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Erich Hänzi n’a pas été oublié par les fans du LS«Je ne pensais pas avoir laissé une si belle trace»

Le Bernois, qui a été retenu parmi les 18 joueurs de légende du Lausanne-Sport, a gardé un très bon souvenir de ses sept ans passés à la Pontaise.

Erich Hänzi lors de la finale de la Coupe de Suisse en 1998, avec le LS gravé en lui.
Erich Hänzi lors de la finale de la Coupe de Suisse en 1998, avec le LS gravé en lui.
KEYSTONE

C’est peut-être bien la première fois de sa carrière qu’il est content de se retrouver sur un banc de touche. Erich Hänzi, qui a porté les couleurs du Lausanne-Sport de 1993 à 2000, est surtout honoré que les fans aient pensé à lui pour figurer dans cette équipe de légende alors que plusieurs grands joueurs n’en font pas partie. S’il n’est pas dans le onze de départ, l’ancien défenseur, âgé désormais de 55 ans, est fier d’être parmi les 18 lauréats du club vaudois, tout comme les remplaçants de luxe que sont Giancarlo Antognoni, Claude Ryf, Léonard Thurre, Richard Durr, Martin Brunner et Javier Mazzoni.

Erich, que vous inspire cette sélection effectuée par les supporters du Lausanne-Sport?

C’est une magnifique équipe et un plaisir d’avoir été retenu. Je ne pensais pas que je laisserais une si belle trace, c’est un super sentiment. Pour moi, le Suisse alémanique qui ne parlait pas le français, qui a dû s’intégrer, c’est vraiment un honneur. Quand je pense que des gens me disaient que ce serait compliqué d’aller en Suisse romande, je n’ai jamais regretté. J’ai appris une nouvelle langue, une autre culture et découvert des personnes formidables, que ce soit dans l’équipe ou parmi les supporters, à Lausanne ou dans la région.

Sur u n terrain, Erich Hänzi était difficile à passer…
Sur u n terrain, Erich Hänzi était difficile à passer…
KEYSTONE

Quel regard portez-vous sur ces sept ans passés à Lausanne?

C’était un peu spécial, parce que j’étais arrivé en 1993, soit juste après les belles années de Bertine Barberis. Je me souviens que nous avions peiné durant les trois ou quatre premières années avant qu’on ne remporte deux fois la Coupe de Suisse et un titre de vice-champion. Après un début compliqué, nous avions vraiment une très belle équipe.

Et quels souvenirs gardez-vous de cette «vieille» Pontaise?

Je me rappelle qu’il y avait régulièrement une moyenne de 7000 spectateurs qui nous soutenaient à fond avec toujours une superbe ambiance. On était même resté invaincu durant plus d’un an dans ce stade que j’aimais beaucoup. Jai vraiment beaucoup de bons souvenirs à la Pontaise. Quand je suis arrivé, les vestiaires avaient été complètement refaits, avec notamment un jacuzzi. Je me souviens qu’il y avait ce restaurant sympa à côté. Mais on ne buvait que de l’eau, pas autre chose!

Erich Hänzi n’a pas oublié ce fameux 2 juin 1999, le stade de la Pontaise était plein et Lausanne était passé si proche du titre…
Erich Hänzi n’a pas oublié ce fameux 2 juin 1999, le stade de la Pontaise était plein et Lausanne était passé si proche du titre…
ARC/JEAN-BERNARD SIEBER

Vous souvenez-vous d’un match particulier qui vous a marqué?

Il y en a plusieurs que je n’oublierai jamais. Mais si je dois n’en retenir qu’un seul, ce sera celui qui nous a également laissé le plus de regrets. C’était ce dernier match de la saison 1998-1999, le 2 juin je crois. En gagnant contre Servette, nous devenions champions de Suisse. Mais malheureusement, il pleuvait beaucoup et on a perdu. Le ballon s’arrêtait systématiquement dans des flaques d’eau. Dans ces conditions, il était impossible pour nous de présenter ce beau jeu qui faisait notre force. On menait pourtant 1 à 0 avant de nous incliner 5 à 2. Ce match, je l’ai toujours en tête…

Et si vous ne deviez retenir qu’un but réussi dans ce stade?

Ce serait celui que j’ai marqué à Jörg Stiel, alors gardien du FC Saint-Gall, depuis trente-cinq mètres! À chaque fois qu’on se revoit, on reparle toujours de cette réussite. Il n’avait jamais pensé que je frapperais d’aussi loin. Il avait été drôlement surpris…

Êtes-vous revenus dans ce Stade olympique après vos trois dernières années passées à Berne avec Young Boys?

Oui, j’ai revu quelques matches. J’avais aussi été invité avec les anciens à venir rencontrer des donateurs du club. Cela m’avait fait plaisir de rencontrer ces nombreux fidèles.

Erich Hänzi (ici avec Harald Gämperle) est aujourd’hui Talent manager de Young Boys.
Erich Hänzi (ici avec Harald Gämperle) est aujourd’hui Talent manager de Young Boys.
ANDREAS BLATTER/BZ

Erich, que faites-vous aujourd’hui?

Je suis «Talent manager» à Young Boys. Cela signifie que je m’occupe des jeunes à partir des M16, surtout les meilleurs qui possèdent le potentiel de passer un jour professionnel. On les soutient à tous les niveaux, y compris leur formation, et c’est très intéressant. Nous sommes beaucoup d’anciens joueurs à YB, comme Stéphane Chapuisat, Gérard Castella ou Steve von Bergen, à entourer cette relève qui représente les valeurs et l’avenir du club.

Avez-vous un fils qui joue au football?

Non, j’ai une fille de 13 ans qui a choisi le patinage artistique et qui se débrouille très bien.

Si le coronavirus vous a empêché d’assister au dernier match du LS à la Pontaise, serez-vous présent à la Tuilière le 29 novembre prochain pour la venue de Young Boys?

Si j’ai l’occasion d’être présent, alors oui, je ne peux pas le manquer ce match-là, spécial pour moi et le LS. Mais même s’il y a une autre équipe en face, je me ferai un plaisir de revenir à Lausanne pour voir ce beau stade.