La France dit adieu à son minitel

3615 FINIA la fin du mois, Orange, l’opérateur français historique mettra fin au service Minitel. Une page de l’histoire des technologies tricolores se tourne. En Suisse le système équivalent, n’a jamais connu le succès et il est mort depuis 12 ans déjà.

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Consulter un annuaire téléphonique, une messagerie ou des horaires de train sur un écran est devenu banal aujourd’hui grâce à internet. Mais à la fin des années septante, cela relève de l’exploit. Pourtant, c’est bien le défi que se sont lancé différents opérateurs nationaux.

Mis en service au début des années huitante, Prestel au Royaume-Uni, Bildschirmtext en Allemagne ou Vidéotex en Suisse, en Autriche et au Luxembourg ont été autant d’échecs commerciaux. Seul le minitel Français a rencontré son public et aujourd’hui encore, selon Ouest France, 420 000 personnes seraient des clients actifs du service probablement le dernier du genre sur la planète. Dès le 1er juillet, il ne restera à ces utilisateurs que la messagerie de minitel à minitel et le service après-vente de l’appareil puisque Orange promet de continuer à l’assumer.

Pour l’anecdote le célèbre service de messagerie rose «36 15 ulla» serait mort depuis le 1er janvier 2009 déjà.

L'aventure du Vidéotex suisse

Le premier essai de vidéotex en Suisse date de février 1978. Il s’agissait d’une démonstration de la technologie développée au Royaume-Uni. Dès 1980 des essais auront lieu en Suisse avec un nombre de clients limités. De tels tests se succéderont jusqu’en 1987, quand le Conseil fédéral promulguera, enfin l’ouverture du service au grand public.

Mais contrairement à la France où le minitel est largement diffusé, en partie gratuitement, le Vidéotex suisse est très cher. En plus de la location de l’appareil (une cinquantaine de francs), les clients devaient s’acquitter d’une taxe atteignant les 12 francs par mois, ainsi qu’un coût de connexion qui était au lancement de l’appareil de 7fr50 par heure. A cela s’ajoutaient aussi, pour certains services des coûts par page consultée.

Faute de clients, les fournisseurs de contenus n’étaient également guère nombreux. Si bien que quelques Romands ont même préféré se tourner vers le minitel. Ainsi, en mars 1986, plus de 250 minitels existaient déjà en Suisse contre 4000 Vidéotex en 1987, lorsque le service fut officiellement lancé. Plusieurs entreprises romandes proposaient même à leurs clients de se connecter directement sur leurs serveurs minitel, s’affranchissant ainsi du serveur centralisé du Vidéotex des PTT. Face à cette concurrence, la régie fédérale finira par adopter des appareils multinormes et par mettre en place des plates-formes permettant d'accéder aux services équivalents de quelques autres pays.

En 1995, les PTT ont abandonné le service qui sera repris par l’entreprise vaudoise VTX. Celle-ci investira plutôt dans une nouvelle technologie alors émergente: internet. Les services Vidéotex ont ainsi été définitivement abandonnés en 2000.

Source: «Histoire de l'ordinateur en Suisse, un état des lieux», collectif. Histoire et informatique; vol. 17, Zurich, Chronos 2009.

Créé: 12.06.2012, 10h08

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