La grève du web a fait trembler le Sénat américain

CensureLe black-out décrété hier sur internet contre les projets de loi anti-piratage SOPA et PIPA a fait ramer le serveur du Sénat. En Suisse, le site du Parti pirate s’est joint à la manœuvre.

Même si la bataille n'est pas encore gagnée, plusieurs politiciens ont compris le message et retiré leur soutien aux deux projets de loi. Entre 7 et 13, selon les sources. Un premier votre pourrait avoir lieu le 24 janvier.

Même si la bataille n'est pas encore gagnée, plusieurs politiciens ont compris le message et retiré leur soutien aux deux projets de loi. Entre 7 et 13, selon les sources. Un premier votre pourrait avoir lieu le 24 janvier. Image: Wikimedia Foundation

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Internet a connu hier la plus grande manifestation en ligne de son histoire. Le site SOPA STRIKE, qui coordonnait la grève et expliquait aux webmasters comment «éteindre» leurs sites affirme que 75 000 sites ont affiché un écran noir pendant au moins 12 heures.

Leur but: protester contre deux projets de lois anti-piratage débattus aux Etats-Unis, le «Stop Internet Piracy Act» (SOPA) et le «Protect IP Act» (PIPA). Les textes, qui permettraient de fermer très simplement un site qui ne respecte pas les droits d’auteur sont combattus par les grands acteurs d’internet, tels que Google, Facebook, eBay et bien d’autres. Selon eux ils mettraient en danger la liberté d’expression et le fonctionnement d’internet.

En première ligne

Figure de proue de la grève, Wikipédia a fermé ses pages en anglais durant 24 heures. 162 millions d’internautes ont été touchés par ce black-out, estime Sue Gardner, directrice générale de la fondation Wikimedia.

«Vous avez vu notre page vous demandant si vous pouviez vous imaginer un monde sans savoir libre, commente-t-elle dans un communiqué en s’adressant aux internautes. Vous avez dit non, faisant exploser les standards téléphoniques du Congrès américain et ralentissant leurs serveurs. Votre voix a été très forte».

Le site du Sénat a en effet connu des difficultés techniques et des lenteurs mercredi, rapporte le Washington Post. Comme Wikipédia, de nombreuses pages participant à la grève renvoyaient leurs utilisateurs vers le site gouvernemental pour qu’ils y interpellent les élus. Et peu de chance que les hackers du groupe Anonymous soient derrière cette surcharge. Eux aussi étaient officiellement en grève hier.

Les ténors ont fait faux bond

Reste qu’en dépit de leur opposition au SOPA, très peu d’acteurs majeurs ont mis à exécution leur menace de black-out total. Le souci de ne pas prendre en otage les utilisateurs non-américains et la volonté de faire des affaires l’a emporté. Google a simplement ajouté un lien vers une page de protestation depuis sa page d’accueil américaine. Le géant de Mountain View a néanmoins recueilli plus de 4,5 millions de signature pour sa pétition «Stoppez le piratage, par les libertés».

«Même sans black-out complet, cette action a eu un grand retentissement», estime Pascal Gloor, vice-président du Parti pirate suisse. La jeune formation politique participait elle aussi hier à la grève. Pour Pascal Gloor, qui tire un bilan positif de cette action, la manifestation en ligne fera date. Elle a montré à la population que le Parlement américain pouvait faire fausse route. La grève a encouragé les internautes à agir pour éviter la fermeture de sites très populaires.

Facebook, qui compte aussi parmi les détracteurs du SOPA, est finalement sorti du bois hier par la voix de son patron, sans toutefois perturber ses services. «Nous ne pouvons laisser ces lois mal pensées se mettre en travers du développement d’internet, a écrit, Mark Zuckerberg sur son compte. Facebook s’oppose à SOPA et PIPA, et nous allons continuer à nous opposer à toute loi qui nuira l’internet».

Créé: 19.01.2012, 16h29

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Utilisateurs en rogne

Le black-out de Wikipédia n’a pas fait que des heureux. De nombreux étudiants anglophones, pour qui l’encyclopédie est devenue un outil incontournable. Un compte Twitter a même été créé pour regrouper leur accès de colère.

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