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AboStar de l’humour
Chantal Ladesou sera à Maxi-Rires

L’humouriste Chantal Ladesou le 8 février 2020.
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Ladesou? Elle est partout. Au cinéma en ce moment dans la comédie «Maison de retraite 2», avec notamment Kev Adams, Jean Reno et Amanda Lear, mais aussi régulièrement dans «Les grosses têtes» sur RTL, avec Laurent Ruquier, et au théâtre avec son one woman show ou les pièces de boulevard qu’on lui écrit sur mesure. Devenue star à plus de 60 ans, après une vie professionnelle toutefois bien remplie, la comédienne à la gouaille inimitable, née à Roubaix, est constamment sur les routes de tournées francophones où elle fait salle comble, encore et encore.

Elle sera d’ailleurs à Champéry le 21 mars au festival d’humour Maxi-Rires, avec son seule-en-scène «On the Road Again», qu’elle jouera le 8 juin au Métropole de Lausanne. Déjà en Suisse en décembre dernier pour la pièce «1983», qu’elle jouait au Théâtre de Beausobre, à Morges, elle nous avait reçus dans sa suite du Lausanne Palace. Et s’était assurée, avant de nous faire entrer, que son mari était présentable: «Michel, t’es à poil?»

Vous êtes presque constamment sur les routes. Vous aimez cette vie nomade?

J’adore ça. Me balader chaque jour dans une nouvelle ville. Quand on revient souvent au même endroit, on y découvre tout à coup un nouveau magasin Zara ou le nouveau H&M… J’aime bien! Sans oublier un peu de culture, bien sûr. Je suis très shopping et musées, quand je suis en tournée. Et Lausanne, j’adore. J’aime me promener au bord du lac.

Quand vous fréquentiez son célèbre cours de théâtre, vous aviez alors la vingtaine, René Simon vous a dit que vous seriez reconnue très tard par la profession. Quelle prémonition!

Il me disait tout le temps que j’avais une autorité naturelle. Même si je n’avais pas encore tout à fait cette voix-là. Alors à l’époque, il a été très clair en me disant qu’au début de ma carrière de comédienne, je jouerais des putes, des concierges et des femmes désagréables, mais pas des jeunes premières. Il avait raison. Et depuis une quinzaine d’années, tout le monde s’excite autour de moi! Des fois je me dis: «Merde, pourquoi ne se sont-ils pas réveillés avant?» Mais, finalement, je ne regrette rien. Je n’osais pas encore être comme je suis. Je n’avais pas encore tout montré de ma personnalité. Je suis une tardive, j’avais peur.

La bascule s’est faite à quel moment?

Quand j’ai enfin osé me mettre en danger. J’avais un certain confort au théâtre, notamment avec la pièce «Les Amazones» (ndlr: avec Sonia Dubois et Fiona Gélin), qui a cartonné pendant des années. Les gens venaient parce qu’ils savaient que j’étais une comédienne qui les ferait bien rire, mais mon succès n’était que d’estime. C’est mon one woman show, «J’ai l’impression que je vous plais», en 2009, qui a tout changé.

Vous en aviez pourtant déjà créé deux, dont un que vous avait écrit Pierre Palmade, en 1990.

Oui, mais à l’époque, j’étais sous sa coupe. Je n’avais pas osé collaborer à l’écriture des textes, donc j’étais vraiment complètement filtrée par lui. Il m’avait donné de très bons sketchs, dont il ne fallait pas changer une virgule. Il était très exigeant, je n’avais pas le droit de regarder le public. C’est avec François Rollin et Eric Carrière des Chevaliers du Fiel, qui m’ont littéralement sortie de moi-même en me poussant à écrire, que je me suis révélée au public.

Votre succès, vous le devez donc à votre talent, mais aussi à cette voix. Vous avez déclaré qu’elle est «un don du Ciel». Dieu y est donc aussi pour quelque chose?

Oui, bien sûr. Il y a quelque chose qui est au-dessus de nous et qui nous gouverne. Évidemment, l’époque dans laquelle nous vivons nous dissuade un peu d’y croire, mais il faut avoir cette espérance. Et puis, croire en Dieu, c’est parfois simplement être humain, et servir un peu l’humanité. Aimons-nous, respectons-nous. D’ailleurs, l’autre jour, dans la rue, un monsieur m’a dit que j’étais à moi toute seule la preuve de l’existence de Dieu! C’est gentil, mais c’est un peu beaucoup. Qu’est-ce que je me la pète!

Vous faites partie des premières femmes à être montées sur scène pour y jouer seules. La Suissesse Zouc, pionnière du genre, est-elle une influence?

Oh, qu’est-ce que j’ai aimé cette femme! Pour moi, Zouc, c’est la base. La genèse de tout le métier. C’était la plus forte. Elle incarnait tellement qu’elle ne jouait même pas. Elle était extraordinaire. Je l’avais vue en spectacle au Bataclan. J’aimerais beaucoup la rencontrer…

Vous avez d’autres liens avec la Suisse, vous qui y passez souvent?

J’aimais beaucoup François Silvant. Je l’avais rencontré dans l’émission de Fabrice, «La classe». Et à chaque fois que je venais jouer en Suisse, il venait me voir et nous dînions ensemble. Quel bel humain, ce mec. J’adorais son sketch de la visite à l’hôpital. Il y avait quelque chose de Zouc, chez lui.

Votre fille est également comédienne et a parfois joué avec vous sur scène. Quels conseils lui avez-vous donnés, vous qui avez une carrière tellement surprenante?

Très peu, car pour ma fille, cette carrière n’est pas centrale. Elle a trois enfants, qui sont sa priorité, elle coache des chanteuses lyriques qui souhaitent mieux jouer la comédie, elle a un podcast… Moi, c’est complètement différent. Je suis la théâtreuse. Si je ne joue pas au théâtre pendant une année, je ne suis pas bien. Il faut que j’y retourne. Rechercher ce contact incroyable avec le public.

Spectacle de Chantal Ladesou, le 21 mars, 19 h.