«Je rêve d'aller sur Mars pour améliorer la vie sur Terre»

Nipconf à l'EPFLFlorence Porcel est candidate au projet Mars One. Elle a présenté hier à l'EPFL les révolutions que ce voyage sans retour entraîneront pour l'humanité

La vidéo de présentation du projet Mars One


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En 2024, quatre personnes pourraient s'envoler vers la planète Mars. Après sept mois de voyage, elles devront coloniser un monde hostile et assurer leur survie, sans aucun espoir de retour sur Terre. Ce projet fou lancé par un entrepreneur néerlandais s'appelle Mars One; 705 volontaires ont déjà été pré-sélectionnés parmi 200'000 candidats pour faire partie du futur équipage.

La Française Florence Porcel est de ceux-là. Présente vendredi à la première édition de la Nipconf, une conférence axée sur les technologies du futur qui s'est tenue à l'EPFL, la journaliste et blogueuse passionnée par les sciences de l'univers a expliqué son rêve: poser un jour le pied sur une planète où la température est de -63 degrés et l'atmosphère composée à 96% de dioxyde de carbone.

Une chimère? Pas pour Florence Porcel. «L'important n'est pas tant d'aller sur Mars, mais d'inventer des technologies qui amélioreront la vie sur Terre», explique-t-elle. Construire des modules de vie, fabriquer de l'air et de l'eau en filtrant l'atmosphère et la poussière du sol (composée à 2% d'eau), autant d'avancées qui pourraient être transposées sur la Planète Bleue, dans des régions touchées par des catastrophes climatiques, par exemple. «Explorer Mars nous permettra aussi de trouver des réponses au problème du réchauffement climatique et à celui de l'énergie», souligne-t-elle.

Des salades cosmiques

Un avis que partage Théodore Besson, chercheur en sciences de l'environnement à l'Université de Lausanne, qui est aussi intervenu durant la Nipconf. «Se projeter dans les conditions extrêmes de la vie spatiale permet de mieux réfléchir à comment économiser nos ressources terrestres», explique-t-il. Car pour aller sur Mars, l'équipage devra faire avec le stricte minimum. «Il faudrait emporter 20 kg d'eau, air et nourriture par personne et par jour pour un voyage de 7 mois, soit plus de 200 tonnes au total», calcule-t-il. Avec un coût de plus de 40'000 francs pour chaque kilo envoyé en orbite, l'équation est un casse-tête. «Pour contourner ce problème, l'équipage devra emporter son propre écosystème portable qui recyclera les déchets organiques pour avoir de l'air, de l'eau et faire pousser de la nourriture.»

L'agence spatiale européenne étudie déjà ce type d'installations avec le projet MELiSSA. Des tests ont été réalisés dans des conditions extrêmes, comme sur la base de recherche Concordia en Antarctique, ou en faisant pousser des salades à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Reste que le rêve martien n'est pas qu'un accélérateur de recherche scientifique. Avec un budget de 6 milliards de dollars, qui seront levés grâce à une série filmant la préparation des candidats, Mars One a de sérieuses cartes en main pour atteindre les étoiles. Et Florence Porcel espère bien être du voyage le jour J. «Pour moi, tous les chemins mènent à Mars!» glisse-t-elle, les yeux brillants.

Retrouvez ici les vidéos des présentations de Florence Porcel et de Thédore Besson à la Nipconf. (24 heures)

Créé: 25.10.2014, 12h52

Florence Porsel rêve de vivre sur Mars (Image: DR)

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