Gstaad New Year Music FestivalErwin Schrott, ambassadeur du Sud
Le célèbre baryton uruguayen présentait son tour de chant «Tango Passion» samedi à Rougemont. Impressions.

«Vuelvo al Sur / Je reviens au Sud, je cherche le Sud, j’aime le Sud, je suis le Sud». Contraste ce samedi 6 janvier sous la fine neige de Rougemont, l’aimantation irrésistible du continent sud-américain et du répertoire argentin s’exprimait à travers la chaleur, l’intimité et le rituel puissant du tango.
Cette chanson d’Astor Piazzolla faisait partie des nombreux tubes interprétés dans l’église par Erwin Schrott et son ensemble Rojotango, invité ce soir-là par le Gstaad New Year Music Festival très gourmand cette année en grandes voix. Piazzolla bien sûr, mais aussi Gardel, Jobim, Velázquez, Soto, ou le déchirant «Alfonsina y el mar» de Ramirez…
Mozart et le tango
Erwin Schrott est un corps avant une voix, une stature qui cajole ou impose, un orchestrateur d’émotions. Le baryton basse né à Montevideo, capitale de l’Uruguay, a commencé à chanter à six ans; à huit il était sur scène. Sa mère, dingue d’opéra, lui apprenait Mozart et son père le tango. Devenu l’un des interprètes lyriques les plus recherchés, il aime de temps en temps laisser le costume de Don Giovanni ou de Scarpia au vestiaire et revenir à son Sud, porté par un quartet racé et attentif à ses moindres gestes.

Un piano charpenté et subtil, deux bandonéons langoureux, une guitare fluide sertissent la voix expressive mais parfois si généreuse de l’Uruguayen qu’elle aurait pu se passer d’amplification. Derrière les envolées verbales d’un sentimental sanguin se lovaient ces «Nostalgias» de l’exil et des amours perdues: «Llevo el Sur, como un destino del corazon / Je porte le Sud comme un destin du cœur».
Derniers concerts: Rougemont, église, lu 8 janv. (16 h, 19 h), Lauenen, église, ma 9 (16 h, 19 h), www.gstaadnewyearmusicfestival.ch
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