Sévices sexuels jugés à huis closLe violeur de l’extrême condamné à l’internement
En plus de 20 ans de prison, l’auteur d’atroces sévices écope d’un internement. La plus lourde sentence possible.

- L’auteur de violences sexuelles est condamné à 20 ans de prison.
- Un internement est également prononcé.
- Son coaccusé écope de 42 mois de détention.
- Le jugement sera vraisemblablement contesté en appel.
Les agissements dépassaient l’entendement, la sanction est hors du commun: en plus de 20 ans de prison, peine rarement prononcée, le quadragénaire jugé cette semaine pour une série de sévices sexuels sur une femme inconsciente est condamné à un internement, tout aussi peu ordonné. Jugé pour des actes sexuels de moindre ampleur, son comparse écope de 42 mois de détention et d’une mesure de traitement institutionnel en milieu fermé.
Même si elles ont des visées différentes, les deux dispositions de thérapie institutionnelle et d’internement signifient que ces condamnés devraient être maintenus à l’écart de la société aussi longtemps qu’ils présenteront un danger pour le public.
Sévices intégralement filmés
Si la Cour a pu se montrer aussi intransigeante, c’est parce que les faits sont incontestables: ils ont été intégralement filmés par celui qui se considérait comme un «acteur». Seule marge de manœuvre afin d’espérer un semblant de clémence, ce polytoxicomane de longue date avait plaidé être sous l’influence de stupéfiants et avait conclu dans ses derniers mots: «J’ai commis des choses monstrueuses. Mais je ne suis pas un monstre.» «Il n’a jamais perdu sa lucidité et les images le montrent à l’évidence», a contré la présidente du tribunal, après avoir relevé que l’accusé avait prémédité son scénario et abondamment drogué sa victime pour laisser libre cours à ses fantasmes déviants.
Les juges ont retenu la «tentative d’assassinat», listant la succession d’actes qui auraient pu, à tout moment, provoquer le décès de la victime. Des épisodes dont la presse a reçu injonction de ne pas faire écho, afin que cette femme ne puisse en avoir connaissance. Bien que fortement traumatisée, elle n’a pas souvenir de ce qui lui a été infligé. Son thérapeute estime que la révélation de son calvaire pourrait lui causer un tort majeur, raison du huis clos partiel et sous condition imposé à la presse.
«Tout au long de vos abus, vous avez su et admis qu’elle pouvait décéder, a analysé la juge, s’adressant à l’accusé. Le mobile – l’assouvissement de vos pulsions sexuelles – est odieux. La manière d’agir est sauvage et sans scrupule. Les conditions objectives et subjectives de l’assassinat, au stade de la tentative, sont remplies.»
Le Tribunal retient encore la tentative de mutilation d’organes génitaux féminins, la contrainte sexuelle et le viol avec cruauté commis en commun. Entre autres.
Internement rare
L’internement, prévu à l’article 64 du Code pénal, est rarement prononcé. Les juges ont souligné combien tous les critères qui permettent de l’ordonner sont remplis dans cette cause. Il faut surtout que le traitement des troubles qui affectent la personnalité du condamné paraisse voué à l’échec. «Pour avoir des chances de succès, une thérapie présuppose une prise de conscience de son fonctionnement sexuel pathologique. Il n’en est même pas à la phase préalable…»
Un raisonnement que le défenseur du condamné envisage de contester en appel: «Ce jugement massif est une surprise totale. Dans son rapport, l’expert dit qu’un traitement pourrait être mis en place pour mon client. Selon nous, ce n’est pas d’emblée voué à l’échec.»
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