L’EPFL crée un réseau social pour les zones sans connexion

TechnologieLe média permet aux populations déconnectées de sortir de l’isolement.

Les chercheurs de l'EPFL ont testé leur média dans le camp de réfugiés de Zaatari, au nord de la Jordanie

Les chercheurs de l'EPFL ont testé leur média dans le camp de réfugiés de Zaatari, au nord de la Jordanie Image: Olivier Vogelsang-A

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Grâce au travail ambitieux de l’EPFL, les réseaux sociaux gagnent du terrain. Les chercheurs du groupe REACT, en collaboration avec deux scientifiques de l’Université d’État de Pennsylvanie et de Médecins sans frontières, ont révolutionné la technologie en développant une messagerie instantanée destinée aux territoires dépourvus de connexion. Ils ont effectué des tests pilotes en Jordanie dans le camp de réfugiés de Zaatari, où plus de 80'000 réfugiés sont fréquemment privés d’Internet.

Leur invention s’appuie sur le Raspberry Pi, un ordinateur portable de la taille d’un paquet de cigarettes, dont le prix n’excède pas la trentaine de dollars. En le ravitaillant par une batterie, les chercheurs l’ont programmé de manière à ce qu’il devienne un serveur local autonome. Cette borne wi-fi permet aux individus qui se situent dans un rayon d’environ 100 mètres d’accéder à une plate-forme d’échange. L’objectif des chercheurs était de créer un média adapté au contexte local. «Sa particularité est de pouvoir communiquer anonymement. Étant donné qu’il y a beaucoup d’abus dans ces camps, les gens peuvent lancer une alerte, sans craindre les représailles», explique Denis Gillet, directeur de REACT. De plus, les données ne sont pas envoyées sur un Cloud, mais sont stockées dans une carte mémoire pouvant être détruite à tout moment.

Bien que cet outil soit limité à une zone déterminée, il semble sur la voie du succès. Un questionnaire a été mené pour mesurer la satisfaction des usagers. «En général, les critiques sont positives, les gens se disent contents de pouvoir échanger avec la communauté. Mais ils ont des attentes élevées. Habitués à WhatsApp, ils regrettent un service de traduction et l’absence d’envoi d’images», rapporte Adrian Holzer, collaborateur scientifique de l’EPFL.

Peut-on espérer une démocratisation de la technologie? «Nous aimerions que cet outil devienne courant, mais les entreprises commerciales freinent ce type d’initiatives», déplore Denis Gillet. (24 heures)

Créé: 28.11.2017, 11h03

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Des dizaines d'automobilistes ont été bloqués dans le Chablais, pendant plusieurs heures pour certains. La situation était également chaotique sur les routes secondaires parsemées de congères.
(Image: Bénédicte) Plus...