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EditorialIsraël: la victoire du fait accompli

Le gouvernement israélien devrait annoncer dès mercredi sa stratégie d’annexion d’une partie de la Cisjordanie.

«C’est l’aboutissement logique d’une lente banalisation et normalisation des colonies par Israël»

On les appelle des colonies «qualité de vie». Les Israéliens viennent s’y installer pour des raisons économiques plus que religieuses ou nationalistes. La colonie d’Ariel, comme celle de Ma’ale Adumim, appartiennent à cette catégorie. Elles ressemblent à de grandes villes-dortoirs, dotées de toutes les infrastructures. Leurs habitants ne se définissent pas comme des colons mais comme des banlieusards de Tel-Aviv ou de Jérusalem. Signe particulier: leur taille rend leur évacuation illusoire.

C’est l’aboutissement logique d’une lente banalisation et normalisation des colonies par Israël. Elle consiste à construire toujours plus de logements et de routes pour les colons, et à étendre aux colonies la législation civile israélienne, gommant toute distinction entre Israéliens et colons.

Il ne s’agit plus seulement d’une occupation militaire, mais d’une extension de la souveraineté israélienne aux colonies. Ce que Peter Maurer, président du CICR, qualifiait en 2017 d’«annexion de facto» de la Cisjordanie: «On prend le territoire, on le gère, on le développe.» Une incorporation rampante des territoires palestiniens, qui devrait aboutir, dès le 1er juillet, à l’annonce par le gouvernement de Benyamin Netanyahou du plan d’annexion d’une partie de la Cisjordanie.

On ignore quand ce plan sera mis en oeuvre, quelles parties de territoires occupés seront concernées et quel sera le statut des Palestiniens qui y vivent. Ce qui paraît certain, c’est que ce transfert de souveraineté se réalisera avec la bénédiction des États-Unis et sous les molles protestations de la communauté internationale. Seul Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, vient de rappeler l’illégalité de l’annexion au regard du droit international. Dérisoire rempart à la politique du fait accompli.