Le site suisse wemakeit fête deux ans de crowdfunding

Lift 2014Quelque 40 projets vaudois ont eu recours au site de financement participatif, qui fêtait son deuxième anniversaire mercredi dans le cadre du salon Lift.

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Quatre millions de francs ont transité dans les caisses de Wemakeit depuis son ouverture le 5 février 2012. Plus de 500 projets ont été financés grâce à la plus grande plateforme suisse de crowdfunding. Dédié aux projets créatifs et culturels, le site a fêté mercredi à Genève ses deux ans d'existence, dans le cadre du salon Lift (lire notre article ici). Cerise sur le gâteau, la FINMA, qui auscultait avec attention les comptes de la plateforme, a donné le jour même son feu vert au modèle de Wemakeit, entre association à but non lucratif et SARL.

40 projets vaudois

De la production d'un documentaire sur les FEMEN à Lausanne jusqu'à la réalisation d'un livre de photo sur le village de St-Gingolph, une quarantaine de projets vaudois ont vu le jour grâce au site. Les montants ne sont certes pas ceux récoltés par les mastodontes du crowdfunding américains Kickstarter ou Indiegogo (10,2 millions de dollars pour la montre connectée Pebble, plus d'un million pour la chanteuse Amanda Palmer), mais le petit Suisse Wemakit s'est taillé sa place dans les sphères culturelles et créatives, au point que tous les cantons alémaniques ont décidé d'apporter un soutien à la plateforme. Les cantons romands, eux, se sont abstenus.

Pour poursuivre son développement, Wemakeit cherche désormais du soutien local du côté des entreprises, comme par exemple la Caisse d'épargne Riviera, ou des manifestations, comme le festival Visions du Réel à Nyon. Car tout repose sur les petites communautés. Selon le fondateur du site, Johannes Gees, les Romands font mieux que les Alémaniques (74% de réussite contre 66%) car «ils font partie de réseaux sociaux très forts et ont moins peur d'échouer», estime ce digital artist zurichois converti en social businessman.

Un bon baromètre
«J'ai dû me forcer à me mettre en avant, mais les gens aiment qu'on leur raconte une histoire personnelle.» Laurène Target a créé l'automne dernier un service de livraison de kits apéro à domicile sur l'arc lémanique, Chez Laurène. La campagne Wemakeit lui a-t-elle permis de se créer un revenu? «J'avais déjà mon épicerie mobile, explique cette habitante d'Aubonne. J'ai mis en place le Wemakeit pour lancer un nouveau service annexe. Mais, outre l'aspect financier, je voulais surtout jauger si le service intéressait les gens et trouvait sa clientèle. »

Pérenniser le service sera une autre paire de manche pour l'épicière de 32 ans, qui devra se développer et trouver des partenaires cette année. «Wemakeit est avant tout un bon baromètre, explique l'épicière de 32 ans, mais qui demande énormément de travail. Outre la campagne en elle-même, j'ai dû prendre contact avec tous mes contributeurs, soit une quarantaine, pour leur livrer les produits et objets promis en contrepartie.»

Davantage de spontanéité
Des initiatives de niches, Wemakeit? Probablement. Mais tous les utilisateurs se disent satisfaits du service. Un coaching par mail et téléphone est mis en place pour suivre chaque campagne et la plateforme est techniquement irréprochable. Les montants gagnés sont versés en quelques jours, ce qui permet aux projets d'aller très vite.

«Wemakit nous a permis de faire un film sans argent», raconte Gwennaël Bolomey, qui a pu financer les frais de production d'un documentaire qu'il avait réalisé sur la cause animale. Le natif de la vallée de Joux a obtenu 1390 francs grâce aux contributions de 28 internautes. Il en a fait un DVD, réalisé de manière indépendante, qui a été vendu, distribué, projeté dans des festivals. «Ce système permet d'éviter de passer par les demandes de subvention publiques, ce qui permet une certaine spontanéité. Je peux donner le DVD, en choisir le prix, car je n'ai pas besoin d'être rémunéré.» Du coup, le documentaire est maintenant accessible gratuitement sur internet.

Créé: 05.02.2014, 19h26

Rea Eggli et Johannes Gees ont présenté le bilan des deux ans d'existence de Wemakeit mercredi à Lift14. (Image: Fanny Giroud)

Eviter les subventions. Ou pas

Le crowdfunding local remplacerait-il avantageusement les subventions et autres aides au démarrage, qui font l'objet de lourdes démarches administratives? La musicienne veveysanne Joëlle Nicolas, alias Verveine sur scène, a pu financer l'enregistrement de son premier album grâce à Wemakeit. Mais seulement en partie. «Je pensais pouvoir me passer de subventions, explique la jeune femme, mais cela n'a pas fonctionné. J'ai récolté 2500 francs sur internet, c'était mon but mais au final cela n'a représenté qu'un quart des frais engendrés par ce vinyle. Je n'aurais pas pu le faire sans les subventions de la ville de Montreux et d'une fondation privée.»

Pour un projet d'envergure comme le Lausanne Underground Film & Music Festival (LUFF), Wemakeit a eu un autre rôle à jouer. «Nous l'avons surtout fait pour augmenter le nombre d'adhérents à notre association et élargir notre public, explique explique Patrick Suhner, programmateur et membre du comité du festival. Cela a bien fonctionné. Pour nous le crowdfunding ne peut en aucun cas remplacer le rôle des subventions. Les montants sont différents. Si Wemakeit nous a permis de récolter 5000 francs, la Loterie romande, elle, nous donne 80'000 francs par an.»

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