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Le coup de fourchetteI primi de l’Italie dans la cuisine de la Demi-Lune

Faisant aussi bar à vins, salon de thé, dépôt de pain, le restaurant de Chardonne séduit par sa cuisine méditerranéenne.

Philippe Verdan entre restaurant et terrasse..
Philippe Verdan entre restaurant et terrasse..
Chantal Dervey

La vitrine de la Demi-Lune, à Chardonne, annonce «restaurant, bar à vins, salon de thé et dépôt de pain». Depuis un an, à la place de l’ancien tea-room, un véritable et délicieux restaurant déploie ses charmes. Un large et long balcon a été ajouté, offrant une terrasse avec vue sur le lac à couper le souffle.

Avantage d’un lieu «mixte»: acheter même tard une délicieuse focaccia (du Bread Store — une boutique à Vevey et deux à Lausanne) car tant que le restaurant est ouvert, les clients sont aussi servis pour les pains et viennoiseries. Et ils peuvent emporter les vins de la carte (tous du cru). Dépannages bienvenus pour apéros impromptus! «C’est surtout la possibilité de repartir avec une bouteille qui a été appréciée à table, majorée de 3 fr. du prix de sortie de cave du vigneron», souligne le gérant Philippe Verdan.

«C’est l’esprit de la Demi-Lune de favoriser les échanges au village»

Philippe Verdan, patron

Le soir de notre dégustation, l’un des artisans du vin présent sur la carte figurait parmi les convives. «C’est l’esprit de la Demi-Lune de favoriser les échanges au village, se réjouit Philippe Verdan. Et l’aspect de services à la population émanait de l’appel d’offres de la commune, propriétaire.» Invitation à laquelle n’a pu résister Philippe Verdan, enfant de Chardonne aux origines grecques. Ses racines méditerranéennes se retrouvent dans la carte. «En réalité, j’ai juste placé ma salade grecque, sourit-il. Les deux chefs, Matthias Bianda et Adrian Gorny, ont créé l’identité culinaire.»

Le deuxième a travaillé dans la brigade de Ze Fork, à Vevey. Le premier, Tessinois par son père et Toscan par sa mère, a amené les primi piatti: peuvent être dégustés aussi bien en entrées qu’en plats principaux le risotto, les pâtes ou les gnocchi. Nos tagliatelle maison, al dente et au ragoût napolitain (20 fr.), confirmaient que la viande a mijoté vingt-quatre heures: la chair, non hachée, se déguste fondante. Pour ceux dont la nonna savait les cuisiner, les gnocchis de pomme de terre aux palourdes et loup de mer (22 fr.) raviveront des saveurs d’enfance, réussissant la gageure de n’être ni collants ni bourratifs. Leur sauce au bon goût de crustacés relevée au poivre s’est mariée à merveille avec le Charmont d’Olivier Ducret (2018), un Chardonne au final de réglisse (6 fr. 70 le verre). Pour les partisans d’une alliance moins surprenante, le 1807, assemblage de pinot gris et de doral de Martial Neyroud, sublime le terroir minéral de la région (6 fr. 30).

En plats, la pintade recelait une délicieuse farce au cognac bien marqué, accompagnée d’un flan aux courgettes très aérien (39 fr.). Le filet de daurade (37 fr.), tartiné d’un mélange méditerranéen à la tomate, réservait ses surprises dans la garniture: un gnocco a la romana (à base de semoule) au basilic et de la burrata comme passée en partie au siphon. Élevé en barrique, l’Équinoxe de Maurice Neyroud 2018, assemblage de gamaret, garanoir, gamay et diolinoir, l’accompagnait parfaitement.

Les déclinaisons de glace (au lait de brebis) ou de sorbet (4 fr. 50) sont bienvenues. Pour les plus gourmands, les profiteroles (15 fr.), ici recouverts d’un croustillant de noisette et farcis à la crème de caramel au beurre salé, sont un must du lieu.

1 commentaire
    Nicki

    On se réjouit de venir déguster !