich, en 1949, elle se marie, puis divorce, fréquente les milieux artistiques, peint et expose. Les revenus sont maigres, elle cumule les jobs alimentaires. Elle aura quatre enfants, se bat pour les assumer, mais deux seront placés: «On m’avait appris que le meilleur chemin c’était de se marier, faire des gosses et être heureuse. Et bien c’est pas évident d’être heureuse si vous vous mariez et que vous faites des gosses.» En 1960, elle part pour Allemagne avec son compagnon et les deux enfants encore à sa charge. Une période très dure, mais également «pleine d’animations, d’imprévus, d’aventures». Précarisée, elle commence à se prostituer par nécessité. Arrêtée quelques années plus tard pour trafic de drogue, elle passera 6 mois en prison et se lance dans l’écriture. De retour en Suisse, elle tentera à nouveau de vivre de son art, mais les ventes ne décollent pas. Elle continue de se prostituer.

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