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Election américaineInquiétudes, espoirs, ironie: le monde réagit

Les dirigeants dans le monde réagissent différemment à l’élection présidentielle américaine, selon qu’ils soient Iraniens ou proches idéologiquement de Donald Trump.

Le monde entier a les yeux rivés sur les Etats-Unis dans l’attente du résultat de l’élection américaine.
Le monde entier a les yeux rivés sur les Etats-Unis dans l’attente du résultat de l’élection américaine.
KEYSTONE

De l’inquiétude à l’espoir en passant par l’ironie, les gouvernements à travers le monde ont réagi différemment à l’élection présidentielle aux Etats-Unis où le démocrate Joe Biden semblait se rapprocher d’une victoire contestée par Donald Trump.

«Situation explosive»

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a appelé les responsables américains à faire «confiance» au «processus électoral».

M. Maas, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’Union européenne, a insisté sur la nécessité de «faire preuve de patience et d’attendre» la fin du dépouillement.

Auparavant, la ministre de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer s’était inquiétée d’une «situation très explosive» aux Etats-Unis, où Donald Trump s’est déclaré vainqueur avant même la fin du décompte des voix.

Elle avait mis en garde contre «une crise constitutionnelle» dans le pays. «C’est quelque chose qui doit tous nous préoccuper», a-t-elle ajouté.

«Nouvelle relation transatlantique»

Les Etats-Unis et l’Union européenne vont devoir bâtir une «nouvelle relation transatlantique, qui soit un nouveau partenariat» à l’issue de l’élection présidentielle, quel qu’en soit le résultat, a estimé le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

«Le choix d’un président revient aux Américains. Il faudra ensuite que nous travaillions avec la personnalité élue et avec le nouveau gouvernement américain, quoi qu’il arrive», a-t-il ajouté.

«J’espère que Trump va gagner»

Le président brésilien Jair Bolsonaro a été très direct: «Vous savez qui je soutiens, j’ai été clair», a-t-il déclaré à des sympathisants devant le palais présidentiel à Brasilia. «J’ai une bonne relation avec Trump. J’espère qu’il va être réélu».

Jair Bolsonaro, qui a aligné la diplomatie brésilienne sur Washington d’une manière inédite au Brésil, voue une immense admiration au président américain sortant.

«Pas inquiet»

Londres a assuré que les liens entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis se «renforceront quel que soit le vainqueur de l’élection», tout en notant le désaccord sur l’accord de Paris sur le climat.

«Les Etats-Unis sont notre plus proche allié et nous sommes convaincus que notre relation se renforcera, quel que soit le candidat qui remportera l’élection», a indiqué un porte-parole du Premier ministre britannique.

Boris Johnson, un allié populiste de Donald Trump, a cependant refusé de se prononcer lorsqu’il était interrogé au parlement sur les cris de victoire prématurés des Républicains.

Le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab a souligné que la «relation entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni se porte très bien» et assuré qu’il n’était «pas inquiet».

Félicitations à Trump

Le Premier ministre slovène, Janez Jansa, a félicité Donald Trump pour son élection avant même la fin du décompte des voix.

«Il apparaît clairement que les Américains ont élu Donald Trump», a écrit mercredi matin sur Twitter le chef du gouvernement slovène, à la tête du parti anti-migrants SDS.

La Slovénie est le pays natal de la Première dame des Etats-Unis, Melania Trump, qui a été naturalisée américaine.

Janez Jansa, est avec son homologue et allié hongrois Viktor Orban l’un des seuls dirigeants européens à avoir soutenu la candidature de Donald Trump.

«Quel spectacle!»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a raillé le «spectacle» qu’offre selon lui la présidentielle aux Etats-Unis.

«Quel spectacle! L’un dit que c’est l’élection la plus frauduleuse de l’histoire des Etats-Unis. Et qui dit cela? Le président qui est actuellement en poste», indique un message publié dans la nuit de mercredi à jeudi sur le compte Twitter de Khamenei.

«Son rival (Joe Biden) dit que Trump a l’intention de truquer l’élection. Voilà ce que sont les #ElectionsAméricaines et la démocratie aux Etats-Unis», ajoute le guide iranien dont le pays et les Etats-Unis sont des ennemis de plus de 40 ans.

AFP/NXP

1 commentaire
    Jacques Gaillard

    Boris Johnson pas inquiet? Il se dit pourtant qu'il dort mal, réveillé par un cauchemar récurrent: Joe Biden a été élu et ne répond pas aux appels du Premier britannique.

    C'est que ce dernier anticipait la victoire de Donald Trump, sur lequel il comptait s'appuyer après le Brexit, et avec qui, outre le même coiffeur, il partage beaucoup de points communs. Après la victoire de Trump, BoJo comptait être le premier à traverser l'Atlantique pour féliciter le président réélu.

    Mais si Joe Biden est élu, le locataire de Downing Street devra remettre les pieds sur terre. Le nouveau président US donnera la priorité à Paris et Berlin, en passant par Bruxelles, et il est probable que le/la premier-ère qui ira lui serrer la pince sera Angela Merkel, Emmanuel Macron ou Charles Michel. Le message de Biden à Johnson est clair: après le Brexit, vous n'êtes plus qu'un pays ordinaire. La «relation spéciale» brille beaucoup moins avec un royaume passablement désuni, et duquel Biden, attaché à ses origines irlandaises, exigera avant toutes choses qu'il respecte les accords du Vendredi-Saint signés en 1998, qui permirent la paix en Ulster. Ce sera la première condition exigée de Londres pour la conclusion d'un accord de libre-échange étendu avec Washington… lorsque des relations plus sereines avec l'Union Européenne seront rétablies.

    Dans ses relations avec Bruxelles, Boris Johnson est prévisible: si Trump gagne, il imaginera un Brexit sans accord, rejetant la faute sur l'UE. Si c'est Biden…