Réalité virtuelle, les fabricants jouent des coudes

ArgentLes perspectives financières se chiffrent en milliards de dollars.

Samsung fait partie des géants qui investissent dans la réalité virtuelle, ici avec son casque Gear VR.

Samsung fait partie des géants qui investissent dans la réalité virtuelle, ici avec son casque Gear VR. Image: DR

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Ils sont tous sur le qui-vive. De Samsung à Google en passant par Facebook, Intel et Microsoft, tous dépensent des centaines de millions de dollars pour s’accaparer des parts d’un marché particulièrement prometteur. A l’image d’HTC, qui annonçait le 26 avril dernier la création d’un fonds d’investissement de 100 millions de dollars pour prendre des parts dans les start-up les plus séduisantes du secteur.

Car avec l’apparition d’une nouvelle génération de casques, c’est toute une industrie qui entre en ébullition. «L’offre de réalité virtuelle ouvre un champ très large qui touche le ludique comme le professionnel. Cela peut intéresser aussi bien les agences de voyages, la médecine, le tourisme, que les démos en magasin», expliquait Philippe Cardon, le vice-président Europe du Sud chez Sony, lors d’une récente interview donnée au magazine économique Challenges.

Côté finance, les statistiques les plus récentes évoquent déjà des revenus évoluant dans la fourchette large de 30 à 70 milliards de dollars dès 2020. Rien que pour 2016, les premières estimations parlent de 900 millions de chiffre d’affaires global pour 12,8 millions de casques écoulés.

Palmer Luckey, le concepteur du déjà célèbre casque Oculus Rift, vient toutefois de doucher certaines attentes en avertissant les développeurs: «Ne vous dites pas, nous allons nous lancer dans la réalité virtuelle pour gagner des centaines de milliards de dollars dès 2018. Si nous pouvons générer ne serait-ce qu’un pour-cent de cette somme, nous deviendrons milliardaires.»

«Il y aura une bulle», prophétisait dans nos pages en début d’année Bruno Herbelin, professeur spécialisé en VR à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Sur le site spécialisé Usine Numérique, Laurent Michaud, consultant à l’IDATE (institut de réflexion consacré à l’économie numérique, aux médias, à l’Internet et aux télécommunications), partage cette analyse: «Pour le moment, les solutions disponibles ne sont pas encore de nature à convaincre le grand public, car trop contraignantes et pas assez ergonomiques», explique-t-il. «Mais comme avec les simulateurs il y a trente ans, cette nouvelle phase d’ébullition se soldera par des applications concrètes et utiles pour la société», précise Bruno Herbelin. Sur le long terme, le chercheur de l’EPFL est persuadé que la réalité virtuelle laissera une trace pour les générations futures.

Il est d’ailleurs un peu tôt pour prédire quelles marques sortiront du lot et cela d’autant plus que l’Oculus et le HTC souffrent de retard de livraison non négligeable (2 à 3 mois) et restent indisponibles en Suisse. Seul Samsung a mis un pied dans le marché helvétique. Son modèle, le casque Gear VR, a d’ailleurs très fortement bénéficié du lancement du Galaxy S7 ou S7 Edge, puisqu’il était offert à l’achat du smartphone.

Prochaine étape pour la réalité virtuelle? Se confronter au public. Cette phase de démocratisation, au vu de la surchauffe qui plane, fera très certainement des victimes. Comme toujours, il y aura beaucoup d’appelés mais peu d’élus.

Créé: 06.05.2016, 19h42

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