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Podcast

L’équipe de Navalny accuse
«Les tueurs veulent couvrir leurs traces»

À Amsterdam, plusieurs personnes ont rendu hommage à Alexeï Navalny, l’opposant numéro un de Vladimir Poutine.

Au lendemain de l’annonce de la mort de l’opposant russe Alexeï Navalny, son équipe a accusé samedi les «tueurs» de chercher à «couvrir leurs traces», les enquêteurs refusant de remettre sa dépouille à ses proches.

«Il est évident que les tueurs veulent couvrir leurs traces. C’est pourquoi ils ne remettent pas le corps d’Alexeï et le cachent même à sa mère», a indiqué l’équipe de Navalny sur Telegram.

Les enquêteurs russes ont affirmé à un avocat de l’opposant Alexeï Navalny que la cause de son décès n’a pas été établie, a indiqué samedi l’équipe du défunt, accusant les autorités de «mentir» pour conserver sa dépouille, réclamée par ses proches.

Nouvel examen

Un avocat de l’opposant, qui est allé voir les enquêteurs, «a été informé que +la cause du décès d’Alexeï n’a pas été déterminée, qu’un nouvel examen histologique a été effectué+», a écrit sa porte-parole, Kira Iarmich, sur X (ex-Twitter). «Les résultats devraient être connus la semaine prochaine. Il est évident qu’ils mentent et font tout leur possible pour ne pas avoir à remettre le corps», a-t-elle ajouté.

La mère du militant a été formellement informée de son décès en prison. «Un employé de la colonie (pénitentiaire) a déclaré que le corps d’Alexeï Navalny se trouvait à Salekhard», une ville de la région de l’Arctique russe où se situait sa prison, et avait été emporté par des «enquêteurs» pour «effectuer des +recherches+», a indiqué la porte-parole de l’opposant, Kira Iarmich.

«Nous demandons à ce que le corps d’Alexeï Navalny soit immédiatement remis à sa famille», a-t-elle ajouté, précisant que les autorités carcérales avait donné à sa mère, Lioudmila Navalanïa, un document «officiel» confirmant le décès.

Minute de silence du G7

Dans le même temps, les ministres des Affaires étrangères du G7 réunis à Munich ont observé samedi une minute de silence en hommage à l’opposant numéro un du Kremlin, a annoncé le ministère italien des Affaires étrangères.

Antonio Tajani, «a ouvert la rencontre des ministres du G7 à Munich en demandant à ses collègues d’observer une minute de silence pour rendre hommage à Alexeï Navalny», a déclaré le ministère dans un communiqué.

«Pour ses idées et son combat pour la liberté et contre la corruption en Russie, Navalny a été en fait mené à la mort», a déclaré M. Tajani, cité par le ministère. «La Russie doit fait la lumière sur son décès, et cesser la répression inacceptable de la dissidence politique», a-t-il ajouté.

Arrestations dans dix villes russes

En Russie, l’heure est à la répression. Une centaine de personnes ont été arrêtées lors de plusieurs rassemblements en Russie en mémoire de l’opposant Alexeï Navalny, mort en prison vendredi, a annoncé samedi l’ONG spécialisée OVD-Info.

Une action des sympathisants de la cause de l’opposant russe.

Selon le décompte publié sur son site et mis à jour samedi matin, «plus de 101 personnes ont été arrêtées dans dix villes», principalement des grands centres urbains. Une soixantaine ont été interpellés et placés en détention à Saint-Pétersbourg, une quinzaine à Nijni Novgorod et une dizaine à Moscou.

Dès vendredi après-midi, les autorités de la capitale avaient mis en garde les habitants contre toute manifestation «non autorisée» après l’annonce de la mort de l’opposant numéro un du Kremlin.

Mais dans la soirée, des personnes faisaient la queue pour déposer des fleurs dans plusieurs cités russes sur des monuments à la mémoire de dissidents politiques, et des interpellations avaient déjà été signalées.

«Extrémisme»

Toute critique publique du pouvoir est passible de prison en Russie. Alexeï Navalny, 47 ans, purgeait une peine de 19 ans de prison pour «extrémisme» dans une colonie reculée de l’Arctique, dans des conditions très difficiles.

Sa disparition après trois années de détention et un empoisonnement dont il accusait le Kremlin prive une opposition déjà exsangue de sa figure de proue, à un mois de la présidentielle qui doit encore une fois cimenter le pouvoir de Vladimir Poutine.

A Moscou, une «solidarité silencieuse»

Dans un silence absolu, des centaines de Moscovites se sont succédé toute la journée de samedi pour déposer des fleurs en hommage à l’opposant Alexeï Navalny, mort en prison la veille, et qui était pour beaucoup un symbole d’»espoir».

Dès la matinée, la police a bouclé la place où se trouve le monument aux victimes des répressions politiques sous l’URSS, traditionnel lieu de rassemblement de l’opposition près de l’avenue Sakharov, artère qui porte le nom du célèbre dissident soviétique.

Des dizaines d’agents et des fourgons étaient sur place, a constaté une journaliste de l’AFP.

Devant le monument baptisé «Mur du deuil», des centaines de fleurs, des portraits d’Alexeï Navalny et des bougies ont été déposés par des Moscovites qui pour certains sont venus en famille, avec leurs enfants. Des femmes pleuraient.

«Nous n’oublierons jamais, nous ne pardonnerons jamais», «La Russie sera libre», «Qui est le suivant?», «Son cœur battait pour nous tous, rien n’est fini», pouvait-on lire sur des pancartes déposées parmi les fleurs.

«Navalny nous a donné l’espoir que l’injustice pourrait être vaincue. Grâce à lui j’ai cru qu’on pouvait un jour construire la +merveilleuse Russie du futur+», a confié Alexandre, un chauffeur de 40 ans, en reprenant une célèbre expression du principal opposant russe.

«La nouvelle de la mort de Navalny m’a abasourdi, stupéfié. Pour moi, venir ici et lui rendre hommage était une question de principe», raconte-t-il. «Mais nous ne devons pas désespérer. Je veux croire que l’injustice sera un jour vaincue», ajoute-t-il.

Le rassemblement n’a pas échappé à la répression coutumière de ce genre d’événement: une quinzaine de personnes ont été arrêtées samedi, dont certaines sans ménagement, selon le média indépendant Sota.

L’AFP a été témoin de quatre arrestations et dans la soirée, la police ne laissait plus les journalistes s’approcher du monument.

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