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ÉditorialJe ne suis plus un héros

Donald Trump aurait-il été réélu sans la crise du coronavirus? Peut-être, peut-être pas. Sa magistrale erreur aura été d’avoir été porteur du virus sans en reconnaître la portée, y compris électorale. En même temps, Boris Johnson ne fait pas beaucoup mieux en matière de popularité alors que son séjour à l’hôpital a fait de lui un vrai covido-croyant. Alain Berset ou le président du Conseil italien Giuseppe Conte peuvent témoigner de ce qu’est un grand huit en matière de soutien de la population, en fonction des annonces qu’ils ont à faire et de la gravité de la situation.

On imagine bien notre conseiller fédéral fribourgeois reprendre un chantre de la variété française: «Cest pour ça quaujourdhui je suis fatigué, c’est pour ça quaujourdhui je voudrais crier «Je ne suis pas un héros Mes faux pas me collent à la peau. Je ne suis pas un héros. Faut pas croire ce que disent les journaux. Je ne suis pas un héros.» Une chanson composée pour Johnny Hallyday, en laquelle il n’a jamais vraiment cru avant que Daniel Balavoine, son créateur, n’en fasse un tube en l’interprétant lui-même.

Finalement, être responsable politique pendant une pandémie relève de la quadrature du cercle. Celle qui voudrait qu’on serve les intérêts particuliers de chacun portés par différents lobbyistes alors que le bien commun lorgne du côté du collectif, du compromis, du pragmatisme. À moins d’être chargé, dans certains pays d’Asie, de sceller les portes de ceux qui se confinent, de poser des bracelets électroniques à ceux qui sont en quarantaine. Ceux qui prétendent que nous vivons une dictature sanitaire aujourd’hui en Suisse romande seraient bien avisés de comparer.

«Il n’y a désormais plus personne sur les balcons pour applaudir.»

D’ailleurs, quel que soit leur camp, leur champ, les héros du Covid n’ont pas forcément la gloire longue. Plus personne n’a vraiment envie d’entendre ou de voir Didier Pittet nous dire comment nous frotter les mains tellement l’odeur hydroalcoolique sur l’épiderme nous sort par les trous de nez. Plus personne n’a vraiment envie que Didier Raoult, le masque sous le menton, nous dise les bienfaits de la chloroquine ou que la seconde vague n’existe pas.

Nous-mêmes, qui étions les héros obéissants de la première vague, ceux qui voulions croire que le monde d’après serait différent, plus local, plus écologique, plus solidaire, signerions les yeux fermés pour le monde d’avant, certes consumériste, mais empli d’une spontanéité qui nous manque. Il n’y a désormais plus personne sur les balcons pour applaudir et dire merci au personnel de santé sur le coup des 21 heures. Et pourtant Dieu sait que c’est dur pour eux en ce moment. Ils doivent revivre ce qu’ils n’espéraient pas revivre. Plus épuisés encore qu’avant. Là, vraiment, c’est la charité qui se fout de l’hôpital.

18 commentaires
    Mendriziotto

    Le monde va mal, un parlementaire européen fesait la grève de la faim pour le climat et le travail Les parlementaires l'ont fait arrêter et bien oui, un climat aujourd'hui, plus de boulot, il a été dépasse par le corona

    On peut rire de de ça qu:ils viennent nous la chanter les verdâtres aujourd'hui