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C’est votre histoire«Je suis infirmière et malentendante»

Tanya, sourde de naissance, est devenue infirmière par vocation. Presque une idylle, jusqu’à ce que le Covid ne vienne mettre des masques sur les lèvres de tous ses interlocuteurs.

«Aujourd’hui, je suis mariée et maman d’une petite fille de 2 ans, entendante, mais bilingue français-langue des signes. Une vraie fierté!» – Tanya
«Aujourd’hui, je suis mariée et maman d’une petite fille de 2 ans, entendante, mais bilingue français-langue des signes. Une vraie fierté!» – Tanya
Corinne Spoerer

Cet article a été rédigé par les journalistes de «Femina». Retrouvez plus d’articles sur Femina.ch

Petite, mes parents avaient remarqué que je ne réagissais pas aux bruits. Ils ont donc suspecté qu’il se passait quelque chose, j’avais alors environ 1 an. Ils m’ont emmenée chez le médecin, qui m’a fait un scanner cérébral. Je suis porteuse d’une maladie génétique rare, le syndrome de Waardenburg. Je suis donc née sourde profonde bilatérale.

J’ai commencé par apprendre la langue des signes dans une école spécialisée avant d’être implantée, à l’âge de 3 ans et demi. J’allais trois fois par semaine chez une logopédiste pour apprendre à parler. Durant l’enfance, j’ai vécu entre deux mondes: celui des entendants et celui des sourds. J’ai été intégrée dans une classe ordinaire, dans laquelle le professeur portait un micro, relié par un câble à mon implant pour amplifier les sons. En dehors de ces cours d’intégration, je fréquentais les élèves sourds, car il y avait une classe pour malentendants dans la même école.

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