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Interview
«Paléo ne doit pas vieillir avec son public»

Dany Hassenstein, mardi  au moment de présenter Patti Smith, la marraine rock de cette édition qui en compte peu.
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Dany Hassenstein compte depuis plusieurs années dans le trio de programmation de Paléo. Alors que l’open air a levé le voile mardi matin sur son menu 2024, il détaille les coulisses d’une affaire oscillant entre réalité artistique et économique… et un peu de hasard.

Lors de la présentation, vous vous êtes réjoui de la venue de Royal Blood en soulignant que votre public aime le rock. Alors pourquoi y en a-t-il si peu?

Il y a plusieurs raisons. La première est une mauvaise constellation de dates: beaucoup de tournées plutôt rock ont lieu en Europe en juin, moins fin juillet. De plus, la montée en puissance d’autres styles est une réalité, avec l’avantage que ceux-ci se mélangent beaucoup entre eux et rassemblent un public divers, contrairement au rock, qui devient de niche. Mais je vous assure qu’on a essayé. Il suffit parfois d’un ou deux noms en plus, et la perception générale de la programmation prend une autre couleur.

Ce qui est indéniable, c’est l’absence d’un artiste un peu culte, qu’il s’agisse de Stromae, Indochine ou Kiss ces dernières années. Ou de Céline Dion, qui, depuis longtemps, devait venir.

Nous sommes constamment en recherche de ce genre d’artistes – nous le sommes déjà pour 2025. Mais cela coûte souvent très cher, et nous refuserions de faire porter un cachet hors de prix sur le public. Ou alors cet artiste ne joue pas en festival, ou pas en Suisse. Il y a plein de raisons, souvent c’est un peu de malchance mais pas une absence de volonté de notre part.

Le programme donne toutefois une impression inédite de déséquilibre, également en chanson française, entre la part des musiques très jeunes et urbaines et celle qui parlerait à un public plus âgé. Paléo fait-il du jeunisme à tous crins?

Je ne suis pas d’accord, nous avons comme d’habitude des propositions bien différenciées, avec les deux premiers jours qui peuvent s’adresser à un public de plus de 30 ans, comme Sam Smith, Nile Rodgers ou Patti Smith. Le rap est dominant ensuite, c’est vrai, mais mélangé avec de la chanson, de l’electro, beaucoup de styles qui se croisent et s’influencent, ce qui peut donner une perception en bloc. Cela dit, en tant qu’événement artistique et comme marque, Paléo doit se réinventer. Un festival ne doit pas vieillir avec son public.

Dans notre sondage publié lundi, les groupes rêvés par nos lecteurs s’appellent U2, Coldplay, Muse ou Dua Lipa. Cela restera du rêve?

Les conditions financières ne jouent pas en notre faveur – U2 gagne bien plus d’argent à Las Vegas qu’en tournant en Europe. Mais il ne faut jamais dire jamais: cela dépend beaucoup des carrières. Parfois, un gros artiste veut se rapprocher d’un public plus jeune et s’offre une tournée de festivals, comme ce fut le cas avec les Red Hot Chili Peppers en 2017.

Mais si vous vouliez mettre les sous pour avoir une mégastar anglo-saxonne, vous le pourriez?

Nous pourrions nous permettre une folie mais ce serait au détriment d’un équilibre sur l’ensemble des soirées, ce qui n’est pas vraiment l’idée. La part du budget artistique est déjà en augmentation régulière, environ un cinquième de l’enveloppe totale. C’est peu par rapport à d’autres festivals, mais Paléo a une identité différente qui ne repose pas que sur les têtes d’affiche.