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ChablaisHôpital de Rennaz: pas d’enquête parlementaire côté Valais

Le Parlement valaisan n’a pas souhaité jeudi mettre sur pied une Commission d'enquête parlementaire pour comprendre «la débâcle financière» de l’établissement.

Le nouvel hôpital se trouve dans la tourmente financière. Les cantons de Vaud et du Valais viennent de lui accorder une garantie d’emprunt de 80 millions de francs (20 millions valaisans) pour assurer sa viabilité à court terme.
Le nouvel hôpital se trouve dans la tourmente financière. Les cantons de Vaud et du Valais viennent de lui accorder une garantie d’emprunt de 80 millions de francs (20 millions valaisans) pour assurer sa viabilité à court terme.
KEYSTONE

Les députés valaisans ont refusé jeudi la mise en place d’une Commission d'enquête parlementaire (CEP) pour faire la lumière sur «la débâcle financière» de l’Hôpital Riviera Chablais (HRC). Côté vaudois, la même demande est en cours d’étude auprès du gouvernement, aucune décision n’étant prévue avant la fin de l’été.

Lors du débat en plénum à la Simplonhalle de Brigue sur le rapport de la délégation valaisanne de la commission interparlementaire de contrôle de l’Hôpital Riviera-Chablais Vaud-Valais, les partis ont tous convenu que la situation à l’HCR était inadmissible. Le PLR a dénoncé «l’amateurisme» de la direction, l'Alliance de Gauche «le manque de communication» entre les différents acteurs.

Les élus estiment que la surveillance des deux cantons doit être renforcée, et que les membres du conseil de l’établissement (équivalent d’un conseil d'administration) devront être nommés sur la base de leurs compétences et non pour des raisons régionales. Quant aux compétences de la Commission interparlementaire de contrôle (CIC) de l’HCR, elles devront être revues.

Mais les députés ont refusé de lancer la mise en place d’une CEP valaisanne pour l’heure. La résolution urgente déposée par l’UDC a été balayée en plénum. Les autres partis veulent les résultats des audits lancés en mai et attendus pour août avant toute chose. «Lorsque ceux-ci ainsi que les rapports des syndicats seront connus, il sera alors temps d’envisager la suite», souligne l'Alliance de Gauche.

Commission parlementaire intercantonale

S’ils ne veulent pas d’une CEP, les parlementaires valaisans ont en revanche chargé le Conseil d’Etat d’étudier l’opportunité de créer une CEP intercantonale. Le postulat urgent déposé par le PDC a été approuvé par 76 voix contre 50 et 1 abstention. Le Conseil d’État avait recommandé de le rejeter.

«Le Conseil d’État doit intervenir avant que le parlement vaudois ne se détermine sur une commission d'enquête parlementaire vaudoise», peut-on lire dans le postulat. Le gouvernement vaudois est actuellement en train d’étudier la question après le dépôt d’une motion de la droite. Il doit encore produire un rapport et le soumettre au vote de son Grand Conseil.

La question d’envisager la création d’une Commission d'enquête parlementaire intercantonale a alimenté les débats dans la salle haut-valaisanne. L'Alliance de Gauche, par la voix d’Emmanuel Amoos, a refusé d’entrer en matière, estimant qu’il n’y avait pas de base légale à la mise en place d’une CEP intercantonale. Et d’ajouter que si le canton de Vaud devait mettre en place une CEP, il serait toujours temps, d’envisager l’envoi d’une délégation valaisanne.

De quoi faire bondir l’UDC Grégory Logean. «Il faut arrêter de subir dans ce dossier», a-t-il lancé. Le parti a soutenu le postulat du PDC tout en rappelant qu’il était «impossible à mettre en œuvre sous cette forme», «l’outil législatif» – une CEP intercantonale – n’existant pas. Selon lui, les deux cantons devraient se munir de CEP, qui seraient souveraines mais qui, au moyen de sous-commissions, pourraient travailler ensemble.

Inauguré l’été dernier

Le nouvel hôpital, qui a accueilli ses premiers patients en novembre dernier, se trouve dans la tourmente financière. Les cantons de Vaud et du Valais viennent de lui accorder une garantie d’emprunt de 80 millions de francs (20 millions valaisans) pour assurer sa viabilité à court terme.

L’hôpital devrait boucler l’année 2019 sur un déficit de 17,9 millions de francs, alors que six millions étaient prévus. Des audits sur les coûts de construction, les finances et la gouvernance de l’HCR ont été ordonnés. L’un a été confié au Contrôle cantonal des finances vaudois, en collaboration avec l’inspection des finances valaisanne. L’autre à la société BDO Visura.

Inauguré l’été dernier, le site à Rennaz est l’aboutissement d’un long processus initié dans les années 1990. Dès ses débuts, et avant même la divulgation de ses problèmes financiers, il a fait l’objet de critiques, notamment pour des problèmes d’absentéisme, de démissions en cascade, temps d’attente aux urgences ou d’annulations d’opérations.

(ATS/NXP)