Passer au contenu principal

ÉditorialIl faut une pandémie pour retrouver le goût du livre

En mars, les librairies suisses ont été priées de baisser le rideau, comme les autres commerces. Au début de novembre, le Canton de Genève, seul à ordonner la fermeture de ses enseignes dites non essentielles, épargnait les librairies. En six mois, elles ont donc gagné le statut de commerce essentiel. Une évolution réjouissante, en prise avec un retour en grâce de la lecture lors du semi-confinement.

A lire aussi: Le semi-confinement a dopé la vente de livre

Tandis qu’une grande partie de la population télétravaillait ou se morfondait chez elle, commandait nourriture et autres biens de consommation en ligne, trinquait en virtuel ou regardait des séries, une appétence renaissait pour le bon vieil ouvrage papier. Pour se déconnecter des outils technologiques, pour comprendre ce qui arrivait, avec une «Peste» de Camus en hit du moment, mais aussi pour s’évader par la littérature. Pour preuve, les librairies équipées ont connu un boom de commandes en ligne.

Puis elles ont constaté un grand retour des clients dans leurs boutiques dès que cela a été possible. À l’heure où théâtres, salles de concerts, cinémas ou musées sont fermés, la fréquentation se maintient malgré l’incitation à rester chez soi, témoignant d’un fort besoin de culture.

«Il serait faux, pourtant, de croire que tous les acteurs du livre en profitent de la même manière.»

Caroline Rieder, journaliste

Il serait faux, pourtant, de croire que tous les acteurs du livre en profitent de la même manière. Les éditeurs romands, s’ils ont senti un effet «consommer local» lors du semi-confinement, ont surtout tiré la langue: leurs publications sorties juste avant le 16 mars n’ont pas eu leur chance en rayon, priées de céder le pas devant les nouveautés lors de la réouverture. Et le choix français de clore les librairies les affecte, le fameux «clique et collecte» n’ayant rien de comparable avec un commerce ouvert.

Face à ces situations diverses, une aide comme celle annoncée par le Canton de Vaud, qui prend en compte l’ensemble de la chaîne du livre en offrant 10000 ouvrages d’auteurs suisses ou romands aux élèves, ne peut que réjouir.

Tout comme une initiative qui se profile pour mars prochain, mise en place directement par un monde du livre écarté des mesures de soutien culturel de la Confédération liées à la première vague du Covid: des bons à faire valoir en librairie avec une majoration de 40% sur leur prix d’achat. Pour surfer sur une vague plus réjouissante que celles des pics épidémiques: celle du retour de la lecture et de la reconnaissance de son importance.

2 commentaires
    P. Milraux

    L'excellente émission LA GRANDE LIBRAIRIE sur France 5 le mercredi soir, vous redonnera l'envie de lire ! Chaque semaine un autre sujet, d'autres auteurs. C'est l'émission qui remplace Apostrophes, et avec Brio.