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Vie numériqueLe jeu «Gran Turismo Sport», sur PlayStation 4, propulse le «motor racing» dans une nouvelle ère.

Jamais le jeu n’avait atteint un tel degré de réalisme.

Jamais le jeu n’avait atteint un tel degré de réalisme. Image: SONY INTERACTIVE ENTERTAINMENT INC

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Graham Hill, Michael Schumacher, Ayrton Senna, Alain Prost ou Lewis Hamilton. A la liste des grands noms du sport automobile il faut désormais ajouter celui de Kazunori Yamauchi. La différence? C’est sur l’asphalte virtuel qu’il règne en maître. Demi-dieu aux yeux de bon nombre de pilotes de canapé, star au Japon et Senior Vice-President de Sony Interactive Entertainment Inc, Kazunori Yamauchi est l’heureux papa de Gran Turismo, le jeu de course le plus vendu à travers la planète.

Et voici que le génie de chez Sony vient de présenter au monde le septième opus de sa série motorisée, intitulé Gran Turismo Sport. Pour la première fois, le titre s’affranchit des numéros qui lui collent habituellement au «o», une subtile façon de montrer qu’il passe la vitesse supérieure. Sorti mercredi, le jeu a d’ores et déjà reçu les commentaires dithyrambiques de la presse spécialisée.

Pour annoncer la naissance de ce royal bébé, le développeur Polyphony Digital a vu les choses en grand: près de 200 journalistes européens ont été conviés à Modène, en Italie, ville natale d’Enzo Ferrari. Tout un symbole pour quiconque parle couramment le crissement de pneus. Sur place, il était non seulement possible de tester le jeu en avant-première mais également de faire de vrais tours de vraies pistes au volant de vraies super-voitures.

Là encore, rien n’est dû au hasard: Gran Turismo a toujours eu pour ambition de brouiller les frontières entre virtuel et réel. En orchestrant ce somptueux raout médiatique, le studio Polyphony Digital, extension de Sony dirigée par Kazunori Yamauchi en personne, ne fait que confirmer son hégémonique intention: faire de son jeu la meilleure simulation de course automobile de l’univers vidéoludique. Et ce septième opus pousse cette fois-ci le réalisme si loin qu’il confine presque à l’art.

La douce mélodie des moteurs

Ce chef-d’œuvre autoproclamé était espéré, prié, souhaité depuis quatre ans. Les premières versions dévoilées avaient inquiété les fans mais tout est désormais pardonné.

Pourtant, le garage de GT Sport compte seulement 162 reproductions de voitures, contre 1197 dans le précédent opus. «Mais nous n’avons jamais atteint un tel degré de réalisme, précise Kazunori Yamauchi. La modélisation des voitures est calibrée pour la future génération de consoles. Nous avons poussé le souci du détail jusqu’à reproduire fidèlement les sons des moteurs.» Visuellement, c’est absolument sublime. L’interface générale est réussie, la prise en main extrêmement rapide, les temps de chargement relativement brefs et la navigation entre les nombreux menus assez simple. Pire: chaque pixel du jeu transpire de passion pour le motor racing et ça se sent.

Mais le véritable changement se situe ailleurs: «Gran Turismo Sport peut faire de vous un vrai pilote, annonce d’emblée le maître. D’ailleurs, un espace du jeu est spécialement dédié à de véritables leçons de conduite, des conseils qui peuvent parfaitement s’appliquer dans la vraie vie.» Cerise sur le capot, le jeu est accompagné de deux championnats d’e-sport tout ce qu’il y a d’officiel, homologués par la très sérieuse FIA (Fédération internationale de l’automobile).

Le championnat FIA Gran Turismo comprend deux séries principales: la Coupe des Nations, où il sera possible de représenter son pays, et la Coupe des constructeurs. Les vainqueurs assisteront à l’événement annuel de remise des prix de la FIA. Ils y recevront le superbe trophée GT FIA, aux côtés des pilotes professionnels, ainsi qu’une licence. Début des hostilités? Le 4 novembre, sur des serveurs dédiés. Du jamais-vu en termes d’e-sport.

La précédente mouture avait déjà su brouiller les cartes entre courses réelles et virtuelles: une vingtaine de joueurs de Gran Turismo 6 avaient pu obtenir une véritable licence de pilote professionnel en participant au championnat virtuel Nissan GT Academy, qui se greffait au jeu. Les fans et les amateurs de grosses cylindrées sont rassurés: Gran Turismo Sport frappe encore plus fort et devient une référence ultime. En sachant que les précédentes versions sont passées entre les mains de plus de 76 millions de joueurs, voici de quoi ajouter encore un peu d'huile dans le moteur de Sony. (24 heures)

Créé: 24.10.2017, 12h01

TAG Heuer écrit l’histoire de l’e-sport

«C’est un partenariat incroyable, s’enthousiasme Olivier Volery, directeur du chronométrage et du sponsoring chez TAG Heuer. Pour la première fois, une marque d’horlogerie suisse devient chronométreur officiel dans une compétition d’e-sport homologuée.»

L’entreprise de La Chaux-de-Fonds, menée par Jean-Claude Biver, a déjà marqué de son empreinte la course automobile, à laquelle elle reste encore étroitement liée. Elle a, par exemple, été partenaire de l’écurie de Formule 1 McLaren de 1985 à 2015. Si sa présence dans les compétitions officielles semble normale, son apparition dans Gran Turismo Sport a de quoi surprendre: c’est la première fois que le jeu s’associe à un horloger, suisse de surcroît. C’est aussi la première fois qu’une marque horlogère de luxe s’associe à un jeu vidéo de course automobile.

«Kazunori Yamauchi a souhaité expressément que cet opus soit aussi didactique que ludique, explique Olivier Volery. Toute l’histoire de la marque apparaît donc dans une section spécialement dédiée du jeu, au même titre que l’histoire de constructeurs automobiles emblématiques, par exemple.»

Un véritable musée virtuel qui apparaîtra sur des millions d’écrans à travers le monde et vise à resserrer les liens avec les jeunes générations de fondus de bolides. C.D.

La saga «Gran Turismo» en chiffres

Le premier Gran Turismo est sorti en 1997, sur la toute première PlayStation, et a nécessité le concours d’une trentaine de personnes. A titre de comparaison, 212 employés ont travaillé sur Gran Turismo Sport.

Avec 76,5 millions de jeux vendus, les boîtes de tous les Gran Turismo mises bout à bout s’étireraient sur un tiers de la Terre.

La saga compte 11 épisodes: 6 volets principaux et 5 secondaires.

Tous ces épisodes (principaux et secondaires) ont réclamé 48 000 heures de travail et 4,5 millions de lignes de code.

Durant l’élaboration de Gran Turismo Sport, les employés de Polyphony Digital ont ingurgité 454 000 litres de café.

Les pilotes de salon ont parcouru au total 97 milliards de kilomètres virtuels, soit 21 fois le rayon de notre système solaire.

Oh surprise: Kazunori Yamauchi estime que le joueur type de Gran Turismo est à 99% de sexe masculin et âgé d’environ 20 ans. Un e-sport qui sent le poil.
C.D.

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