AboDescente de police au camping«Ils ne sortaient jamais de leur caravane»
Les gendarmes lourdement armés qui sont intervenus dimanche soir au camping de l’Allondon recherchaient apparemment deux hommes.

Au lendemain de l’arrestation musclée qui a eu lieu au camping de l’Allondon, nous sommes parvenus à reconstituer un peu mieux le déroulé des événements. Apparemment, la police recherchait deux hommes. L’un d’eux a été arrêté sur place, dans une caravane de location, et l’autre pourrait bien être encore en cavale.
C’est en tout cas ce qu’on peut déduire des informations recueillies par la «Tribune de Genève» ainsi que du silence des autorités judiciaires et policières. En effet, tant le Ministère public que le service de presse de la police cantonale se refusent à faire le moindre commentaire sur cette affaire, ce qui est généralement le cas quand des suspects sont toujours recherchés et qu’on ne veut pas compromettre l’enquête. Même les gérants du camping restent muets: «La police nous a dit de ne pas donner de détails à la presse.»
Reprenons la chronologie des faits. Dimanche après-midi, un drone survole longuement la zone, en vol stationnaire. Il est probable que l’appareil ait été utilisé par les forces de l’ordre pour repérer les lieux. Vers 19 h 45, plusieurs véhicules de police et des hommes lourdement armés et équipés de gilets pare-balles investissent le paisible camping niché dans les bois de Satigny, le long de l’Allondon.
«Un bruit assez terrifiant»
Des campeurs étaient aux premières loges lors de l’arrivée de la brigade d’intervention. «Nous étions en train de nous reposer quand nous avons entendu du brouhaha dans une caravane voisine de notre emplacement, raconte une résidente. Nous sommes sortis et nous avons vu de nombreux gendarmes, ainsi que des véhicules. Puis nous avons entendu une détonation, un bruit sourd, assez terrifiant.»
Certains témoins pensent qu’il s’agit de coups de feu, d’autres parlent plutôt d’une grenade à concussion, un engin sonore servant à mettre les gens dans un état de stupéfaction afin de faciliter leur interpellation. On en utilise par exemple pour mater des manifestants violents.
Une voix a alors crié: «Ne bougez plus! Ne bougez plus!» Par la suite, un homme a été emmené les menottes aux poignets. «Après cela, les policiers ont fouillé les alentours pour voir si quelqu’un s’y cachait. On nous a montré les photos de deux jeunes hommes et demandé si nous les reconnaissions.»
Très discrets
La campeuse confirme que c’était bien les personnes qui louaient la caravane depuis plusieurs jours. «Ils étaient très discrets et répondaient à peine quand on leur disait bonjour. On se demandait ce qu’ils pouvaient bien faire dans cette caravane, car ils y restaient toujours enfermés, même quand il faisait grand beau.»
La caravane porte encore les traces de l’intervention. Une des vitres est brisée et à l’intérieur, tout a été retourné, matelas, sacs de voyage, vêtements, chaussures.
Ces événements suscitent l’incompréhension. Toutes les personnes avec qui nous avons été en contact parlent d’un endroit calme, où l’ambiance est bonne. Une dame regrette seulement la présence occasionnelle de fêtards et le fait que, depuis quelques années, la gérance du camping n’assure plus une présence quotidienne sur place.
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