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Conjuguer vacances avec humanitaireIls parcourent 700 km à vélo pour rénover une école

Un quatuor de jeunes Morgiens a récolté plus de 5500 francs en pédalant pour la bonne cause. La somme servira à retaper un établissement scolaire au Kenya.

Jeremy Pattschull, Guillaume Rapp, Simon Venezia et Elliot Chapuis se sont lancés dans un périple sportif et caritatif.
Jeremy Pattschull, Guillaume Rapp, Simon Venezia et Elliot Chapuis se sont lancés dans un périple sportif et caritatif.
Benoît Cornut

Nombreux sont ceux qui ont décidé de partir à bicyclette cet été, le Covid-19 forçant à revoir parfois ses plans en matière de vacances. Mais qui parmi eux peut se targuer d’avoir levé plus de 5500 francs pour une cause humanitaire? Personne, me direz-vous? Tous quatre originaires de la région morgienne, Jeremy Pattschull, Guillaume Rapp, Simon Venezia et Elliot Chapuis se sont lancé un défi sportif et caritatif ces derniers mois en décidant de rouler pour une bonne cause. Plus précisément la rénovation de l’école d’Oletuya, située au sud-ouest du Kenya.

«Le but premier est de rénover toutes les fenêtres, qui sont en très mauvais état. Ensuite, on rêverait de construire une cantine avec une cuisine et des dortoirs. Ceux-ci sont essentiels pour les élèves de dernière année, car ils doivent réussir des examens pour passer à l’école supérieure, mais leurs parents les en empêchent souvent en les gardant à la maison pour bénéficier d’aide dans leurs tâches avec le bétail», raconte Jeremy Pattschull.

Voyage local mais intense

Passionnés de sport, les quatre jeunes de 24 et 25 ans n’ont pas trouvé tout de suite le généreux prétexte qui donnerait un sens supplémentaire à leur voyage. «On s’est dit qu’on pourrait ramasser des déchets au cours de notre périple, mais on s’est rendu compte qu’avec des vélos déjà chargés de trente kilos, ce serait compliqué», raconte Elliot Chapuis en riant.

Puis, quand la mère de Guillaume Rapp fonde la Namelok Farm Association, qui vient en aide au peuple massaï du Kenya, c’est la révélation. «J’en ai parlé à mes potes et il n’y a pas eu besoin de les convaincre», déclare le Morgien.

«On assiste à un repli sur soi des nations du monde entier, et le fait de pouvoir dans ce contexte servir une cause humanitaire qui traverse les frontières envoie un message positif»

Jeremy Pattschull, Guillaume Rapp, Simon Venezia et Elliot Chapuis

Partis le 4 juillet à l’assaut de sites incontournables tels qu’Interlaken ou le Pilatus, les quatre sportifs ont prévu d’effectuer 700 kilomètres sur moins de deux semaines. «Nous avons choisi de visiter la Suisse, car on avait envie de découvrir un peu plus notre pays, justifie Simon Venezia. Et nous ne regrettons pas une seconde notre choix, car on vit un vrai dépaysement, il y a des coins magnifiques.»

Financement modulable

Et si le voyage entre copains est un succès, la récolte financière l’est aussi. «Les gens jouent bien le jeu et on est très contents de voir le nombre de soutiens. C’est probablement grâce à notre modèle de financement, qui donne la possibilité de sponsoriser la distance parcourue à hauteur de 5, 10 ou 20 centimes par kilomètre. C’est donc à la portée de quasi toutes les bourses», commente Elliot Chapuis.

Lancée avant l’épidémie, l’initiative solidaire des quatre jeunes a pris depuis un sens encore plus grand à leurs yeux. «On assiste à un repli sur soi des nations du monde entier, et le fait de pouvoir dans ce contexte servir une cause humanitaire qui traverse les frontières envoie un message positif», conclut le quatuor.