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Apprentissage sous Covid-19«J’ai passé quatorze heures en meeting vidéo sur trois jours»

Quentin Dupuis a commencé au mois d’août un apprentissage d’informaticien. Il passe des heures en appel vidéo avec ses collègues.

Quentin Dupuis a pris l’habitude de travailler depuis chez lui depuis plusieurs semaines. Il est en contact régulier avec ses formateurs qui l’encadrent à distance.
Quentin Dupuis a pris l’habitude de travailler depuis chez lui depuis plusieurs semaines. Il est en contact régulier avec ses formateurs qui l’encadrent à distance.
Jean-Paul Guinnard

Pour Quentin Dupuis, le passage au télétravail n’a pas posé de problème technique. L’habitant de Mathod, 18 ans, possède les compétences et la sensibilité pour cela: il est en première année de CFC en informatique chez NetGuardians, une société yverdonnoise active dans les fintech qui propose des logiciels antifraude. Mais il reconnaît les difficultés de la distance. «Le fait de n’avoir plus tout le temps une personne à côté pour poser mes questions n’est pas idéal pour apprendre.»

Comment encadrer les apprentis en télétravail? Les entreprises formatrices font face à un immense défi. Même pour celles à la pointe en matière informatique. «C’est assez compliqué, note Juan Sueiro, le maître d’apprentissage de Quentin Dupuis. Nous devons veiller à libérer du temps à lui consacrer au milieu de nos tâches très prenantes. En télétravail, les explications sont plus longues à donner qu’en présentiel. Il faut instaurer une discipline pour garder un suivi efficace dans la formation.»

«Mon dernier décompte montre que j’ai passé quand même quatorze heures en meeting avec mes collègues en trois jours de travail.»

Quentin Dupuis, apprenti informaticien de 1re année

Dans les premières semaines de télétravail, quatre rendez-vous étaient agendés tous les jours via visioconférence. Ce rythme s’est un peu adouci au fil du temps. «Mon dernier décompte montre que j’ai passé quand même quatorze heures en meeting avec mes collègues en trois jours de travail», met en évidence l’apprenti. Son équipe lui porte une grande attention. Lorsqu’un dossier requiert une compétence spécifique, elle lui passe un appel vidéo, histoire de lui apprendre de nouvelles techniques.

Pause-café virtuelle

«C’est important d’être encadré. Je vois que l’une des grandes difficultés est de rester concentré sur sa tâche en restant dans sa chambre où les distractions sont nombreuses. Il n’y a plus de différence entre son lieu de travail et son domicile.» Reste que l’aspect humain manque à l’apprenti et à son maître d’apprentissage. «Les quinze minutes de la pause-café étaient importantes pour jauger de l’état d’esprit de Quentin. Nous avons décidé d’organiser un café virtuel tous les après-midi. Nous y avons une discussion libre de vingt à trente minutes.»