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De Kingston à CoppetIls planent pour le café du fils de Bob Marley

Depuis 2007, Rohan Marley développe une gamme bio qui groove. Fans de reggae et de bon caoua, Robin Fantino et Jonathan Vulliez l’importent.

A Coppet, Robin Fantino (à g.) et Jonathan Vuillet, deux amis d'enfance, ont aménagé leur garage en dépôt de luxe et zone de dégustation.
A Coppet, Robin Fantino (à g.) et Jonathan Vuillet, deux amis d'enfance, ont aménagé leur garage en dépôt de luxe et zone de dégustation.
Florian Cella/24Heures

«One Love, one heart. Let’s get together and feel all right!» Les chansons de Bob Marley sont un rêve de publicitaire – pardon, de «créatif». On imagine la forêt jamaïcaine, les branches du caféier criblant de leurs grappes ocre le clair-obscur d’un soleil couchant, le fumet d’une tasse de café glissant paresseusement dans l’air, éventuellement mêlé à de moins innocentes volutes… «One Love» en bande-son pendant que la caméra zoome sur le sac de caoua et son logo couleur or: Marley Coffee! Et voilà le travail. Oubliés les petits trains de la cordillère des Andes et autres flûtes boliviennes. Le vrai café vient de Jamaïque.

Hélas, les quelques pubs souillant de leurs vilaines pattes l’héritage de Bob Marley (1945-1981) vendent des bagnoles et des godasses. Rien sur le café, indice que Rohan Marley, le fils du prince des rastafaris, joue franc-jeu quand il affirme ne pas vouloir (trop) capitaliser sur le blason de son auguste géniteur. Sixième des onze enfants reconnus par le chanteur, né en 1972, Rohan fut joueur de foot américain, musicien, époux de Lauryn Hill et désormais producteur de café. Sous l’étiquette bio et locale, sa marque valorise un état d’esprit plus qu’une icône – le visage ou la musique de Bob ne sont pas mis à contribution pour booster l’entreprise. Tout juste la gamme décline-t-elle ses neuf produits en autant de chansons: «Buffalo Soldier», «Get Up Stand Up», «Lively Up», etc.

Séjour sud-américain

C’est lors d’un séjour en Amérique du Sud que Robin Fantino et Jonathan Vulliez tombent sur une tasse du caoua Marley. «On avait lu un article à ce sujet peu avant dans le «New York Times», se souvient l’un des deux habitants de La Côte et fans de reggae. La marque commence à être bien connue sur le continent américain. De retour en Suisse, nous avons demandé une licence pour l’importer.» Dont acte: depuis l’an dernier, leur start-up 1lovecafe.ch, basée à Coppet, commercialise sur le Net toute la gamme Marley, soit un assortiment de cafés en grain, moulus et pour machines à capsules type Nespresso. Le duo tient aussi la buvette de la plage de Céligny, refaite «en dur» cette année, ouverte d’avril à septembre.

Rohan Marley (1972) est le sixième des onze enfants reconnus par Bob Marley.
Rohan Marley (1972) est le sixième des onze enfants reconnus par Bob Marley.
AFP

Diplômé de l’École hôtelière de Genève, Robin Fantino a passé sa formation de barista et se montre incollable sur le sujet, de la taille des grains en passant par la température et le niveau de l’eau dans une cafetière à l’italienne. Il n’est pas peu fier de faire tester la qualité indéniable du Blue Mountain, l’un des plus réputés cafés au monde issu des montagnes jamaïcaines que Marley propose dans sa gamme «Talkin’ Blues» – 250 francs le kilo!

Les autres produits visent une gamme de prix bien plus courants, entre 26 et 30 francs le kilo. Arabica à tous les étages, et une production venue du Pérou, d’Éthiopie, de Sumatra, du Brésil, de Colombie. La culture commencée sur les 52 hectares du domaine familial, au sommet des Blues Mountains, s’est agrandie à des fermes partenaires partout dans le monde mais conserve, promis juré, un traitement équitable du meilleur goût – tout comme celui des tasses englouties ce matin-là.

La suite, pour les deux compères, passe par le développement de leur petite entreprise aussi bien auprès des fans de moka que des amoureux de reggae. Ils ne sont dupes ni sur la forte concurrence dans le secteur des produits bio en ligne, ni sur le potentiel marketing de ce «café cool»: ils comptaient beaucoup sur une présence en festivals, l’été passé, mais le stand au Paléo a hélas été douché par la crise sanitaire. Ce n’est que parti remise. Bob Marley ne s’est pas fait connaître en un jour.

www.1lovecafe.ch

1 commentaire
    Francois C.

    Dommage que les frais de livraisons soient toujours trop élevés en Suisse, faut se débrouiller pour faire mieux.