Bernard Stamm peut rêver du record du Jules Verne

VoileLe Vaudois et l'équipage d'«Idec Sport» sont sur les talons de «Spindrift 2» au passage du cap Horn.

Bernard Stamm en compagnie de son «chef», Francis Joyon, tient bon la barre d’«Idec Sport» et fait valoir son expérience.

Bernard Stamm en compagnie de son «chef», Francis Joyon, tient bon la barre d’«Idec Sport» et fait valoir son expérience. Image: BORIS HERMANN

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«Le solitaire restera toujours la forme de navigation la plus exigeante. Mais là, je dois avouer qu’on est pas mal sollicité!» Avec sa franchise habituelle, Bernard Stamm entame la discussion. Sur Idec Sport, le marin suisse était en approche du cap Horn au moment d’évoquer ce Trophée Jules Verne au sein d’un équipage commando composé de «six fortes personnalités qui ont appris à se connaître».

Idec Sport, c’est l’autre défi de ce tour du monde sans escale, sans assistance. Parti de Ouessant deux heures avant Spindrift 2, le 22 novembre, le bateau de Francis Joyon épate son monde. Plus petit (32 mètres contre 40 mètres à son grand frère), un peu moins puissant mais plus agile, le trimaran rouge est sur les talons de Dona Bertarelli et Yann Guichard. «On est encore dans le coup à la sortie du Grand-Sud, et ça, c’est vraiment fabuleux», savoure Bernard Stamm.

Deux remontées folles

A y regarder de plus près, c’est presque un petit miracle. Deux fois, Idec a été piégé par des bulles anticycloniques. Deux fois, il a lâché du lest sur ses deux concurrents, Spindrift 2, bien sûr, et surtout Banque Populaire V, détenteur du temps de référence depuis janvier 2011. Deux fois, la bande des six a réussi à combler un débours supérieur à 800 milles (1280 kilomètres)! «On s’est arraché, reconnaît le marin de Saint-Prex. Il y a tout le temps quelqu’un à la barre, sauf pendant certaines manœuvres. Quand tu dois revenir de derrière, tu dois maximiser ta vitesse en permanence.»

Coup de barre, réglage fin, expérience, analyse des systèmes météo, gestion du stress et du sommeil. Francis Joyon a réuni autour de lui un savant mélange d’hommes qui, une fois réunis sur le même bateau, ressemblent fortement au marin presque parfait. Un Allemand, un Suisse, un Espagnol et trois Français, voilà le cocktail d’Idec Sport. «La sauce a bien pris, dit Bernard Stamm. Certains se connaissaient, d’autres un peu moins. Il y a eu de belles découvertes sur le plan humain.»

Comme des poulets

Des surfs, à plus de 40 nœuds dans les mers du Sud, ça vous rapproche les hommes. «Et la navigation en équipage restreint est très stimulante malgré un rythme assez infernal. On fonctionne avec des quarts très courts. Pendant une heure et demie, on est en stand-by. C’est le moment où on s’habille, on se nourrit et on se tient prêt à bondir en cas de besoin. Ensuite, on grimpe sur le pont, toujours pendant 1 h 30. Et on enchaîne avec trois heures de sommeil. Il y a deux hommes en permanence sur le pont, un à la barre et un au réglage. Francis, lui, est hors quart. On vit donc plusieurs journées par 24 heures… Sur ce tour du monde, on vieillit plus vite. On est comme des poulets de batterie. On sera à point pour Noël!»

Trente jours en mer, souvent à près de trente nœuds, n’ont pas entamé le sens de l’humour de Bernard Stamm. A 52 ans, sa motivation est même intacte, lui qui est cap-hornier pour la septième fois… «On peut dire que je suis dans mon élément. Je retrouve un peu l’esprit qu’il y avait sur Orange lors de notre record. Au niveau des conditions, on est passé très Sud dans l’Indien, mais sans voir de glace. On a traversé cet océan à grande vitesse et quasiment tout le long dans le brouillard. Le Pacifique a longtemps été compliqué avec des bulles sans vent. Mais là en approche du Horn, on a retrouvé des conditions très toniques qui me plaisent bien.»

Comme Spindrift 2, Idec Sport pensait pouvoir profiter du plus grand des océans pour creuser l’écart sur le détenteur du Trophée. «On savait qu’il y avait de la place sur le Pacifique, rappelle le marin suisse. Loïck Peyron et ses hommes avaient connu des soucis de météo. Et bien, nous non plus, nous n’avons pas été gâtés. C’est donc d’autant plus une bonne nouvelle de se savoir encore dans la course. Tout va se jouer lors de cette remontée piégeuse. Il n’est pas impossible que la décision se fasse lors de la dernière journée. Ce Trophée Jules Verne sera vraiment passionnant jusqu’au bout.» (24 heures)

Créé: 22.12.2015, 19h17

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