L’iPhone 6s, à peine sorti de la boîte, déjà obsolète?

SmartphoneLe dernier-né d’Apple est disponible depuis le 9 octobre. Mais son successeur sera lancé dans moins d’un an…

En 2014, la population suisse a produit 26,3 kg d'e-dechets par habitant.

En 2014, la population suisse a produit 26,3 kg d'e-dechets par habitant. Image: Magali Girardin

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Chaque année, c’est la même rengaine. A la rentrée, la marque à la pomme présente son nouveau smartphone – un rituel immuable depuis 2007. Ce mois d’octobre est donc marqué par le lancement en Suisse de l’iPhone 6s et de sa version élargie – le 6s Plus. Sur le papier, ces appareils ont tout pour plaire: plus rapides, ils sont équipés d’une nouvelle technologie, la 3D Touch, et adoptent des capteurs photo plus performants (lire encadré).

Seule ombre au tableau: comme ses grands frères avant lui, l’iPhone 6s sera obsolète dans moins d’un an, lorsque sortira la nouvelle génération, septième du nom. Un rythme de remplacement frénétique que suivent, peu ou prou, tous les constructeurs de smartphones. Et leurs clients…

Impact environnemental

Aujourd’hui en Suisse, on compte plus de 10 millions de téléphones portables en fonction – pour 8 millions d’habitants, bébés et enfants compris. Dans notre pays, Apple se taille la part du lion. En 2014, l’iPhone séduisait 56% des utilisateurs de smartphones alors que, toutes marques confondues, le système d’exploitation Android n’est installé que sur 39% des appareils, selon les chiffres de Comparis. La part des Windows Phone, elle, reste négligeable, à hauteur de 4%. En moyenne, les Européens changent de téléphone tous les dix-huit mois. Dans les grandes villes, de Paris à Genève, ce chiffre serait plutôt de douze mois.

«Il y a beaucoup de marketing derrière tout ça. Tous les ans, les fabricants sortent des nouveaux modèles prétendument révolutionnaires avec leur design moderne et leurs innovations technologiques. Mais d’une année sur l’autre, les avancées ne sont pas suffisantes pour justifier le remplacement d’un smartphone, souligne Laetitia Vasseur, présidente et cofondatrice de Halte à l’obsolescence programmée. Or la fabrication de ces appareils coûte très cher d’un point de vue environnemental. Ils contiennent de nombreux métaux (or, cuivre, plomb, nickel, argent, étain, zinc…) ainsi que des terres rares. Leur remplacement frénétique contribue à la raréfaction de ces matériaux ainsi qu’à la surconsommation d’énergie. Sans parler du fait qu’ils sont souvent assemblés dans des usines qui exploitent des travailleurs. Dans ces conditions, le meilleur iPhone est certainement celui que l’on n’achète pas.»

Obsolescence programmée

Alors pourquoi cette volonté de toujours vouloir posséder le dernier cri en matière de smartphones? «Il ne faut pas tomber dans la théorie du complot selon laquelle les entreprises sont coupables de tout. Les consommateurs possèdent également une part de responsabilité, explique Vianney Vaute, cofondateur de la plate-forme Back Market, qui reconditionne à l’état neuf des produits de seconde main. Si les clients n’achetaient pas, les constructeurs ne sortiraient pas autant de nouveaux modèles.»

Reste que nos chers téléphones ont acquis un statut à part dans l’univers de l’électronique. «On change généralement sa machine à laver ou son frigo lorsqu’ils ne fonctionnent plus, poursuit Vianney Vaute. Le smartphone, lui, est recasé à la première occasion, dès qu’un nouvel appareil sort dans les magasins. Il y a derrière cela un phénomène de mode, mais ce désir de changement est motivé par la place qu’occupent les smartphones dans notre société. Ils confèrent à leur propriétaire une forme de statut. La pression sociale joue beaucoup sur l’envie des gens de toujours posséder le dernier modèle.»

On appelle cette volonté irrépressible de rester tendance l’obsolescence esthétique. Mais elle n’est pas, et de loin, la seule raison qui nous pousse à consommer. Longtemps, les constructeurs ont prévu à l’avance la durée de vie de leurs appareils afin de forcer l’achat. L’iPod est un cas d’école. Sur les premiers modèles, la marque à la pomme soudait les batteries, dont la durée de vie n’excédait pas dix-huit mois. Au-delà, l’appareil était bon pour la poubelle.

Face au tollé suscité par ces pratiques, les constructeurs ont, semble-t-il, changé de stratégie. L’obsolescence programmée se fait désormais plus discrète. «A chaque sortie d’un modèle, les fabricants lancent également un nouveau système d’exploitation, iOS 9 dans le cas de l’iPhone 6, explique Vianney Vaute. Cela rend les précédents modèles plus lents puis totalement inopérants. Par exemple, si vous possédez encore un iPhone 4, qui n’a finalement que cinq ans, vous ne pouvez plus le mettre à jour et donc profiter pleinement de toutes les applications disponibles.»

Pour lutter contre cette obligation de consommer, plusieurs alternatives existent, comme la possibilité de faire réparer son téléphone ou d’acheter des appareils de seconde main. En France, par exemple, la plate-forme Back Market s’est spécialisée dans le reconditionnement d’anciens smartphones. «Nous achetons des appareils puis nous les envoyons dans des usines d’où ils ressortent comme neufs, raconte Vianney Vaute. Puis nous les revendons avec une garantie d’au moins 6 mois. De plus en plus de gens se laissent séduire par ce système, qui permet d’avoir un portable récent à moindre coût.»

«Lorsque l’on parle de consommation, les pouvoirs publics et la population de manière générale insistent beaucoup sur le recyclage, note Laetitia Vasseur. Il s’agit évidemment d’un point positif, mais avant de penser au recyclage, il faudrait se tourner vers le réemploi afin d’éviter que des produits fonctionnels ne finissent dans un tiroir ou à la poubelle. Et ça, ce n’est pas encore un réflexe. C’est vrai pour les téléphones, mais aussi pour tous les autres appareils électroniques.» Selon un rapport de l’Université des Nations Unies, publié en avril 2015, 41,8 millions de tonnes d’e-dechets ont été produits dans le monde en 2014. Proportionnellement à la population, la Norvège est le pays qui en génère le plus, avec 28,4 kg par habitant, suivi par la Suisse (26,3 kg).

Vidéo: réclame contre l'obsolescence programmée

Créé: 23.10.2015, 14h03

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Cela fait exactement cinq jours que trône dans nos mains l’iPhone 6s, en version phablette – 6s Plus pour les intimes. Sans surprise, cette nouvelle mouture reprend le tracé élégant de son prédécesseur. Apple dit avoir utilisé un aluminium plus résistant pour le châssis, mais, en toute honnêteté, on ne voit aucune différence. Et si une nouvelle couleur, «or rose», fait son apparition, il faudra attendre le 7 pour découvrir un nouveau design.

C’est donc à l’intérieur que se cachent les modifications. Et là, bonne surprise. Le 6s apparaît plus différent que le 6 ne l’était du 5s. La principale évolution réside dans l’apparition de l’écran 3D Touch. Il s’agit d’une variante de la technologie Force Touch déjà présente sur l’Apple Watch, qui ajoute une dimension à l’espace de navigation. Concrètement, en plus de diriger votre smartphone en faisant glisser votre doigt de droite à gauche et de haut en bas, il devient possible d’effectuer des actions en appuyant plus ou moins fortement sur l’écran ou par la succession de deux petites pressions sans lever l’empreinte. Apple appelle ça le concept du Peek and Pop. Durant les premières minutes, ce nouvel usage n’est pas forcément aisé, mais la pratique vient très vite.

Cette navigation en trois dimensions permet notamment de consulter ses messages, ses mails ou ses photos sans ouvrir l’application dédiée. Rapide et efficace. Nul doute que cette technologie sera prochainement déclinée chez la concurrence, notamment les Galaxy de Samsung. Pour le reste, l’appareil est présenté comme plus rapide, avec une meilleure résolution de photo sans que cela ne saute aux yeux. BE.B.

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