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Corée du SudSamsung: baisse de 30% du résultat opérationnel

L'héritier présomptif de Samsung J.Y. Lee entre au conseil d'administration du groupe qui vient de publier ses résultats.

Keystone

L'héritier présomptif de Samsung J.Y. Lee a fait un grand pas vers la tête du géant sud-coréen en entrant jeudi au conseil d'administration d'un groupe dont le bénéfice a plongé en raison du fiasco du Galaxy Note 7.

Cette nomination est interprétée comme un adoubement de J.Y. Lee, dont l'influence n'a cessé de grandir depuis l'attaque cardiaque subie par son père, le patriarche Lee Kun-Hee, alité depuis 2014. Âgé de 48 ans, J.Y. Lee était déjà vice-président de la division phare du groupe, Samsung Electronics.

«L'élection de M. Lee au conseil d'administration va lui permettre de s'impliquer davantage et de prendre officiellement des responsabilités dans le processus de décision, ce qui contribuera, sur le long terme, à créer de la valeur pour tous nos actionnaires», a déclaré le président du conseil d'administration du groupe Kwon Oh-Hyun.

Cette nomination a été approuvée lors d'une assemblée extraordinaire des actionnaires du groupe, qui a largement porté sur la grave crise que traverse le groupe du fait du fiasco monumental de sa «phablette» phare, le Galaxy Note 7.

Echec d'un produit phare

Début septembre, le premier fabricant mondial de smartphones a été contraint d'ordonner le rappel planétaire de 2,5 millions de cet appareil à mi-chemin entre le téléphone et la tablette, parce que plusieurs exemplaires avaient pris feu ou explosé.

L'impact de cette crise aurait pu être contenu si certains des terminaux distribués en remplacement des premiers modèles défectueux n'avaient pas eux aussi commencé à s'enflammer, poussant Samsung à abandonner la production de ce qui devait être un produit phare.

La réunion du conseil d'administration a débuté quelques heures après l'annonce d'une baisse largement anticipée de 30% du bénéfice opérationnel de Samsung Electronics au troisième trimestre.

Décision dévastatrice

Samsung a indiqué que son résultat opérationnel pour la période de juillet à septembre serait de 5200 milliards de wons (4,1 milliards d'euros) contre 7300 milliards de wons pour la même période de l'année dernière. Ce résultat est conforme à ce que le géant sud-coréen avait annoncé mi-octobre.

La décision de cesser la production d'un appareil qui était destiné à concurrencer l'iPhone du grand rival Apple a été dévastatrice pour une entreprise habituée à être considérée comme le nec plus ultra de la technologie, et traitée comme tel.

Le bénéfice opérationnel de la division mobile de Samsung Electronics a chuté de près de 98% au troisième trimestre par rapport aux trois mois précédents, à 100 milliards de wons.

Dans un communiqué accompagnant la publication de ces résultats, Samsung explique qu'il s'attachera à «augmenter des ventes de nouveaux produits phares (...) et à regagner la confiance des consommateurs».

Un boulet très lourd

Mais le géant sait qu'il n'a pas fini de traîner le boulet de ce qui constitue l'un des plus grands fiascos commerciaux. Mi-octobre, il avait dit tabler sur un bénéfice en recul de 2500 milliards de wons au quatrième trimestre, et en recul de 1000 milliards de wons au premier trimestre 2017.

«La division mobile a touché le fond, mais elle devrait commencer à se relever au quatrième trimestre avec un bénéfice opérationnel de l'ordre de 2000 milliards de wons», a estimé Greg Roh, analyste chez HMC Investment Securities. «Mais la reprise totale attendra le deuxième trimestre 2017 avec le lancement du Galaxy 8 en mars.»

«Samsung a perdu la confiance du consommateur, mais je pense qu'il a encore au moins une dernière chance. Plutôt que de se précipiter à sortir son prochain produit, il devrait mener une enquête de fond sur le Note 7 et en expliquer les résultats», a-t-il poursuivi.

Perte de prestige

Signe de la perte de prestige d'un des fleurons de l'industrie sud-coréenne, des milliers de clients devraient s'associer à un recours collectif en justice contre Samsung pour exiger des dédommagements après le fiasco du Note 7.

Cette vulnérabilité nouvelle a été soulignée par la décision d'un cabinet de conseil en investissements de recommander aux actionnaires de voter contre la nomination au conseil d'administration de J.Y. Lee.

La famille Lee contrôle une pieuvre dont la téléphonie n'est qu'un des bras, et qui est également présente dans des activités aussi diverses que les services financiers, l'hôtellerie ou la mode.

Le groupe Samsung seul pèse 17% du PIB sud-coréen. La banque centrale locale a même été contrainte de revoir ses prévisions de croissance à la baisse du fait de la crise du Note 7.

AFP

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