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La liberté de la presse attaquée«Il y a 5 ans j’étais à Charlie, aujourd’hui juste à côté»

Christophe Deloire évoque la force symbolique et tragique que désormais l’immeuble de la rue Nicolas-Appert représente.

Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières.
Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières.
AFP

Christophe Deloire, directeur général Reporters sans frontières

Comment avez-vous réagi à ce nouvel attentat?

J’ai trouvé tragique ce sentiment de répétition, même si l’attaque n’est pas de même ampleur. Ça m’a fait froid dans le dos, car il y a cinq ans j’étais à «Charlie» juste après l’attaque et aujourd’hui, par hasard, il se trouve que j’étais juste à côté. C’est un peu sidérant de constater qu’on est toujours confronté à cette violence dans la forme la plus extrême de la censure, celle qui consiste à tuer pour essayer d’intimider et de réduire le périmètre de la liberté d’expression.

Il y a un peu ce sentiment qu’on n’en sort pas…

Ça, on le savait. Il suffit de regarder les réactions dans le monde à la publication récente des dessins par «Charlie Hebdo». Ces manifestations, ces chefs d’État qui condamnent… Le blasphème est un délit ou un crime dans près de 60 pays, et ce chiffre régresse très peu. Et à côté de cet aspect étatique, il y a aussi la société, avec des extrémistes qui veulent empêcher la critique de leur système de pensée. Au Moyen-Orient, au Pakistan, au Bangladesh, il y a des journalistes ou des blogueurs qui sont tués simplement parce qu’ils font leur boulot.

Lire aussi: Cinq ans après, la même haine frappe au même endroit

En France, êtes-vous confiant ou craignez-vous que la volonté de défense de la liberté de la presse puisse être ébranlée?

Ce que je vois, c’est quand même une résistance très forte. De la société, des médias et des institutions. La société française, elle l’a prouvé le 11 janvier 2015 (ndlr: jour de la grande manifestation de soutien à «Charlie Hebdo»). Les médias et leur tribune publiée mercredi, signée par tous, c’est quelque chose d’extrêmement puissant. Et enfin les institutions tiennent ferme dans la défense des grands principes du droit et de la liberté de pensée. Le procès en cours en est un exemple.

Luc Hermann, de Premières Lignes, accuse l’État de ne pas avoir assuré leur protection.

Rétrospectivement, évidemment qu’il aurait dû y avoir une protection. Mais c’est plus facile à dire après et je n’ai pas suffisamment d’éléments pour en juger. J’imagine que dans les jours prochains, on en saura plus sur l’état des menaces qu’il y avait et les dispositions qui auraient dû être prises. Cet immeuble, cette rue Nicolas-Appert, c’est devenu un symbole. Les assaillants sont venus pour cette force symbolique, parce qu’il y a eu là une grande tragédie de l’histoire de la presse qu’ils ont voulu répéter. Donc oui, c’était un lieu sensible.

11 commentaires
    Yann Bonvin

    Aucun grief à l'encontre de la gauche qui réclame une immigration débridée d'individus venus profiter de nos pays (Merci Sommaruga)

    Aucun grief à l'encontre de l'islam qui est réfractaire à nos valeurs

    Aucun grief à l'encontre des individus d'extrême gauche qui exigent l'abolition des frontières

    Aucun griefs à l'encontre des individus d'extrême gauche qui font venir des cargos entiers d'illégaux

    Aucun grief à l'encontre de Merkel ou d'Ursula Von der Leyen qui exigent que l'Europe accueille sans limite

    Aucun grief à l'encontre du Pape qui exige que les Chrétiens acceptent n'importe qui chez eux, au détriment de leur sécurité, de leur culture, de leur religion

    Aucun grief à l'encontre de cette presse qui soutient systématiquement les partis de gauche, les migrants et les extrémistes de gauche, tout en dénigrant des gens comme Salvini ou Trump

    Mais une victimisation en faveur de cette même presse qui est elle-même responsable de telles violences en Europe en cachant les faits ou en les minimisant, en s'opposant systématiquement aux partis de droite.

    Jolie inversion.