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Jean-Pierre Rochat passe la main«Il a fallu défendre Chavannes face aux Goliath»

Syndic pendant cinq ans dans une petite commune qui attise les appétits, le socialiste Jean-Pierre Rochat va passer la main.

Jean-Pierre Rochat est arrivé il y a quarante-sept ans à Chavannes-près-Renens pour prendre un poste d’enseignant. Municipal depuis 2011, il a pris le relais de l’ancien syndic André Gorgerat en 2016.
Jean-Pierre Rochat est arrivé il y a quarante-sept ans à Chavannes-près-Renens pour prendre un poste d’enseignant. Municipal depuis 2011, il a pris le relais de l’ancien syndic André Gorgerat en 2016.
24HEURES

«C’est une fonction prenante. Elle m’a souvent réveillé la nuit.» Jean-Pierre Rochat ne rend pas son tablier, il raccroche les gants. Le syndic socialiste de Chavannes-près-Renens annonce qu’il ne se représentera pas et quittera ses fonctions au 30 juin prochain. Il a été municipal près d’une décennie, et chef de l’Exécutif près de cinq ans.

D’autres se seraient accrochés plus longtemps. Lui affiche presque sa surprise d’avoir tenu une telle distance. «À Chavannes, ça va vite et ça va loin en termes de développement. Cette accélération donne à la tâche une charge inhabituelle.» Certes, entre 2012 et 2019, la commune n’a pas gagné plus de 1000 habitants, mais l’accélération est imminente, car préparée de longue date. Bien avant la fin de la décennie, les Chavannois seront plus de 15’000, contre environ 8000 actuellement.

«Dans chaque dossier, il a fallu chercher la moins mauvaise solution et prendre des décisions qui ne nous plaisaient pas.»

Jean-Pierre Rochat, syndic PS de Chavannes-près-Renens

Se battre pour se faire entendre

Pour une commune dotée de 5 municipaux, Chavannes a cumulé les dossiers particulièrement complexes d’urbanisation. Des dossiers qui se débloquent justement maintenant. Le quartier des Cèdres, avec sa tour végétalisée de 117 mètres, vient de sortir de l’ornière grâce à la fin du combat de titans entre les promoteurs Avni Orllati et Bernard Nicod. Le permis de construire du projet En Dorigny, d’une capacité de 2000 habitants, est à l’enquête ces jours, de même que le plan d’affectation du Campus Santé (aussi appelé Côtes de la Bourdonnette), projet phare du Canton, pouvant accueillir 2000 habitants lui aussi.

«Il a fallu défendre les intérêts de Chavannes face aux Goliath et on a souvent eu l’impression de devoir se battre pour se faire entendre», comment Jean-Pierre Rochat, qui estime que la Commune y est souvent parvenue, mais non sans frustrations. «Dans chaque dossier, il a fallu chercher la moins mauvaise solution et prendre des décisions qui ne nous plaisaient pas.»

Arrivé à Chavannes-près-Renens il y a quarante-sept ans pour y prendre un poste d’enseignant, il ne crache pas sur le boom de sa commune. Mais celui-ci aurait pu être encore plus intense si la Municipalité n’avait pas parfois mis son veto, s’opposant notamment à la disparition des terrains de sport du sud de la ville au profit de l’extension du Campus universitaire. «Même dans vingt ans cela ne se fera pas. Tous les espaces verts ne peuvent pas disparaître. Là, on a obtenu quelque chose.»

Avant de passer le flambeau, Jean-Pierre Rochat avertit que sa commune ne verra sans doute pas ses finances modestes s’améliorer grâce à la construction de nouveaux immeubles. Il affiche toutefois une confiance toute mesurée, relevant notamment que l’endettement a diminué. «Il faut continuer d’investir, même si nous avons peu d’argent.» Ces dernières années, les projets cohésion sociale, notamment, n’ont pas été en reste dans une commune qui demeure populaire et les élus viennent de mettre 2,6 millions de francs sur la table pour préserver le Café de Chavannes. «Il y a ici une vraie volonté de bien faire, tant chez les habitants qu’au sein des autorités», conclut Jean-Pierre Rochat.

4 commentaires
    Mendriziotto

    Ces constructions moches vont servir à qui ??????