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AboInondations en Valais
Le Rhône a vécu une crue historique

Le Rhône est sorti de son lit à Chippis, le 30 juin 2024.
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C’est une nuit que Claude, habitante de Sierre, n’oubliera pas de sitôt. «J’étais de sortie samedi soir. Quand j’ai voulu rentrer, on m’a dit que ce n’était pas possible». Le Rhône avait déjà débordé: «Tous les jardins ont été inondés, et les caves aussi. Je suis allée dormir chez un ami qui habite dans les hauteurs et on m’a proposé ce soir de me loger à Sierre». Pour l’instant, elle ne sait pas quand elle pourra rentrer chez elle: «On m’a expliqué que les fondations avaient été touchées et on ne sait pas si les appartements sont encore habitables.»

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Toujours choquée par les évènements, la cinquantenaire est tout de même heureuse d’avoir pu retrouver sa chienne: «Elle était à la maison quand c’est arrivé, j’ai eu très peur pour elle. Finalement, les pompiers l’ont récupérée avec un hélicoptère.»

Hélicoptère et canots de sauvetage

Laura*, elle, se trouvait à côté du lac de Géronde à Sierre, quand l’eau est montée soudainement: «Il y avait de l’eau sur la route, jusqu’à la moitié des pneus des voitures. J’ai vu des pompiers évacuer une famille avec un enfant vers deux heures du matin.» Ce n’est qu’au petit matin que Laura a pris conscience de l’ampleur du phénomène: «Les habitants sortaient en emportant avec eux de petites valises.»

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À Sierre, à Chippis ou encore à Sion, la fureur du Rhône a surpris les Valaisans dans leur sommeil. En raison de précipitations intenses, la fonte des neiges et des orages, le fleuve est sorti de son lit en de nombreux endroits, dans la nuit de samedi à dimanche. Près de mille personnes ont dû être évacuées et une personne est décédée dans la commune de Saas-Grund, ensevelie sous les gravats d’un bâtiment. Une personne est potentiellement disparue à Binn. L’autoroute A9 a été fermée entre Sion et Brigue et le trafic ferroviaire a connu des perturbations toute la journée de dimanche. L’armée a été appelée en renfort.

Record historique

«Une situation de crue extrême», selon Raphaël Mayoraz, chef du Service valaisan des dangers naturels. Le débit du Rhône a battu un record historique. Il a atteint jusqu’à 924 mètres cubes par seconde, avec un pic au milieu de la nuit à Brigue. Le plus haut débit datait jusqu’ici de 1948, où l’on avait mesuré jusqu’à 910 mètres cubes par seconde.

Même si les prévisions météo avaient annoncé ces orages, «la soirée de samedi avait pris une assez bonne tournure, déclare David Vaquin, chef de l’état-major communal de conduite de Sion. On pensait même alléger le dispositif à la fin du match quand la situation a changé d’un cran. Le niveau de la Borgne a commencé par monter en flèche, suivi peu après par le Rhône.»

Campings évacués

Jonathan Mazza, le directeur du camping Sedunum, en bordure du Rhône, a eu plus de chances. «Il n’y a pas de dégâts à déplorer, heureusement. Les pompiers nous ont avertis que nous allions devoir évacuer et ils sont arrivés vers minuit, quand nous étions en train de fermer le restaurant.»

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Même si ce n’est que le début de la saison, un nombre important de personnes se trouvaient sur les lieux: «Nous avons entre 40 et 60 personnes résidantes et 20 à 30 campeurs. Avec le staff, il y avait environ 70 campeurs à évacuer, et le camping TCS (ndlr: voisin du Sedunum) a également été évacué, rapporte le gérant. Les pompiers sont venus avec des cars postaux et ont amené certains clients dans des abris PC». Le gérant espérait dimanche soir une réouverture rapide.

Situation moins critique

Dimanche après-midi, la situation semble moins critique. Lors d’une conférence de presse, les autorités valaisannes ont expliqué que d’autres orages n’étaient pas prévus, et que seules quelques averses pourraient s’activer localement. La suite des évènements reste instable, même si le gros est passé.

En aval, le gonflement des eaux du Rhône a suscité des inquiétudes dans le Chablais vaudois. La zone industrielle d’Aigle a été évacuée provisoirement. Sur les coups de 17 h, le conseiller d’État Vassilis Venizelos, qui s’est rendu sur place, informait toutefois que le risque de débordement était passé.

À Sion, l’eau qui s’est infiltrée dans les lieux touchés commence à être pompée: «Nous reprenons les opérations de pompage de l’eau qui inonde les caves de plusieurs habitations et maintenons notre dispositif de surveillance des cours d’eau», rapporte David Vaquin, chef de l’état-major communal de conduite.

Après une nuit très courte, Claude arrive tout de même à relativiser. «Les dégâts matériels, c’est une chose, mais le plus important est que tout le monde aille bien. Mon cercle et mes voisins ont fait preuve de beaucoup de solidarité.»

*Nom d’emprunt

En collaboration avec Etonam Ahianyo

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