Pourquoi Netflix fait trembler ses concurrents

Vidéo à la demandeLes Suisses se rueront-ils sur l'abonnement de vidéos à la demande? Les compétiteurs adaptent déjà leur offre pour tenir bon face à l'invasion.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Pour consulter les vidéos, merci de visionner cet article sur notre site internet.

Un mois de films illimités pour le prix d'une place de cinéma ou de trois films en VOD (vidéo à la demande) traditionnelle. C'est l'offre de Netflix, le géant américain du streaming sur abonnement, qui sera disponible en Suisse dès le 18 septembre (ainsi qu'en France, au Luxembourg, en Allemagne, en Belgique et en Autriche). Avec son abonnement à 8,99 dollars par mois (8,99 euros pour les pays européens, notamment les pays nordiques), Netflix a déjà conquis 50 millions d'utilisateurs dans près de 52 pays, dont 70% aux Etats-Unis.

Le géant peut-il s'imposer sur le marché suisse, alors que les ménages multiplient les abonnements et les frais liés au divertissement? Le modèle de l'abonnement illimité, couplé à une stratégie multi-écrans qui ne dépend d'aucun opérateur, est pour le moins novateur en Suisse. Dans l'offre actuelle, les fournisseurs de VOD privilégient l'achat ou la location à l'unité (de 2 à 20 francs le film) en sus d'un abonnement, comme le pionnier Swisscom TV ou HollyStar (ex DVD-Fly). Mais Netflix a encore d'autres cordes à son arc.

■ Production maison
Le catalogue de Netflix est énorme. Il varie selon les territoires, en fonction des droits négociés. Mais, à titre de référence, il compte 100'000 titres aux Etats-Unis, dont 70% de séries TV. Netflix propose aussi des centaines de blockbusters, mais laisse à ses concurrents le soin de diffuser les derniers films en date (en Suisse: Swiss TV ou Hollystar, par exemple). Le créneau de Netflix, ce sont donc les séries TV, et particulièrement les siennes. Car l'Américain propose ses propres productions, domaine dans lequel il excelle. De House of Cards à Orange Is The New Black, la petite dizaine de productions maison à ce jour ont été autant de succès, critiques et publics. Seront-elles disponible dans le catalogue suisse, et en quelle langue? Aucune information ne filtre pour l'heure. En France, par exemple, le hit House of Cards ne sera pas proposé, les droits de diffusion exclusifs ayant été accordés à Canal+ depuis longtemps.

■ Saisons entières à dévorer
Productrice de contenu, Netflix en dispose à son gré. Les séries sont diffusées par saison entière, et non par par épisode. Le géant se targue de suivre un nouveau mode de consommation: lors du Festival international de la télévision à Edimbourg, le 22 août 2013, Kevin Spacey avait appelé les chaînes de télé à revoir leur mode de de diffusion et à se rapprocher des spectateurs (voir la vidéo ici): «Donnez aux gens ce qu'ils veulent, quand ils le veulent, sous la forme qu'ils veulent, à un prix raisonnable et ils seront plus enclins à payer.» Un discours très populaire pour un modèle qui a pourtant ses défauts. Le concept du binge-watching, ou comment dévorer une série sans s'arrêter, inquiète en effet déjà médecins et parents.

■ Un service multisupport
La stratégie multiscreen de Netflix fait que tout appareil connecté doit pouvoir accéder au service, que ce soit une télé, des consoles de jeu, un ordinateur ou un smartphone. En Suisse, certains téléviseurs connectés ne pourront toutefois pas être configurés pour Netflix, prévient Stéphane Koch, spécialiste des nouvelles technologies. «Tout dépend de leur gestionnaire d'applications. Certains permettent les mises à jours, mais pas tous.» Netflix est par contre facile d'utilisation sur l'Apple TV. Et reste toujours la solution d'un bon vieux câble HDMI entre l'ordinateur et le téléviseur. «Netflix emmène dans son sillage plein d'appareils, notamment un boîtier qui permet de faire le lien avec la TV», précise Laurent Potesta, patron d'Ad Insertion Platform, une entreprise lausannoise spécialisée dans la distribution de contenus TV sur internet. «Il est en général disponible six mois après l'arrivée de Netflix et coûte 49 dollars.»

■ Personnalisation
Si l'on ne trouve pas les dernières grosses productions sur Netflix, de nombreux films et documentaires difficiles à dénicher ailleurs sont néanmoins disponibles. Le catalogue francophone du géant américain est aussi très développé, avec de nombreux classiques. Les centres d'intérêt de l'utilisateur sont par ailleurs mis à contribution pour proposer une offre personnalisée. Il est ainsi possible de noter les films qu'on a aimés pour se voir proposer un catalogue «découverte» adapté. Le service donne accès à de nombreux films d'auteur, sélections de festivals, productions indépendantes et documentaires. Autant de thématiques qu'«en Suisse, personne n'a encore pris en mains», analyse Stéphane Koch.

■ La concurrence s'active
L'annonce de l'arrivée de Netflix en Suisse a bien entendu secoué les acteurs déjà installés. Hollystar et Sunrise TV ont lancé au début du mois d'août une offre illimitée pour les enfants (respectivement 8,90 et 6 fr. par mois). La RTS, elle, a débuté le 31 août la diffusion de la série américaine The Knicks en version originale sous-titrée, trois semaines seulement après sa diffusion aux Etats-Unis. UPC Cablecom, enfin, a annoncé le 3 septembre la création d'un service sur abonnement à 9,50 fr. par mois et la production d'une sitcom suisse en douze épisodes. Swisscom TV, face au raz-de-marée qui s'annonce, n'a pas annoncé de changement. Mais une nouvelle offre serait en préparation pour l'automne.

D'ici au 18 septembre, le doute subsiste sur ce qui sera vraiment proposé dans l'offre suisse, notamment en ce qui concerne le catalogue et, surtout, les langues qui seront proposées et leurs sous-titres. Netflix n'a donné aucune indication à ce sujet. «Il n'aura en tout cas pas eu besoin de préparer son arrivée, estime Laurent Potesta. Ses concurrents en ont fait parler bien davantage que n'importe quelle publicité.»

Créé: 08.09.2014, 17h46

Sondage

Comment jugez-vous l'offre de Netflix?





Les principaux concurrents en Suisse (septembre 2014)

-Swisscom TV (2000 titres)

-UPC Cablecom (2000 titres)

-HollyStar (5000 titres)

-Sunrise TV (1500 titres)

-Swiss TV (3500 titres)

-Citycable (2500 titres)

-Apple TV

-Google Play Films

Articles en relation

UPC Cablecom étoffe son offre en matière de vidéos

Téléréseaux Alors que l'américain Netflix prépare son entrée sur le marché suisse, UPC Cablecom étoffe son offre en matière de contenus vidéo. Plus...

Netflix lance «Marseille», sa première série française

TELEVISION Netflix va produire en 2015 sa première série française, qui se veut dans la lignée de 'House of Cards'. Plus...

Les opérateurs veulent contrer Netflix sur son terrain

Télévision Netflix, le spécialiste de la vidéo en streaming, va débouler en Suisse d'ici quelques semaines. UPC Cablecom s'est préparé à faire face à l'arrivée de cette concurrence. Alors que Swisscom veut encore attendre pour peaufiner une réponse appropriée. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.